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Non au Taser, Non au Flash ball

            « La ministre Turtelboom veut autoriser le taser à certains policiers locaux »[1] titrait le Soir du 21 octobre 2010. Le Taser et le Flash-ball sont des armes dites « non létales ». Cela signifie que théoriquement ces armes sont conçues pour ne pas tuer. Elles seraient une alternative aux armes à feu selon la ministre et les fabricants. Lorsqu’on y regarde de plus près, la réalité est beaucoup moins angélique. Derrière le silence assourdissant des politiques sur la proposition de la ministre, la seule intervention vient du député SP.A Bruno Tuybens qui ne s’oppose pas au fond du projet mais qui demande de légiférer pour mieux encadrer l’utilisation du taser. Il demande de limiter les décharges à 5 secondes et d’en limiter le nombre. La ministre répondra dans le même registre en disant que l’utilisation de cette arme ne se fera  que par les unités spéciales d’assistance et que ceux-ci seront obligés de suivre une formation à l’utilisation du taser. La ministre vient d’ouvrir la boîte de Pandore. L’utilisation des armes dites non létales par la police ne devient donc plus une question politique mais juste une question technique et de bonne gestion.

            Nous considérons, contrairement à une majorité de politiques, que le sujet est politique. Nous comptons bien l’imposer dans le débat jusqu’au retrait de ces armes des mains de la police.

  • Le TaserCes armes ont déjà causé beaucoup trop de morts et de blessés graves à travers le monde.
  •  Ces armes ne sont pas utilisées comme alternative à l’arme à feu mais bien dans des interventions où l’arme à feu n’aurait jamais été utilisée.
  •  Elles ne font qu’augmenter les tensions qu’il y a dans une manifestation ou une intervention.
  • Ces armes ne répondent absolument pas aux enjeux de notre société pour vivre dans une société pacifiée.

Une arme mortelle et une forme de torture selon l’ONU

policier-taser-maxppp-930620-30.11_scalewidth_630 Le Taser est un pistolet à impulsion à décharges électriques. Celui-ci inflige à la personne qui en est victime un électrochoc de 50.000 volts qui paralyse  instantanément la personne touchée. La victime est paralysée durant quelques secondes et s’écroule par terre. Selon Amnesty International[2], le nombre total de personnes mortes après qu’un taser ait été utilisé s’élève à 351 personnes entre 2001 à 2009 juste pour les Etats-Unis. Amnesty rappelle que dans les milliers de personnes « tasérisées », certains sont plus à risque que d’autres, comme les personnes ayant des problèmes cardiaques, les épileptiques, les toxicomanes etc… Évidemment il est impossible pour un policier dans une intervention de connaître le dossier médical de la personnes qu’il arrête. Il est donc impossible de dire que le taser ne fera plus de victime. Sans oublier que cette arme peut aussi provoquer des blessures par électrodes mais aussi dues aux conséquences de la chute. (chiffre)

            Le Comité contre la torture de l’ONU va plus loin et s’inquiète de l’utilisation de plus en plus fréquente du taser par les Etats, affirmant que «  l’usage de ces armes peut provoquer une douleur aigüe, constituant une forme de torture, et que dans certains cas, il peut même causer la mort »[3]. Dans de nombreux pays, des ONG et certaines organisations politiques se sont opposées à la mise en place des tasers dans les commissariats. La société SMP Technologies (l’importateur et distributeur du Taser en France)  contre-attaque en demandant un droit de réponse dans le journal Libération suite à un article paru le 26 mars 2007 intitulé « 212 décès par Taser aux États-Unis »[4].

Taser protège son image de marque envers et contre tout

            En juillet 2007, la société SPM va plus loin et attaque en justice l’association « Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’homme » (RAID-H), Amnesty International et Olivier Besancenot (porte parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire) pour diffamation et dénigrement pour avoir répété que les pistolets Taser avaient « déjà causé des dizaines de morts aux États-Unis » [5]. Un an plus tard, c’est au tour de Martine Aubry (Premiére secrétaire du Parti Socialiste) à qui SPM envoie deux huissiers lui remettant une « sommation lui donnant un délai de quarante-huit heures pour « justifier les noms des 290 victimes dont elle a parlé ». (…) Si elle ne donne pas les noms, nous l’attaquerons pour diffamation ou pour dénigrement de produit »[6]. Pourtant, en mars 2008, Amnesty gagne son procès contre Taser. Le 27 octobre 2008, Taser perd son procès contre l’association RAID-H et le 24 novembre de la même année, l’importateur français a été débouté dans son action en diffamation contre Besancenot.

            Les sociétés privées qui vendent de telles armes n’ont aucune limite: ils continuent à faire des bénéfices sur le dos de notre société et des victimes de leurs armes. Il faut absolument que la marque Taser préserve son image de marque pour continuer à vendre aux Etats et pour cela, la société est prête à attaquer tous ceux qui pourraient ternir cette image. Antoine di Zazzo, le patron de SMP Technologies/Taser France a même été jusqu’à engager des détectives privés pour plus de 21 000 euros afin d’espionner la famille d’Olivier Besancenot. Ils ont organisé des filatures, des vérifications sur son patrimoine, etc[7]; la société d’espionnage ayant été jusqu’à corrompre des fonctionnaires, des agents de police, etc….[8] Cet exemple montre bien les enjeux colossaux et le coût exorbitant de ces armes mortelles et inutiles.

Le taser n’est pas une alternative et crée encore plus de tensions

Depuis que le taser est entre les mains de la police, de trop nombreux exemples montrent que ceux-ci les utilisent de manière disproportionnée. On prétend que le taser doit être utilisé dans la légitime défense ou encore lorsque, dans une interpellation, on utilisait auparavant l’arme à feu. La réalité montre le contraire: le taser est utilisé par la police comme une facilité pour arrêter et faire taire des citoyens.

