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Non au Taser, Non au Flash ball

            « La ministre Turtelboom veut autoriser le taser à certains policiers locaux »[1] titrait le Soir du 21 octobre 2010. Le Taser et le Flash-ball sont des armes dites « non létales ». Cela signifie que théoriquement ces armes sont conçues pour ne pas tuer. Elles seraient une alternative aux armes à feu selon la ministre et les fabricants. Lorsqu’on y regarde de plus près, la réalité est beaucoup moins angélique. Derrière le silence assourdissant des politiques sur la proposition de la ministre, la seule intervention vient du député SP.A Bruno Tuybens qui ne s’oppose pas au fond du projet mais qui demande de légiférer pour mieux encadrer l’utilisation du taser. Il demande de limiter les décharges à 5 secondes et d’en limiter le nombre. La ministre répondra dans le même registre en disant que l’utilisation de cette arme ne se fera  que par les unités spéciales d’assistance et que ceux-ci seront obligés de suivre une formation à l’utilisation du taser. La ministre vient d’ouvrir la boîte de Pandore. L’utilisation des armes dites non létales par la police ne devient donc plus une question politique mais juste une question technique et de bonne gestion.

            Nous considérons, contrairement à une majorité de politiques, que le sujet est politique. Nous comptons bien l’imposer dans le débat jusqu’au retrait de ces armes des mains de la police.

  • Le TaserCes armes ont déjà causé beaucoup trop de morts et de blessés graves à travers le monde.
  •  Ces armes ne sont pas utilisées comme alternative à l’arme à feu mais bien dans des interventions où l’arme à feu n’aurait jamais été utilisée.
  •  Elles ne font qu’augmenter les tensions qu’il y a dans une manifestation ou une intervention.
  • Ces armes ne répondent absolument pas aux enjeux de notre société pour vivre dans une société pacifiée.

Une arme mortelle et une forme de torture selon l’ONU

policier-taser-maxppp-930620-30.11_scalewidth_630 Le Taser est un pistolet à impulsion à décharges électriques. Celui-ci inflige à la personne qui en est victime un électrochoc de 50.000 volts qui paralyse  instantanément la personne touchée. La victime est paralysée durant quelques secondes et s’écroule par terre. Selon Amnesty International[2], le nombre total de personnes mortes après qu’un taser ait été utilisé s’élève à 351 personnes entre 2001 à 2009 juste pour les Etats-Unis. Amnesty rappelle que dans les milliers de personnes « tasérisées », certains sont plus à risque que d’autres, comme les personnes ayant des problèmes cardiaques, les épileptiques, les toxicomanes etc… Évidemment il est impossible pour un policier dans une intervention de connaître le dossier médical de la personnes qu’il arrête. Il est donc impossible de dire que le taser ne fera plus de victime. Sans oublier que cette arme peut aussi provoquer des blessures par électrodes mais aussi dues aux conséquences de la chute. (chiffre)

            Le Comité contre la torture de l’ONU va plus loin et s’inquiète de l’utilisation de plus en plus fréquente du taser par les Etats, affirmant que «  l’usage de ces armes peut provoquer une douleur aigüe, constituant une forme de torture, et que dans certains cas, il peut même causer la mort »[3]. Dans de nombreux pays, des ONG et certaines organisations politiques se sont opposées à la mise en place des tasers dans les commissariats. La société SMP Technologies (l’importateur et distributeur du Taser en France)  contre-attaque en demandant un droit de réponse dans le journal Libération suite à un article paru le 26 mars 2007 intitulé « 212 décès par Taser aux États-Unis »[4].

Taser protège son image de marque envers et contre tout

            En juillet 2007, la société SPM va plus loin et attaque en justice l’association « Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’homme » (RAID-H), Amnesty International et Olivier Besancenot (porte parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire) pour diffamation et dénigrement pour avoir répété que les pistolets Taser avaient « déjà causé des dizaines de morts aux États-Unis » [5]. Un an plus tard, c’est au tour de Martine Aubry (Premiére secrétaire du Parti Socialiste) à qui SPM envoie deux huissiers lui remettant une « sommation lui donnant un délai de quarante-huit heures pour « justifier les noms des 290 victimes dont elle a parlé ». (…) Si elle ne donne pas les noms, nous l’attaquerons pour diffamation ou pour dénigrement de produit »[6]. Pourtant, en mars 2008, Amnesty gagne son procès contre Taser. Le 27 octobre 2008, Taser perd son procès contre l’association RAID-H et le 24 novembre de la même année, l’importateur français a été débouté dans son action en diffamation contre Besancenot.

