Candidate de la répression: Joëlle Milquet

La ministre de l’intérieur ne pouvait pas ne pas figurer parmis nos « candidats de la répression ». Depuis qu’elle à pris ses fonctions, madame Milquet a mis en avant une vision ultra sécuritaire et franchement réactionnaire de la sécurité. Son soutien aveugle à la mode du tout sécuritaire, une politique que l’on applique depuis plus de quinze ans sans le moindre résultat, manque cruellementd’humanisme.

Tout commence avec les manifestations suites aux élections congolaises à Matongé. En effet, les rapports tendus entre les manifestants et les autorités tournent rapidement au vinaigre. Les émeutes qui s’en suivent animeront la scène médiatique pendant plusieurs jours. Les autorités dans leur ensemble se bousculent pour condamner les habitants de Matongé.  Mais lorsque apparaissent des témoignages d’abus et de violences policières, la ministre ira jusqu’à en nier l’existence. La ministre se positionnait déjà clairement.

Plus tard, lorsqu’un agent de la STIB est mortellement frappé par un automobiliste, la ministre mobilisera la colère des agents et des passagers pour commencer son ascension vers les sommets répressifs. En effet, loin de conduire une réflexion sur les problèmes et les causes qui ont mené à cette agression tragique, la ministre donne la réponse qu’elle donnera à chaque occasion: plus de police avec plus de pouvoirs. Déjà la campagne avait dénoncé l’instrumentalisation de l’émotion et le recours à l’option du tout-sécuritaire.

En juin, le bourgmestre de Bruxelles autorise une manifestation clairement d’extrême droite sur son territoire. Le Parti Populaire défile, sous prétexte de s’opposer au fascisme vert, au coté de la milice néo fasciste NATION. Cette dernière revendique des liens avec l’organisation grecque ouvertement néo-Nazie Aube Dorée. La JOC en front commun avec les jeunes FGTB avaient immédiatement dénoncé ce fait. Avec comme mot d’ordre la dénonciation de tous les fascismes et de tous les racismes, la manifestation soutenue par de nombreuses organisation avait tenté de confronter les milices fascistes. La police avait alors brutalement agressé la manifestation dans la station trône pour protéger la manifestation d’extrême droite. La présence de nombreuses caméras et de journalistes obligera la ministre et les autorités en général à dénoncer, plus que prudemment les faits. Depuis plus un mot, pas une nouvelle, pas une réforme, des beaux discours et une fois que les caméras s’en vont plus rien.

Vient ensuite l’affaire du documentaire sur le sexisme à Anneessens.   Trop de choses ont déjà été écrites sur le sexisme à Anneessens. Bien sûr, les comportements mis en avants sont une réalité qu’on ne peut jamais banaliser. Mais la réponse de la minsitre est tout simplement scandaleuse: des amendes, distribuées directement par l’exécutif basées sur un concept non défini et quasi-impossible à prouver. Grâce aux amendes, il n’y aura plus de viols, plus d’affiches publicitaires et de médias utilisant le corps de la femme comme une marchandise,…non grâce aux amendes, plus une seule femme ne subira de discrimination au travail ou sera sifflé dans la rue. La ministre ne pense qu’à punir et à apparaitre au journal de 19h. Mais bien sûr pas la moindre pensée, le moindre regard ou une seconde d’écoute pour les habitant-e-s des quartiers en question. Encore une fois le recours à la répression est la seule approche mise en valeur.

Il y a encore la loi sur les organisations radicales. Un projet qui cherche surtout à court-circuiter le système judiciaire. En effet, selon le rapport de la discussion en conseil des ministres, Mme Milquet trouve celle-ci trop lente pour appliquer les lois existantes. On nous propose donc une loi, encore une fois basée sur un concept flou, qui permettra de criminaliser toute personne qui veut transformer la société. La ministre aurait pu s’interroger sur un code pénal datant du XIXè siècle ou un système judiciaire noyé par le manque de moyens  mais elle préfère accélérer les choses en instaurant ce qui ne peut être qualifié que de police politique. Les raccourcis sont toujours dangereux.

La dernière idée de la ministre est de renforcer, encore une fois, les sanctions administratives. Il faut les rendre plus élevées et perceptibles plus rapidement. Et en passant on décide de traiter des mineurs comme des majeurs. Dans l’humanisme de madame Milquet, seule la punition permet de grandir. Il est inacceptable pour une organisation de jeunesse comme la JOC d’accepter des amendes arbitraires pour des jeunes de 14 ans ou pour les jeunes tout court d’ailleurs.

Nous pourrions continuer l’exposé pendant des pages encore en rappelant que l’enseignement, la santé et le social en général sont soumis à une autérité toujours plus agressive pendant que l’on trouve toujours plus d’argents pour mener des politiques ultra-sécuritaires. Leur inefficacité est pourtant évidente. Elles constituent en réalité plus une partie du problème qu’une solution. La campagne refuse donc de laisser la musculation sécuritaire effacer les questions sociales et politiques qui menacent le droit légitime de la population et de la jeunesse en particulier, à un avenir et une société harmonieuse.

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