Exemples de « Légitime défense » …

            En 2005, à Lyon, Virginie Barriel, étudiante, est « taserisée » à plusieurs reprises lors d’une manifestation par des policiers alors qu’elle était maîtrisée.[9] En 2006, aux Etats-Unis, une femme de 56 ans en chaise roulante meurt après 10 chocs électriques, son décès étant qualifié d’homicide par la justice[10]. En septembre 2n interpellation violente sera regardée par plus de 2,6 millions de personnes. En mars 2008, une fillette de 11 ans ayant des difficultés scolaires a reçu des décharges de taser par la police pou avoir bousculé des tables et des chaises[11]. Le 23 mars 2009, un adolescent de 15 ans meurt après avoir reçu plusieurs décharges de taser alors qu’il n’avait aucune arme en sa possession et se trouvait debout devant la police, les mains le long du corps[12]. Le 30 novembre 2010, un malien de 54 ans va mourir après avoir reçu deux décharges lors de son expulsion[13]. Des cas similaires, nous en avons recueillis des dizaines, voire des centaines à travers des témoignages du monde entier (voir annexe).007, un étudiant américain intervient lors d’un débat à l’université de Floride en posant une question sur les Skull and Bones. Il sera immédiatement interpelé par la police et, alors qu’il était au sol, il recevra de nombreuses décharges électriques. La vidéo de so

            Comme le dit très bien Amnesty International, le problème du taser est qu’il favorise par nature les abus. « Basée notamment sur les résultats de 98 autopsies, l’étude conduite par Amnesty International montre que 90% des personnes qui sont mortes après avoir été touchées par un pistolet Taser étaient désarmées. Beaucoup ne constituaient pas de toute évidence une menace dangereuse. »[14] Il est donc clair que le taser n’est pas effectivement utilisé comme alternative à l’arme à feu. Il est utilisé dans des cas qui ne nécessitaient pas l’usage d’armes à feu et, de ce fait, abusivement.

            Ces armes, en plus de ne pas être une alternative, favorisent plutôt les tensions lorsqu’elles sont utilisées. Lorsque des policiers visent des manifestants ou des jeunes lors d’un contrôle d’identité dans un quartier avec des tasers, il est normal que la population se sente alors attaquée et menacée et cela crée des tensions. Un agent de quartier ne va pas être perçu et accepté par la population de la même manière s’il porte sur lui des armes. L’utilisation du taser ne pourra que faire augmenter les dérives et l’utilisation de la violence par la police. Selon le dernier rapport du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), des détenus de la prison de Bruges et d’Andenne ont été victimes de mauvais traitements par l’utilisation du taser, alors qu’ils ne représentaient aucune « menace sérieuse et immédiate à l’intégrité physique ou à la vie. »[15]

Flash ball,

flash-ball_super-proc’est un lanceur de balles de défense. Il en existe différents types. Au départ, le flash ball s’est développé sur le marché principalement pour des particuliers. Il était alors en plastique jaune, avec de grosses balles en caoutchouc. Ce premier modèle n’a pas vraiment eu de succès. Mais les forces de l’ordre ont commencé à s’y intéresser et ont demandé au producteur de lui donner une forme plus agressive. On remplace le plastique par du métal, le jaune par le noir, les balles sont plus rigides et d’un plus petit diamètre, avec une force de frappe deux fois plus importante que le flash ball pour particuliers. Lors des émeutes de Villiers-le-Bel (France) en 2007, le modèle va encore évoluer vers plus d’agressivité. On l’appelle le « Lanceur 40 », qui utilise des projectiles non sphériques. La puissance de tir passe de 10 mètres à 25-50 mètres pour ce dernier prototype. Aujourd’hui, il existe différentes nouvelles balles. Il y a entre autre des balles qui explosent en recouvrant de peinture ou de craie la personne qui a été touchée. Cela permet évidemment d’arrêter des manifestants par exemple après la manifestation. Il existe aussi certaines balles qui s’ouvrent en vol pour libérer une série de plus petits projectiles.
Certains corps de police en Belgique seraient intéressés par l’utilisation du Flash ball[16]. Le Flash ball est une arme dite « non létale »

Flash ball, arme non létale?

Nous pouvons déja identifier ici une contradiction dans le discours tenu par les lobbying qui affirment que cette arme permet à la police l’auto-défense contre un agresseur. On voit bien qu’ici, l’objectif est de disperser les foules et le risque de toucher des zones dangereuses comme le visage augmente fortement.

D’après les hommes politiques, le fabriquant et les policiers, le flash ball serait une arme ne provoquant pas la mort. En France, le premier homme à être mort à cause d’un tir de flash ball est un quadragénaire marseillais[17]. D’après l’autopsie, l’homme serait décédé d’un œdème pulmonaire, provoqué par l’arrêt cardiaque, lui-même causé par le tir d’un flash ball en plein thorax.

Flash ball, alternative à l’arme à feu?

            Cette arme est déjà utilisée dans un certain nombre de pays, comme la France et les Etats-Unis. Elle a fait moins de victimes que le taser, par contre elle a entraîné « de graves blessures sur au moins sept personnes depuis que son utilisation a été généralisée »[18] entre 2002 et 2010 selon le journal Le Monde et une personne est décédée[19]. Les politiques français ont tenté d’être rassurants par rapport à l’utilisation du fash ball en établissant une législation « stricte » quant à son utilisation. Il est par exemple interdit de viser la zone génitale et au-dessus des épaules. De plus, les tirs à courte distance sont interdits.