            Les sociétés privées qui vendent de telles armes n’ont aucune limite: ils continuent à faire des bénéfices sur le dos de notre société et des victimes de leurs armes. Il faut absolument que la marque Taser préserve son image de marque pour continuer à vendre aux Etats et pour cela, la société est prête à attaquer tous ceux qui pourraient ternir cette image. Antoine di Zazzo, le patron de SMP Technologies/Taser France a même été jusqu’à engager des détectives privés pour plus de 21 000 euros afin d’espionner la famille d’Olivier Besancenot. Ils ont organisé des filatures, des vérifications sur son patrimoine, etc[7]; la société d’espionnage ayant été jusqu’à corrompre des fonctionnaires, des agents de police, etc….[8] Cet exemple montre bien les enjeux colossaux et le coût exorbitant de ces armes mortelles et inutiles.

Le taser n’est pas une alternative et crée encore plus de tensions

Depuis que le taser est entre les mains de la police, de trop nombreux exemples montrent que ceux-ci les utilisent de manière disproportionnée. On prétend que le taser doit être utilisé dans la légitime défense ou encore lorsque, dans une interpellation, on utilisait auparavant l’arme à feu. La réalité montre le contraire: le taser est utilisé par la police comme une facilité pour arrêter et faire taire des citoyens.

Exemples de « Légitime défense » …

            En 2005, à Lyon, Virginie Barriel, étudiante, est « taserisée » à plusieurs reprises lors d’une manifestation par des policiers alors qu’elle était maîtrisée.[9] En 2006, aux Etats-Unis, une femme de 56 ans en chaise roulante meurt après 10 chocs électriques, son décès étant qualifié d’homicide par la justice[10]. En septembre 2n interpellation violente sera regardée par plus de 2,6 millions de personnes. En mars 2008, une fillette de 11 ans ayant des difficultés scolaires a reçu des décharges de taser par la police pou avoir bousculé des tables et des chaises[11]. Le 23 mars 2009, un adolescent de 15 ans meurt après avoir reçu plusieurs décharges de taser alors qu’il n’avait aucune arme en sa possession et se trouvait debout devant la police, les mains le long du corps[12]. Le 30 novembre 2010, un malien de 54 ans va mourir après avoir reçu deux décharges lors de son expulsion[13]. Des cas similaires, nous en avons recueillis des dizaines, voire des centaines à travers des témoignages du monde entier (voir annexe).007, un étudiant américain intervient lors d’un débat à l’université de Floride en posant une question sur les Skull and Bones. Il sera immédiatement interpelé par la police et, alors qu’il était au sol, il recevra de nombreuses décharges électriques. La vidéo de so

            Comme le dit très bien Amnesty International, le problème du taser est qu’il favorise par nature les abus. « Basée notamment sur les résultats de 98 autopsies, l’étude conduite par Amnesty International montre que 90% des personnes qui sont mortes après avoir été touchées par un pistolet Taser étaient désarmées. Beaucoup ne constituaient pas de toute évidence une menace dangereuse. »[14] Il est donc clair que le taser n’est pas effectivement utilisé comme alternative à l’arme à feu. Il est utilisé dans des cas qui ne nécessitaient pas l’usage d’armes à feu et, de ce fait, abusivement.