            Cependant, la réalité du terrain montre l’inutilité d’une telle législation. Lorsque des policiers sont interrogés, ils se défendent en disant que le manifestant n’étant pas une cible fixe, des accidents pouvaient survenir. Il est évident qu’un argument pareil ne tient pas la route lorsqu’on sait que le producteur du flash ball lui-même reconnaît que la précision de

tir présente une marge d’erreur de 60 centimètres. L’émission « Spécial Investigation » du 18 octobre 2010[20] montre que, lors d’un entraînement obligatoire pour les policiers, l’instructeur valide des tirs qui se font dans les zones interdites, alors même que la cible est fixe.

            Alors que la Commission nationale de déontologie de la sécurité a mis en évidence en 2003[21] le fait que l’utilisation du flash ball à moins de 10 mètres peut causer des lésions graves irréversibles, voire mortelles, les policiers font fi de cet avertissement. Ils menacent et tirent sur des victimes parfois à moins de 2 mètres d’eux[22].

            Joan Celsis[23], étudiant toulousain de 25 ans, lors d’une manifestation sur le pouvoir d’achat, participe à une action symbolique et bloque l’entrée du Monoprix. Les CRS les délogent, les manifestants repartent calmement en groupe. C’est lorsqu’ils se seront éloignés de quelques mètres qu’on entend 5 tirs de Flash ball. Joan Celsis s’écroule, l’arcade sourcilière ouverte. Il perdra l’usage de son œil droit. Deux ans plus tard, malgré la plainte contre X auprès du procureur de la république pour « violence volontaire avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique, ayant entrainé une mutilation », aucun responsable n’a été désigné.

            Pierre Douillard[24], lycéen de 17 ans, lors d’une action sur le campus de Nantes, se fait tirer dessus par un policier cagoulé avec un flash ball « Lanceur 40 » alors qu’il se trouvait à 9 mètres de lui. De plus, dans la vidéo reprise par la presse, on voit clairement les policiers tirer alors que les étudiants fuient et se dispersent. Pierre a, lui aussi, perdu l’usage de son œil droit. Aujourd’hui, le policier a avoué avoir touché la tête mais utilise l’excuse habituelle de la mobilité de la personne. « Le parquet de Nantes a requis un non-lieu pour le policier auteur du tir, jugeant qu’il avait agi de façon non-disproportionnée et dans un état de «légitime défense». »[25]

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Nous voyons bien que le flash ball n’est pas du tout utilisé comme alternative aux armes à feu mais rentre dans l’arsenal policier de la dérive sécuritaire. Ces armes ont pour objectif le contrôle et la dispersion des foules. En effet, le flash ball n’est pas simplement utilisé pour lutter contre les mouvements sociaux, on voit qu’il est également utilisé pour disperser les foules lors d’événements festifs par exemple[26]. Clément, jeune parisien, participe à une soirée pendant les fêtes de la musique. La police décide de disperser la foule à minuit et commence à lui tirer dessus. Clément est touché et a la mâchoire brisée. On a aussi observé des cas d’utilisation du flash ball dans des rixes de quartiers ou de petites altercations. Nordine[27], 27 ans, a été touché alors qu’il tentait de calmer des jeunes. Il a eu la joue perforée et la mâchoire brisée, alors que le flash ball est supposé éviter toute pénétration sur un individu selon le fabriquant.

            Comme nous le savons, nous sommes dans une situation politique de plus en plus tendue, avec des risques d’émeutes, de mouvements sociaux et d’actions collectives. Le gouvernement français a décidé de tenir un discours stigmatisant à l’égard des résistances sociales. Lorsque, aujourd’hui, Mme Tutleboom décide de mettre le taser e

ntre les mains des policiers belges et que certaines corps de police affirment être intéressés également par l’utilisation du flash ball, nous pouvons craindre l’escalade de la violence.

D’autres exemples…[28]

 

 14 octobre 2010: Geoffrey, 16 ans, manifeste contre la réforme des retraites devant un lycée à Montreuil. Il est grièvement blessé à l’œil par un tir lors d’affrontements avec la police.

8 juillet 2009: Joachim Gatti, réalisateur de films de 34 ans, participe à une manifestation de soutien à des squatteurs d’une clinique désaffectée à Montreuil. Lors d’échauffourées avec les forces de l’ordre, il essuie un tir de flash-ball et perd un œil.

9 mai 2009: A Villiers-le-Bel, dans la cité du Val-d’Oise, des affrontements opposent des groupes de jeunes et la police. Deux hommes de 21 et 31 ans, qui assurent ne pas y avoir participé, reçoivent des tirs de flash-ball et perdent chacun un œil.

1er mai 2009: Samir Ait Amara, 18 ans, est atteint à la tête par un tir de flash-ball à Neuilly-sur-Marne. Hospitalisé dans la foulée, le jeune homme souffre d’un important traumatisme à l’oreille, accompagné d’étourdissements et de nausées.

30 octobre 2006: Jiade, 16 ans, est blessé à l’œil et hospitalisé, à la suite d’une altercation avec la police à Clichy-sous-Bois. Selon la police, le jeune homme a été touché par le flash-ball après des incidents avec des policiers, qui intervenaient après des sapeurs-pompiers dans une cité HLM. Le père de l’adolescent, lui, affirme qu’un policier a tiré sur le visage de son fils à bout portant alors que ce dernier rentrait chez lui.

           


[1]   http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-10-21/la-ministre-turtelboom-veut-autoriser-le-taser-a-certains-policiers-locaux-799395.php

[9]   http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/12/16/01016-20081216ARTFIG00365–la-police-municipale-ne-devrait-pas-avoir-de-taser-.php

[11] http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/usa-safety-tasers-questioned-death-toll-hits-334-mark-20081216

[12] http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/us-teenager-killed-police-taser-attack-20090323

[13] http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/2010-12/deces-apres-taser-information-judiciaire-pour-homicide-involontaire-6197629.html

[14] http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/usa-safety-tasers-questioned-death-toll-hits-334-mark-20081216

[15] http://www.cpt.coe.int/documents/bel/2010-24-inf-fra.htm

[18] http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/13/l-homme-blesse-par-un-tir-de-flash-ball-succombe-a-ses-blessures_1452653_3224.html

[20] Special Investigation: « Attention: Flash ball », lundi 18 octobre 2010, Canal +

[22] Special Investigation: « Attention: Flash ball », lundi 18 octobre 2010, Canal +

[26] Special Investigation: « Attention: Flash ball », lundi 18 octobre 2010, Canal +

Les candidats de la répression: Freddy Thielemans

Depuis qu’il est bourgmestre, Freddy Thielemans à été confronté de nombreuses fois à des cas de violences. Celles que l’on retrouve le plus couramment, ce sont les violences contre les manifestants :

En 2007, une manifestation de sans-papiers et d’étudiants devant l’office des étrangers est durement réprimée, une centaine de personnes sont arrêtées. 13 personnes sans papiers sont envoyées en centre fermé. L’arrestation à eu lieu alors qu’au même moment, des représentants étaient en négociations à l’hôtel de ville. Malgré l’ineptie de la situation le bourgmestre Thielemans soutiendra sa police. Ce n’est qu’après que des manifestants aient perturbé la fête du progrès et le rassemblement du premier mai qu’il fera marche arrière.

Le président de la ligue des droits de l’homme expliquait encore récemment son propre vécu avec la police de monsieur Thielemans. Alors qu’il devait rendre visite avec un collègue avocat à des personnes arrêtées, la police lui interdit l’accès aux prisonniers « tant qu’il n’a pas dispersé la manifestation dehors ». Lorsque les avocats répondent qu’ils ne sont pas responsables de cette manifestation et que de toute façon ils ont le droit de voir les prisonniers, tout dégénère. La police plaidera la rébellion (non poursuivie dans ce cas-ci) et le tribunal accordera le non-lieu. Une stratégie classique de renversement de la situation que nous connaissons que trop bien.

Plus proche de nous, lors du camp « No Border » plusieurs manifestations tournent mal. Une manifestation de clowns notamment est arrétée avant même d’avoir pu rejoindre le cortège de l’euro manifestation du 29/09. La tension avec les forces de police ne vient pas des faits, mais de rapports que la police aurait reçus de la police allemande.

Le 26/09, 1er jour du camp no border, une manif’ a lieu au 127bis (organisée chaque année par la crer pour l’anniversaire de la mort de Semira). Manif’ très tendue entre manifestants et policiers (à cheval, alors que les manifestants sont peu nombreux et que rien ne justifie donc les chevaux), tous filmés, photographiés en gros plan et fouillé à la sortie de la gare. La police a même chargé les manifestants contre les grilles du centre. Sur le chemin du retour vers la gare, complètement encerclés de policiers, les chevaux ferment la marche et poussent les manifestants dont certains s’intercalent entre les chevaux et le groupe pour calmer le jeu. C’est là qu’à lieu l’incident. Un policier tombe de cheval. 2 personnes sont arrêtés pour rébellion : une d’entre elle sera arrêtée à nouveau dans un bus stib le mercredi 29/09 (en route lui aussi pour la manif’). C’est aux casernes, quand il refuse verbalement la prise de photo qu’un policier le reconnaît du 127bis. Il est plaqué au mur pour la photo et se retrouve avec une deuxième accusation pour rébellion. Deux des arrêtes ont été condamnés récemment pour rébellion. Un des deux à même été inculpé de rébellion armée, l’arme en question étant une baguette de tambour. Le fait que le policier blessé par la rébellion en question soit tombé de son cheval parce qu’il avait mal sanglé sa selle n’a pas perturbé la cour.

Au même moment, la police de Bruxelles va s’illustrer dans le brutal et l’arbitraire. En effet, en plein milieu de l’euro manifestation du 29 septembre 2010, la police va, préventivement, isoler et arrêter très violemment les manifestants du NoBorder. Jamais le bourgmestre ne prendra ses distances sur la façon dont sa police (avec manifestement des directives très claires) a traité ce contre sommet.

Et en juin dernier, le bourgmestre autorise sur le territoire de sa commune une manifestation de la formation d’extrême droite de Mr. Modrikamen (le parti populaire) et de la milice néo-fasciste Nation. Il autorisera finalement aussi par voie de presse la contre-manifestation antifasciste qui y répondra. Cette dernière sera brutalement réprimée, devant les caméras, dans la station de métro Trône. Les images brutales susciteront bien sûr une intervention dans les médias demandant un enquête. Mais à aucun moment Mr Thielemans ne reconnaît que sa police à dépassé les limites. On ne parle même pas de la réalité de l’enquête ou de son suivi. La campagne était d’ailleurs présente.

De façon plus générale, la police de Bruxelles ville est souvent impliquée dans des tensions autour de manifestations. Bien que de nombreux acteurs dénoncent son rôle dans de nombreux « débordements », jamais le chef de la police, Mr Thielemans, n’a reconnu ce fait. Jamais, il n’a voulu discuter de l’opportunité de mettre en place une structure pourtant fondamentale pour une transparence et/ou une responsabilisation de son corps répressif face aux citoyens. De façon plus générale, la politique de la ville indique plutôt une participation active dans la criminalisation des mouvements sociaux.