            Ces armes, en plus de ne pas être une alternative, favorisent plutôt les tensions lorsqu’elles sont utilisées. Lorsque des policiers visent des manifestants ou des jeunes lors d’un contrôle d’identité dans un quartier avec des tasers, il est normal que la population se sente alors attaquée et menacée et cela crée des tensions. Un agent de quartier ne va pas être perçu et accepté par la population de la même manière s’il porte sur lui des armes. L’utilisation du taser ne pourra que faire augmenter les dérives et l’utilisation de la violence par la police. Selon le dernier rapport du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), des détenus de la prison de Bruges et d’Andenne ont été victimes de mauvais traitements par l’utilisation du taser, alors qu’ils ne représentaient aucune « menace sérieuse et immédiate à l’intégrité physique ou à la vie. »[15]

Flash ball,

flash-ball_super-proc’est un lanceur de balles de défense. Il en existe différents types. Au départ, le flash ball s’est développé sur le marché principalement pour des particuliers. Il était alors en plastique jaune, avec de grosses balles en caoutchouc. Ce premier modèle n’a pas vraiment eu de succès. Mais les forces de l’ordre ont commencé à s’y intéresser et ont demandé au producteur de lui donner une forme plus agressive. On remplace le plastique par du métal, le jaune par le noir, les balles sont plus rigides et d’un plus petit diamètre, avec une force de frappe deux fois plus importante que le flash ball pour particuliers. Lors des émeutes de Villiers-le-Bel (France) en 2007, le modèle va encore évoluer vers plus d’agressivité. On l’appelle le « Lanceur 40 », qui utilise des projectiles non sphériques. La puissance de tir passe de 10 mètres à 25-50 mètres pour ce dernier prototype. Aujourd’hui, il existe différentes nouvelles balles. Il y a entre autre des balles qui explosent en recouvrant de peinture ou de craie la personne qui a été touchée. Cela permet évidemment d’arrêter des manifestants par exemple après la manifestation. Il existe aussi certaines balles qui s’ouvrent en vol pour libérer une série de plus petits projectiles.
Certains corps de police en Belgique seraient intéressés par l’utilisation du Flash ball[16]. Le Flash ball est une arme dite « non létale »

Flash ball, arme non létale?

Nous pouvons déja identifier ici une contradiction dans le discours tenu par les lobbying qui affirment que cette arme permet à la police l’auto-défense contre un agresseur. On voit bien qu’ici, l’objectif est de disperser les foules et le risque de toucher des zones dangereuses comme le visage augmente fortement.

D’après les hommes politiques, le fabriquant et les policiers, le flash ball serait une arme ne provoquant pas la mort. En France, le premier homme à être mort à cause d’un tir de flash ball est un quadragénaire marseillais[17]. D’après l’autopsie, l’homme serait décédé d’un œdème pulmonaire, provoqué par l’arrêt cardiaque, lui-même causé par le tir d’un flash ball en plein thorax.

Flash ball, alternative à l’arme à feu?

            Cette arme est déjà utilisée dans un certain nombre de pays, comme la France et les Etats-Unis. Elle a fait moins de victimes que le taser, par contre elle a entraîné « de graves blessures sur au moins sept personnes depuis que son utilisation a été généralisée »[18] entre 2002 et 2010 selon le journal Le Monde et une personne est décédée[19]. Les politiques français ont tenté d’être rassurants par rapport à l’utilisation du fash ball en établissant une législation « stricte » quant à son utilisation. Il est par exemple interdit de viser la zone génitale et au-dessus des épaules. De plus, les tirs à courte distance sont interdits.

            Cependant, la réalité du terrain montre l’inutilité d’une telle législation. Lorsque des policiers sont interrogés, ils se défendent en disant que le manifestant n’étant pas une cible fixe, des accidents pouvaient survenir. Il est évident qu’un argument pareil ne tient pas la route lorsqu’on sait que le producteur du flash ball lui-même reconnaît que la précision de

tir présente une marge d’erreur de 60 centimètres. L’émission « Spécial Investigation » du 18 octobre 2010[20] montre que, lors d’un entraînement obligatoire pour les policiers, l’instructeur valide des tirs qui se font dans les zones interdites, alors même que la cible est fixe.

            Alors que la Commission nationale de déontologie de la sécurité a mis en évidence en 2003[21] le fait que l’utilisation du flash ball à moins de 10 mètres peut causer des lésions graves irréversibles, voire mortelles, les policiers font fi de cet avertissement. Ils menacent et tirent sur des victimes parfois à moins de 2 mètres d’eux[22].