Ainsi au delà des exemples (parmi de nombreux autres), la ville recours aussi de plus en plus souvent aux amendes administratives dans le cadre de manifestations. Ces amendes, arbitraires et contraires au principe même de procès équitable et de justice indépendante, sont utilisées comme punition par la ville pour des actions politiques et militantes. Ainsi récemment, des militants qui demandaient l’intervention du premier ministre dans le dossier des sans papiers, ont déroulé une banderole au balcon du Parti Socialiste. Ils ont été évacués sans ménagement par la police. Quelques mois plus tard ils ont reçu une amende administrative de 250€ chacun. Il s’agit donc bien de punir et de freiner le droit de manifester.

 Mais le problème de l’arbitraire c’est que parfois on se retrouve avec des amendes pour des faits incorrects ou complètement faux. A titre d’exemple, une militante de la campagne a ainsi reçu un avertissement la menaçant d’une amende basée sur un document de police rempli d’inexactitudes voir d’inventions pures et simples. Il s’agissait donc d’un avertissement pour une amende en cas de récidive (c’était au début, maintenant on envoie même plus d’avertissement, c’est directement une amende) pour arrestation lors d’une manif’ non autorisée. A l’époque, la ville envoyait une copie du pv d’arrestation (doc difficile a obtenir normalement) avec la lettre de sanction.
La militante à alors constaté que sur le pv :

  • la raison de l’arrestation est incorrecte: manifestation non autorisée alors que ils étaient 4 a marcher sur un trottoir et que la manif était finie depuis 2h. Ils étaient loin de l’endroit de la manifestation. Le motif donné au moment de l’arrestation était qu’il s’agissait d’une mesure préventive jusqu’à la fin du sommet européen. L’arrestation préventive n’est évidemment pas légale.
  •  L’endroit d’arrestation est faux : « rue Ducale » alors que l’arrestation à eu lieu rue Royale.
  • Et pour compléter le tout : « prise de photo » : non alors que tous ont été photographiés à l’Amigo…et comme tout le monde avait donné son  identité, la prise de photo n’était pas légale.

Il ne s’agit que d’un exemple des débordements que « Freddy » sponsorise depuis un certain temps déjà.

Il faut ajouter que la criminalisation et la violence de la police de Bruxelles ville à l’égard des manifestations et de l’action politique n’est que le sommet de l’iceberg. En effet, la campagne constate tous les jours que dans le quotidien des citoyens de la commune, les abus sont nombreux et dans la plupart des cas ils ne donnent pas lieux à des plaintes. On peut trouver un exemple de ses violences communes et anonymes ici. Quand c’est le cas elles ne sont d’ailleurs pas poursuivies… Il y a donc bien un problème que Mr Thielemans se refuse à reconnaître, préférant dénoncer la fertilité trop importante de certains de ses habitants…

Les candidats de la répression: Didier Reynders.

Notre choix d’inclure Didier Reynders dans nos « candidats de la répression » s’appuie  sur la dénonciation d’une orientation politique générale plutôt que sur des faits concrets. En effet, en tant qu’ancien président du MR, Mr Reynders a aligné les libéraux belges francophones sur le Sarkozysme français. La stigmatisation des plus faibles et les cadeaux aux plus riches sont les clefs de cette orientation politique. Pour pouvoir contrôler un tel déséquilibre social, il faut pouvoir contrôler les plus faibles. Regardons cela d’un peu plus près:

D’abord il faut quand même dire que ce n’est pas tout à fait vrai qu’il n’y a pas de fait répressifs concrets récents à mettre sur l’ardoise de l’ex leader libéral. En effet, lors de la récente mission « Bienvenue en Palestine », les militants belges refoulés à la douane de Tel Aviv ont organisé un rassemblement devant le ministère des affaires étrangères pour demander des explications à Mr Reynders. Celui-ci a refusé de les recevoir et a laissé sans un mot carte blanche à la police . Elle ne s’est pas privée

Mais nos reproches à Mr Reynders sont beaucoup plus profonds. D’abord il y a la politique systématique de dénigrement et de culpabilisation des plus faibles. Ainsi le MR remarque que chaque citoyen veut vivre dans « un quartier calme, tranquille et propre ». Rien de bien spécial sauf éventuellement le propre qui annonce déjà quelque peu la couleur. En effet, ce même citoyen ne veut pas (toujours selon le MR) « que son quartier se transforme en zone de non-droit dans laquelle une émeute se déclenche dès que les services de police essayent d’effectuer leur travail. » De qui parle-t-on? On oppose ici clairement ceux qui ont la chance de vivre dans un quartier calme et propre à ceux qui vivraient dans des zones de non-droits qui n’existent en réalité que dans l’imaginaire du MR et de son électorat.

Didier Reynders a bien compris que son électorat a peur des pauvres, ils ne les connait pas et ne veut surtout pas les fréquenter sauf éventuellement comme employés ou comme clients. Il renforce cette peur et propose des moyens de contrôle destinés à rassurer ses copains. Ainsi le MR défend qu’il faut intervenir  « avant que la criminalité se développe ». Comment?  A travers l’école et la formation, il faut « réimposer le respect des normes ». Mais le MR va bien sûr plus loin. Ainsi, il affirme haut et fort qu’il faut couper dans toutes les dépenses publiques sauf pour la sécurité

 Le MR défend donc une vision répressive de la société ou le rôle de la police est de protéger les riches des pauvres. Si on y ajoute la politique d’attaques violentes sur le bien-être de la majorité des travailleurs de ce pays, on entre dans un cycle de violence et de criminalisation des plus faibles qui se résume très bien par « les bleus aiment les bleus ».