            Joan Celsis[23], étudiant toulousain de 25 ans, lors d’une manifestation sur le pouvoir d’achat, participe à une action symbolique et bloque l’entrée du Monoprix. Les CRS les délogent, les manifestants repartent calmement en groupe. C’est lorsqu’ils se seront éloignés de quelques mètres qu’on entend 5 tirs de Flash ball. Joan Celsis s’écroule, l’arcade sourcilière ouverte. Il perdra l’usage de son œil droit. Deux ans plus tard, malgré la plainte contre X auprès du procureur de la république pour « violence volontaire avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique, ayant entrainé une mutilation », aucun responsable n’a été désigné.

            Pierre Douillard[24], lycéen de 17 ans, lors d’une action sur le campus de Nantes, se fait tirer dessus par un policier cagoulé avec un flash ball « Lanceur 40 » alors qu’il se trouvait à 9 mètres de lui. De plus, dans la vidéo reprise par la presse, on voit clairement les policiers tirer alors que les étudiants fuient et se dispersent. Pierre a, lui aussi, perdu l’usage de son œil droit. Aujourd’hui, le policier a avoué avoir touché la tête mais utilise l’excuse habituelle de la mobilité de la personne. « Le parquet de Nantes a requis un non-lieu pour le policier auteur du tir, jugeant qu’il avait agi de façon non-disproportionnée et dans un état de «légitime défense». »[25]

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Nous voyons bien que le flash ball n’est pas du tout utilisé comme alternative aux armes à feu mais rentre dans l’arsenal policier de la dérive sécuritaire. Ces armes ont pour objectif le contrôle et la dispersion des foules. En effet, le flash ball n’est pas simplement utilisé pour lutter contre les mouvements sociaux, on voit qu’il est également utilisé pour disperser les foules lors d’événements festifs par exemple[26]. Clément, jeune parisien, participe à une soirée pendant les fêtes de la musique. La police décide de disperser la foule à minuit et commence à lui tirer dessus. Clément est touché et a la mâchoire brisée. On a aussi observé des cas d’utilisation du flash ball dans des rixes de quartiers ou de petites altercations. Nordine[27], 27 ans, a été touché alors qu’il tentait de calmer des jeunes. Il a eu la joue perforée et la mâchoire brisée, alors que le flash ball est supposé éviter toute pénétration sur un individu selon le fabriquant.

            Comme nous le savons, nous sommes dans une situation politique de plus en plus tendue, avec des risques d’émeutes, de mouvements sociaux et d’actions collectives. Le gouvernement français a décidé de tenir un discours stigmatisant à l’égard des résistances sociales. Lorsque, aujourd’hui, Mme Tutleboom décide de mettre le taser e

ntre les mains des policiers belges et que certaines corps de police affirment être intéressés également par l’utilisation du flash ball, nous pouvons craindre l’escalade de la violence.

D’autres exemples…[28]

 

 14 octobre 2010: Geoffrey, 16 ans, manifeste contre la réforme des retraites devant un lycée à Montreuil. Il est grièvement blessé à l’œil par un tir lors d’affrontements avec la police.

8 juillet 2009: Joachim Gatti, réalisateur de films de 34 ans, participe à une manifestation de soutien à des squatteurs d’une clinique désaffectée à Montreuil. Lors d’échauffourées avec les forces de l’ordre, il essuie un tir de flash-ball et perd un œil.

9 mai 2009: A Villiers-le-Bel, dans la cité du Val-d’Oise, des affrontements opposent des groupes de jeunes et la police. Deux hommes de 21 et 31 ans, qui assurent ne pas y avoir participé, reçoivent des tirs de flash-ball et perdent chacun un œil.

1er mai 2009: Samir Ait Amara, 18 ans, est atteint à la tête par un tir de flash-ball à Neuilly-sur-Marne. Hospitalisé dans la foulée, le jeune homme souffre d’un important traumatisme à l’oreille, accompagné d’étourdissements et de nausées.

30 octobre 2006: Jiade, 16 ans, est blessé à l’œil et hospitalisé, à la suite d’une altercation avec la police à Clichy-sous-Bois. Selon la police, le jeune homme a été touché par le flash-ball après des incidents avec des policiers, qui intervenaient après des sapeurs-pompiers dans une cité HLM. Le père de l’adolescent, lui, affirme qu’un policier a tiré sur le visage de son fils à bout portant alors que ce dernier rentrait chez lui.

           


[1]   http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-10-21/la-ministre-turtelboom-veut-autoriser-le-taser-a-certains-policiers-locaux-799395.php

[9]   http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/12/16/01016-20081216ARTFIG00365–la-police-municipale-ne-devrait-pas-avoir-de-taser-.php

[11] http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/usa-safety-tasers-questioned-death-toll-hits-334-mark-20081216

[12] http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/us-teenager-killed-police-taser-attack-20090323

[13] http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/2010-12/deces-apres-taser-information-judiciaire-pour-homicide-involontaire-6197629.html

[14] http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/usa-safety-tasers-questioned-death-toll-hits-334-mark-20081216

[15] http://www.cpt.coe.int/documents/bel/2010-24-inf-fra.htm

[18] http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/13/l-homme-blesse-par-un-tir-de-flash-ball-succombe-a-ses-blessures_1452653_3224.html

[20] Special Investigation: « Attention: Flash ball », lundi 18 octobre 2010, Canal +

[22] Special Investigation: « Attention: Flash ball », lundi 18 octobre 2010, Canal +

[26] Special Investigation: « Attention: Flash ball », lundi 18 octobre 2010, Canal +

Signez la motion de soutien aux étudiants québécois

« Notre grève, c’est pas l’affaire d’une génération, c’est pas l’affaire d’un printemps, c’est l’affaire d’un peuple, c’est l’affaire d’un monde. Notre grève, c’est pas un événement isolé, notre grève c’est juste un pont, c’est juste une halte le long d’une route beaucoup plus longue. »

Gabriel Nadeau-Dubois,

Porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une Solidarité Syndicale Etudiante (surnommée la CLASSE)

Les signataires ci-dessous veulent exprimer toute leur solidarité avec les étudiantes, les étudiants et plus largement les travailleurs et travailleuses du Québec. Nous nous reconnaissons dans la lutte pour des services publics, et en particulier une éducation, de qualité et accessible à tous et toutes. Nous nous associons aussi à la lutte contre les dirigeant-e-s qui gouvernent en défendant les intérêts des banquier-e-s et des actionnaires plutôt que ceux de la population qu’ils sont pourtant sensés représenter et défendre. En attaquant les étudiantes, les étudiants et les travailleur-e-s du Québec, c’est les étudiant-e-s et les travailleur-e-s du monde entier qu’on attaque.

La loi 78 n’est qu’un outil destiné à briser l’extraordinaire combativité des étudiant-e-s du Québec qui tiennent tête au gouvernement libéral de Jean Charest depuis plus de trois mois! Le gouvernement Québecois entend limiter les droits démocratiques les plus fondamentaux au nom de l’austérité budgétaire. Cette démarche s’inscrit dans une logique de criminalisation des mouvements sociaux qui nous est familière. De l’autorisation à le zone neutre en passant par les amendes administratives, en Belgique aussi on s’oppose à la loi de la matraque ! Nos libertés de manifester et de critiquer sont bafouées de Wall street à Barcelone en passant par Bruxelles, pourtant sans critique la société se meurt écrasée sous l’avidité des élites.

Nous étudiant-e-s, travailleur-e-s et citoyen-ne-s nous associons directement au combat québecois. Entièrement solidaires, nous nous engageons à poursuivre des objectifs et des luttes similaires en Belgique et en Europe, parce que cette lutte dépasse largement les frontières du Québec et qu’uni-e-s nous triompherons de la répression!

Signez cette motion de soutien à titre individuel ou en tant qu’organisation! Pour signer en ligne, cliquez ici. Si vous désirez signer une version papier, prenez contact avec nous: stop.repression.be@gmail.com. 

La campagne STOP-répression fera parvenir cette motion aux syndicats et aux facs en lutte au Québec! Notre solidarité est importante pour qu’ils tiennent bon face à la pression de l’Etat! Nous comptons sur vous pour partagez ce texte et faire signez un maximum de monde!