Les candidats de la répression: Willy Decourty

Le choix de Monsieur Decourty s’est rapidement imposé. En effet, suite aux élections au Congo, des manifestations avaient eu lieu dans sa commune. Rapidement, les tensions avec la police ont évolués vers des émeutes. La réponse du bourgmestre a été le déploiement massifs de policiers et de matériel. Il y a aussi ajouté une interdiction de manifester. Notre démarche se structure autour de ces évènements et surtout de la réponse que la commune y a donné.

La première remarque constitue les évènements eux-mêmes. En effet, la version des faits relaté par la police est fortement contestée par les participants à la première manifestation. En effet, ceux-ci décrivent une manifestation pacifique et autorisée qui veut dénoncer les irrégularités qui entourent les élections au Congo. Ils se rendent alors au Parti Socialiste dans l’espoir d’être reçu par un représentant du premier ministre. Après 45 min d’attentes et de refus, ils s’en vont dépités du traitement que l’on leur réserve. Remontés vers la porte de Namur, les manifestants hésitent sur la suite à donner aux évènements. La police se fait alors plus menaçante et éxige la dispersion de la manifestation. A partir de là les choses dégénèrent et les versions des témoins divergent. Ce qui apparait clairement par contre c’est que la police n’a pas fait dans la dentelle.

En effet, ce jours là et les jours qui vont suivre, la police va s’en prendre indifféremment à des manifestants pacifiques ou aux émeutiers et même à des témoins ou des passants. Nombreux sont ceux qui racontent des altercations avec des agents alors qu’il ne faisaient que passer. Il faut aussi indiquer que des manifestations ont eu lieu dans d’autres villes du pays sans que l’on constate des incidents. Il y a avait donc clairement une tension particulière entre les policiers de la zone Bruxelles-Ixelles et les habitants du quartier. Pourtant, comme les autres monsieur Decourty ne dira pas un mot sur ne fusse que la nécessité d’une enquête sur les abus de sa police.

Ensuite, le bourgmestre prend donc la décision d’interdire toute manifestation dans le quartier Matongé. Prudent, Mr. Decourty prend la décision de suspendre temporairement le droit de manifester. Mais la mise entre parenthèses de ce droit démocratique n’a pas de date de fin. En effet, si le bourgmestre se défend de vouloir rendre cette décision permanente, il utilise comme justification pour l’interdiction l’instabilité de la situation au Congo. Autant dire que l’on peut s’attendre à une interdiction de très longue durée. Mettre en suspend un droit essentiel à la survie de la démocratie parce qu’il porte sur un sujet sensible est évidemment injustifiable.

Plutôt que de rencontrer les habitants de son quartier, le bourgmestre à choisit de priver un quartier entier du droit de s’exprimer sans prendre en compte que la situation pourrait-être plus complexe que ce qu’il n’y paraît. A aucun moment il n’a considéré que ce pourrait-être, ne fusse que partiellement, sa police ou sa gestion de la manifestation qui soit en cause. Se faisant il renforce et confirme, l’injustice et le désespoir qui font naitre et alimentent la violence.

Candidate de la répression: Joëlle Milquet

La ministre de l’intérieur ne pouvait pas ne pas figurer parmis nos « candidats de la répression ». Depuis qu’elle à pris ses fonctions, madame Milquet a mis en avant une vision ultra sécuritaire et franchement réactionnaire de la sécurité. Son soutien aveugle à la mode du tout sécuritaire, une politique que l’on applique depuis plus de quinze ans sans le moindre résultat, manque cruellementd’humanisme.

Tout commence avec les manifestations suites aux élections congolaises à Matongé. En effet, les rapports tendus entre les manifestants et les autorités tournent rapidement au vinaigre. Les émeutes qui s’en suivent animeront la scène médiatique pendant plusieurs jours. Les autorités dans leur ensemble se bousculent pour condamner les habitants de Matongé.  Mais lorsque apparaissent des témoignages d’abus et de violences policières, la ministre ira jusqu’à en nier l’existence. La ministre se positionnait déjà clairement.

Plus tard, lorsqu’un agent de la STIB est mortellement frappé par un automobiliste, la ministre mobilisera la colère des agents et des passagers pour commencer son ascension vers les sommets répressifs. En effet, loin de conduire une réflexion sur les problèmes et les causes qui ont mené à cette agression tragique, la ministre donne la réponse qu’elle donnera à chaque occasion: plus de police avec plus de pouvoirs. Déjà la campagne avait dénoncé l’instrumentalisation de l’émotion et le recours à l’option du tout-sécuritaire.

En juin, le bourgmestre de Bruxelles autorise une manifestation clairement d’extrême droite sur son territoire. Le Parti Populaire défile, sous prétexte de s’opposer au fascisme vert, au coté de la milice néo fasciste NATION. Cette dernière revendique des liens avec l’organisation grecque ouvertement néo-Nazie Aube Dorée. La JOC en front commun avec les jeunes FGTB avaient immédiatement dénoncé ce fait. Avec comme mot d’ordre la dénonciation de tous les fascismes et de tous les racismes, la manifestation soutenue par de nombreuses organisation avait tenté de confronter les milices fascistes. La police avait alors brutalement agressé la manifestation dans la station trône pour protéger la manifestation d’extrême droite. La présence de nombreuses caméras et de journalistes obligera la ministre et les autorités en général à dénoncer, plus que prudemment les faits. Depuis plus un mot, pas une nouvelle, pas une réforme, des beaux discours et une fois que les caméras s’en vont plus rien.