La police tabasse un témoin parce qu’il avait un iPhone

Mourad est électricien chauffagiste. Il vit à Laeken. Le 5 mars, il va écouter un copain qui joue dans un café du quartier. La soirée ce passe bien et sans incidents. Mais à trois heures du matin tout bascule.

En face du café, un homme sort un riot gun. Il vise la façade du café mais heureusement le chargeur est vide. Le partron et les clients appellent la police. Lorsque ceux-ci arrivent sur place. Mourad s’avance avec les autres pour témoigner. Il essaie même d’aider les policiers à retrouver le ‘tireur’.

Fait étrange, les policiers lui demandent de le suivre au commissariat alors que tous les autres témoins restent sur place. Ils lui disent qu’il faut qu’il fasse une déposition. Mourad les suit donc. C’est là que tout dégnère.

Mourad sort son téléphone. Les policiers deviennent agressifs. Ils affirment que Mourad voulait prendre des photos. On peut déjà se demander ou serait le mal. Mourad lui nie de toute façon avoir voulu prendre des photos.

Les insultes et les commentaires fusent. « Il a un Iphone, t’en veux un? » ensuite les coups pleuvent. Ils sont quatre à le passer à tabac. Le visage, le ventre, les bras,… tout y passe. Lorsqu’il demande pourquoi on le frappe, on lui répond qu’il est un « sale arabe ». Son Iphone a été confisqué.

Après encore bien des péripéties, que nous vous relaterons dés que Mourad aura consulté son avocat, Mourad est finalement relâché. Mourad a porté plainte au comité p et au MRAX. En une soirée, Mourad a été visé par une arme à feu, puis tabassé par ceux qu’il pensait être là pour le protéger.

Les faits décrits ici sont d’un extrême gravité mais il sont malheureusement représentatifs d’une réalité de plus en plus criante dans les quartiers. Le racisme et la violence des policiers apparait de moins en moins comme un fait isolé. Au cours de la campagne, nous avons croisé des dizaines de gens qui décrivent des histoires similaires.

La campagne STOP-répression dénonce la brutalité des policiers et les insultes racistes. Le pouvoir des forces de l’ordre signifie que les policiers doivent agir avec responsabilité et justesse dans tous leurs actes. Cet abus de pouvoir illustre une pratique complètement à l’opposé de cette idée. Nous dénonçons aussi la lenteur et la complaisance des services de contrôle et de la justice qui ne prennent absolument pas ces faits au sérieux. En protégeant les officiers violents et/ou racistes c’est tout l’Etat de droit qu’ils mettent en danger.

Pour finir, nous déplorons le silence et la complaisance dont fait preuve le gouvernement. Madame Milquet déploie annonce populiste (comme sa ‘priorité’ sur les armes de collection suite à la tuerie de liège ou les mesures annoncées suite à l’agression d’un superviseur de la STIB) après annonce populiste mais ne semble pas concerné par l’insécurité et la violence dans ces propres services. Il est grand temps de réagir!

En attendant

La campagne se construit et il est clair que les témoignages y joueront un rôle essentiel. Ils prétendent que la violence et la répression n’existent pas, qu’elles sont en général justifiées et parfois accidentelles. La Justice les couvre car il est très difficile de prouver un fait de violence face à une justice hostile. Notre meilleur arme est de rendre visible ce qu’ils veulent cacher.

Il est clair aussi que nous devons développer nos outils avec précaution afin d’éviter les pièges devant nous. Cette partie de la campagne doit donc encore prendre forme. Nous réfléchissons encore sur la façon d’organiser cette partie du site. Mais rassurez-vous, nous y travaillons d’arrache pied.

En attendant vous trouverez ici des faits, des vidéos ou des initiatives mises en place par d’autres. Nous ne sommes pas seuls et de nombreuses personnes et organisations font un travail très sérieux sur ce sujet.

Le gsara a mis en place un site très bien fait. Vous y trouverez des témoignages, des interviews et des informations de fond sur la question de la violence policière. On vous invite à le consulter.

Ci dessous une petite série de vidéos témoignant de faits de violences:

Violences autour des manifestations autour des éléctions congolaises à Matongé: 1

Manifestation indignée à Flagey butte contre la police: 1 2

Alexandre est à une fête à la louvière. Il y a une bagarre. La police arrive. Elle disperse la bagarre. Alexandre ne se sent pas concerné puisqu’il n’a rien a voir avec cette histoire… la police n’était pas du même avis

Nikki indignée espagnole reçoit un coup de pied au visage d’un policier alors qu’elle est assise par terre…avec les mains attachées dans le dos! La première vidéo fera suffisamment pour que le policer soit « sanctionné ». L’affaire judiciaire est toujours en cours.

Une démonstration de comment un agent nerveux peut faire dégénérer une manifestation par ailleurs pacifique.

Des jeunes saint-gillois et un conseiller communal tabassés par la police. Vous avez dit racisme?

Un exemple du racisme qui peut exister dans la police. Des policiers tabassent un détenu en prison en l’obligeant à dire:  » le prophète mahomet est un PD… »: 1 2

Nous ne sommes pas les seuls à agir sur la question: quelques liens.

 Conférence de presse de la ligue des droits de l’homme sur la violence croissante dans la police

Répression à l’euromanifestation du 29 septembre 2010: 1

Les activistes de Désobéissance Civile Belgique déploient un banderole du haut d’une grue et du haut du palais de justice de bruxelles

Première manifestation contre la violence policière en 2010: 1 2

Programme du meeting du 27 mars

Le programme de notre discussion de mardi. Venez nombreux!

Evaluation de la manifestation du 15 mars.

–       Notre évaluation et la votre bien sûr.

Campagne Stop-répression

–       Etat des lieux

–       Outils

–       Bilan

Perspectives :

–       Concours rap Namur 26 mai.

–       Festival contre la répression

–       Comités de quartier : créer des comités locaux capable d’organiser la campagne dans les quartiers.

–       Quelle mobilisation pour l’été : festival, débats, animations,…

–       Quelles actions pour la rentrée : quelles actions ? manifestations ? dates ? lieux, quartiers ? Festival, …

STOP-répression condamne l’arrestation arbitraire des manifestants devant le cabinet de Maggie de Block.

Hier, mercredi 21 mars, lors d’un rassemblement pacifique devant le cabinet de Mme Deblock 42 étudiants ont été arrêtés. Leur soutien à la cause des sans-papiers en grève de la faim depuis 68 jours était apparemment menaçante du point de vue de la secrétaire d’Etat. Leur arrestation injustifiée et absolument pas nécessaire, témoigne d’une tentative à la criminalisation des mouvements sociaux qui est dangereuse et nocive pour la société dans son ensemble.

S’il apparait aujourd’hui comme problématique qu’une centaine d’étudiants manifestent leur horreur et leur consternation devant la violence toujours plus grande de nos politiques d’immigration, qu’en sera-t-il demain d’actions et de revendications, rassemblant plusieurs milliers de personnes, travailleurs et étudiants? Si on justifie aujourd’hui la mobilisation de dizaines de policiers, de matériel,… pour quelques oeufs sur une façade, combien de policiers mobilisera-t-on lors du prochain rassemblement européen? A Sprimont, la police a choisit de défendre et protéger les grands chauves avec de battes de baseball mais ici les chevelus avec des tambours et quelques oeufs sont une menace à l’ordre public?

STOP-répression met en garde le gouvernement et le monde politique, une société qui refuse toute remise en question est une société mourante et sans avenir. La contestation est un droit et une condition indispensable à une société libre et démocratique. Par leur décisions, policiers et gouvernants poussent la société sur une pente glissante…Nous ne resterons pas silencieux devant ce crime.

RENDEZ -VOUS STOP-REPRESSION : QUELLES PERSPECTIVES DE LUTTE APRES LE 15 MARS ?

MEETING DE CAMPAGNE

LE MARDI 27 MARS 2012 à 18h30 au 19 rue Pletinckx, 1000 Bruxelles.

La manifestation de jeudi a été un grand succès. Merci à tous! Plus de 500 personnes, un cortège aux multiples visages et très combatif. C’est sans aucun doute un très bon début. Il est clair aujourd’hui que la question de la violence policière mobilise autant les jeunes et les mères de famille, que les militants, les étudiants et les habitants des quartiers refusent que la violence et l’impunité continuent. Il faut maintenant assurer la suite.