Vient ensuite l’affaire du documentaire sur le sexisme à Anneessens.   Trop de choses ont déjà été écrites sur le sexisme à Anneessens. Bien sûr, les comportements mis en avants sont une réalité qu’on ne peut jamais banaliser. Mais la réponse de la minsitre est tout simplement scandaleuse: des amendes, distribuées directement par l’exécutif basées sur un concept non défini et quasi-impossible à prouver. Grâce aux amendes, il n’y aura plus de viols, plus d’affiches publicitaires et de médias utilisant le corps de la femme comme une marchandise,…non grâce aux amendes, plus une seule femme ne subira de discrimination au travail ou sera sifflé dans la rue. La ministre ne pense qu’à punir et à apparaitre au journal de 19h. Mais bien sûr pas la moindre pensée, le moindre regard ou une seconde d’écoute pour les habitant-e-s des quartiers en question. Encore une fois le recours à la répression est la seule approche mise en valeur.

Il y a encore la loi sur les organisations radicales. Un projet qui cherche surtout à court-circuiter le système judiciaire. En effet, selon le rapport de la discussion en conseil des ministres, Mme Milquet trouve celle-ci trop lente pour appliquer les lois existantes. On nous propose donc une loi, encore une fois basée sur un concept flou, qui permettra de criminaliser toute personne qui veut transformer la société. La ministre aurait pu s’interroger sur un code pénal datant du XIXè siècle ou un système judiciaire noyé par le manque de moyens  mais elle préfère accélérer les choses en instaurant ce qui ne peut être qualifié que de police politique. Les raccourcis sont toujours dangereux.

La dernière idée de la ministre est de renforcer, encore une fois, les sanctions administratives. Il faut les rendre plus élevées et perceptibles plus rapidement. Et en passant on décide de traiter des mineurs comme des majeurs. Dans l’humanisme de madame Milquet, seule la punition permet de grandir. Il est inacceptable pour une organisation de jeunesse comme la JOC d’accepter des amendes arbitraires pour des jeunes de 14 ans ou pour les jeunes tout court d’ailleurs.

Nous pourrions continuer l’exposé pendant des pages encore en rappelant que l’enseignement, la santé et le social en général sont soumis à une autérité toujours plus agressive pendant que l’on trouve toujours plus d’argents pour mener des politiques ultra-sécuritaires. Leur inefficacité est pourtant évidente. Elles constituent en réalité plus une partie du problème qu’une solution. La campagne refuse donc de laisser la musculation sécuritaire effacer les questions sociales et politiques qui menacent le droit légitime de la population et de la jeunesse en particulier, à un avenir et une société harmonieuse.

Justice et vérité pour Molenbeek

Ce weekend à Molenbeek des dizaines de fourgons policiers, des autopompes, des rues coupées et des policiers à cran avaient transformé le paysage d’une commune habituellement calme et agréable. Pourtant la majorité des manifestants étaient pacifiques jusqu’à la charge de la police, ils avaient même réussi à calmer la police lors d’une première tentative de charge! La logique de la confrontation des autorités à même été jusqu’à instaurer un couvre-feu et une interdiction de rassemblement.

C’est l’arrestation d’une jeune femme portant le Niqab qui a donné lieu à toute cette agitation. La campagne STOP-répression refuse de céder à l’hystérie politico-médiatique qui s’en est suivi. Il faut pouvoir comprendre les évènements au delà des peurs et de l’émotion.

La campagne STOP-répression est entièrement solidaire avec la quête des habitants du quartier pour que la vérité et la justice soient faites dans cette affaire. La campagne ne peut que s’associer aux doutes sur la version de la police. En effet, de nombreuses versions des évènements ont circulé et out ceux qui ont déjà été confrontés à la ‘‘version officielle’’ d’un événement qu’ils avaient vécus, savent quels mensonges certains sont parfois prêt à avancer.

Mais il faut surtout remettre cette affaire dans un contexte plus large, la réaction des habitants du quartier est symptomatique de la réalité des rapports quotidiens des habitants avec la police. En effet, la réaction spontanée des habitants démontre qu’il ne font pas du tout confiance à ‘‘leur’’ police. Pour les habitants de Molenbeek et en particulier pour ses jeunes, l’intimidation, les insultes et les commentaires racistes des policiers sont des réalités bien connues. Leur mobilisation et la solidarité quasi immédiate qu’ils ont exprimé doit être comprise comme un symptôme de ce contexte plutôt que comme une solidarité communautariste ou religieuse qui n’a pas de sens.

Pourtant c’est cette lecture communautariste qui a été reprise par la presse et instrumentalisée sans scrupules par des politiciens plus que douteux. La réalité c’est que ces derniers sont les premiers artisans des tensions qu’ils dénoncent. Stigmatisant et réducteurs, pour certains Molenbeek n’est qu’une poudrière à contrôler et à nettoyer, encore un peu et on nous ressortait : « on va vous nettoyer tout ça au karcher ». Beaucoup prétendent dénoncer un groupuscule d’illuminés mais en réalité stigmatisent tout un quartier voir toute une population. Contrairement à ceux-là, STOP-répression sera aux cotés des habitants de Molenbeek dans leur revendication légitime de vérité et de justice.

 

La police tabasse un témoin parce qu’il avait un iPhone

Mourad est électricien chauffagiste. Il vit à Laeken. Le 5 mars, il va écouter un copain qui joue dans un café du quartier. La soirée ce passe bien et sans incidents. Mais à trois heures du matin tout bascule.

En face du café, un homme sort un riot gun. Il vise la façade du café mais heureusement le chargeur est vide. Le partron et les clients appellent la police. Lorsque ceux-ci arrivent sur place. Mourad s’avance avec les autres pour témoigner. Il essaie même d’aider les policiers à retrouver le ‘tireur’.

Fait étrange, les policiers lui demandent de le suivre au commissariat alors que tous les autres témoins restent sur place. Ils lui disent qu’il faut qu’il fasse une déposition. Mourad les suit donc. C’est là que tout dégnère.

Mourad sort son téléphone. Les policiers deviennent agressifs. Ils affirment que Mourad voulait prendre des photos. On peut déjà se demander ou serait le mal. Mourad lui nie de toute façon avoir voulu prendre des photos.

Les insultes et les commentaires fusent. « Il a un Iphone, t’en veux un? » ensuite les coups pleuvent. Ils sont quatre à le passer à tabac. Le visage, le ventre, les bras,… tout y passe. Lorsqu’il demande pourquoi on le frappe, on lui répond qu’il est un « sale arabe ». Son Iphone a été confisqué.

Après encore bien des péripéties, que nous vous relaterons dés que Mourad aura consulté son avocat, Mourad est finalement relâché. Mourad a porté plainte au comité p et au MRAX. En une soirée, Mourad a été visé par une arme à feu, puis tabassé par ceux qu’il pensait être là pour le protéger.

Les faits décrits ici sont d’un extrême gravité mais il sont malheureusement représentatifs d’une réalité de plus en plus criante dans les quartiers. Le racisme et la violence des policiers apparait de moins en moins comme un fait isolé. Au cours de la campagne, nous avons croisé des dizaines de gens qui décrivent des histoires similaires.

La campagne STOP-répression dénonce la brutalité des policiers et les insultes racistes. Le pouvoir des forces de l’ordre signifie que les policiers doivent agir avec responsabilité et justesse dans tous leurs actes. Cet abus de pouvoir illustre une pratique complètement à l’opposé de cette idée. Nous dénonçons aussi la lenteur et la complaisance des services de contrôle et de la justice qui ne prennent absolument pas ces faits au sérieux. En protégeant les officiers violents et/ou racistes c’est tout l’Etat de droit qu’ils mettent en danger.

Pour finir, nous déplorons le silence et la complaisance dont fait preuve le gouvernement. Madame Milquet déploie annonce populiste (comme sa ‘priorité’ sur les armes de collection suite à la tuerie de liège ou les mesures annoncées suite à l’agression d’un superviseur de la STIB) après annonce populiste mais ne semble pas concerné par l’insécurité et la violence dans ces propres services. Il est grand temps de réagir!

En attendant

La campagne se construit et il est clair que les témoignages y joueront un rôle essentiel. Ils prétendent que la violence et la répression n’existent pas, qu’elles sont en général justifiées et parfois accidentelles. La Justice les couvre car il est très difficile de prouver un fait de violence face à une justice hostile. Notre meilleur arme est de rendre visible ce qu’ils veulent cacher.

Il est clair aussi que nous devons développer nos outils avec précaution afin d’éviter les pièges devant nous. Cette partie de la campagne doit donc encore prendre forme. Nous réfléchissons encore sur la façon d’organiser cette partie du site. Mais rassurez-vous, nous y travaillons d’arrache pied.

En attendant vous trouverez ici des faits, des vidéos ou des initiatives mises en place par d’autres. Nous ne sommes pas seuls et de nombreuses personnes et organisations font un travail très sérieux sur ce sujet.

Le gsara a mis en place un site très bien fait. Vous y trouverez des témoignages, des interviews et des informations de fond sur la question de la violence policière. On vous invite à le consulter.

Ci dessous une petite série de vidéos témoignant de faits de violences:

Violences autour des manifestations autour des éléctions congolaises à Matongé: 1

Manifestation indignée à Flagey butte contre la police: 1 2

Alexandre est à une fête à la louvière. Il y a une bagarre. La police arrive. Elle disperse la bagarre. Alexandre ne se sent pas concerné puisqu’il n’a rien a voir avec cette histoire… la police n’était pas du même avis

Nikki indignée espagnole reçoit un coup de pied au visage d’un policier alors qu’elle est assise par terre…avec les mains attachées dans le dos! La première vidéo fera suffisamment pour que le policer soit « sanctionné ». L’affaire judiciaire est toujours en cours.

Une démonstration de comment un agent nerveux peut faire dégénérer une manifestation par ailleurs pacifique.

Des jeunes saint-gillois et un conseiller communal tabassés par la police. Vous avez dit racisme?

Un exemple du racisme qui peut exister dans la police. Des policiers tabassent un détenu en prison en l’obligeant à dire:  » le prophète mahomet est un PD… »: 1 2

Nous ne sommes pas les seuls à agir sur la question: quelques liens.

 Conférence de presse de la ligue des droits de l’homme sur la violence croissante dans la police

Répression à l’euromanifestation du 29 septembre 2010: 1

Les activistes de Désobéissance Civile Belgique déploient un banderole du haut d’une grue et du haut du palais de justice de bruxelles

Première manifestation contre la violence policière en 2010: 1 2

13 Février: Debat Saint-Gilles

Violence Policières: Les Quartiers s’expriment

 L’asbl Déclik et la JOC de Bruxelles vous invitent à un débat sur les violences policières et les dysfonctionnements de la justice.

Marre des contrôles d’identité sans raison, des insultes, du racisme, et de la violence jamais punies. Nous le voyons bien: nous ne sommes pas tous égaux face à la justice et à la police.

Samira Benallal (Déclik) nous parlera de sa situation personnelle qui l’a amenée à lutter contre ces discriminations. Jalil nous présentera la campagne « Stop Répression » lancée par la JOC.

Mais on veut surtout donner la parole au quartier! Venez avec vos témoignages et vos idées: on ne se laissera plus faire! 

le tract

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