Il faut  enfoncer le clou et poser des bases solides pour une campagne réussie. En effet, il faut rappeler que la manifestation s’inscrit dans le cadre de la campagne STOP-répression qui veut dénoncer la politique du tout sécuritaire de l’Etat.  Autour des 5 axes,

– STOP au racisme dans la police
– STOP à la répression des mouvements sociaux 
– STOP au tout sécuritaire
– STOP aux Tasers et Flashball
– STOP au fichage généralisé 
 

 la campagne STOP-repression affirme que la matraque, le taser et le flash ball ne sont pas de solutions mais des problèmes, que les caméras et la surveillance ne font que renforcer la peur. Chaque violence de l’Etat est un déni de droit  pour chaque citoyen. Aucune démocratie véritable et harmonieuse ne peut se développer sur ces bases.

Pour pouvoir construire une campagne solide et surtout refuser ces violences, il faut des gens motivés et combatifs. Bref nous avons besoin de vous, de vos idées et de votre enthousiasme pour continuer la lutte, pour que l’année prochaine nous soyons encore plus nombreux.

 Nous invitons donc toutes celles et ceux qui refusent les violences policières et la répression de l’Etat à nous rejoindre le mardi 27 mars, pour un meeting ouvert à tous. Il s’agira de mettre en avant les pistes pour poursuivre le combat et de voir comment chacun et chacune peut s’intégrer dans l’action concrète : témoignages, actions médiatiques, débats et comités de quartiers,… les possibilités sont nombreuses ! On compte sur vous pour venir y réfléchir avec nous.

COMMUNIQUÉ DE CAMPAGNE

15 mars : une manifestation réussie, un début prometteur.

Date d’envoi : 15 mars 2012, Bruxelles

Concerne : Manifestation contre les violences policières et conférence de presse

 

Ce 15 mars, la manifestation bruxelloise contre les violences policières a réuni plus de 500 personnes dans une ambiance combative et militante. Les slogans dénonçaient les violences et l’impunité dans la police, mais aussi le racisme, les ministres qui utilisent la police pour défendre leurs politiques antisociales et le fait que l’austérité ne s’applique manifestement pas aux services de police.

La JOC rappelle que la manifestation s’inscrit dans le cadre de la campagne STOP-répression qui dénonce les violences d’Etat en général. L’hypocrisie du tout sécuritaire doit être dénoncée. Le désespoir social alimenté par les gouvernements et leur austérité nourrit la peur qui sert à son tour à justifier toujours plus de police ainsi qu’une police toujours plus armée et donc plus violente. Des Indignés à Sprimont en passant par le No Border, tous, militants, citoyens et syndicalistes s’unissent pour dire :

– STOP au racisme dans la police

– STOP à la répression des mouvements sociaux

– STOP au tout sécuritaire

– STOP aux Tasers et Flashball

– STOP au fichage généralisé

Ce 15 mars 2012 et pour la première fois, des centaines de personnes ont donc défilé dans les rues de Bruxelles à l’occasion de la journée internationale contre la brutalité policière. La journée lancé en 1997 par le COBP, un collectif de Montréal (Québec), a réunit cette année des milliers de gens à travers le monde sous un seul mot d’ordre : « qui nous protège de la police ? ». Vu le succès des mobilisations partout dans le monde, il est indéniable que ce sujet gagne en importance.

La JOC se félicite de ce succès prometteur et appelle déjà les participants à poursuivre cette mobilisation. Un meeting de campagne est prévu pour le mardi 27 mars (18h30- 19, rue Pletinckx). Le début de la campagne démontre chaque jour à quel point ce problème est criant et demande une mobilisation large et combative. Partout les gens nous racontent les coups, les insultes et les violences dont ils font régulièrement l’objet. Dans toutes les franges de la société, la conscience qu’il y a un problème grandit.

Le succès de la manifestation du 15 mars annonce dors et déjà une campagne enthousiaste et largement mobilisatrice !

Pour finir, l’équipe STOP-répression veut remercier tous ceux sans qui cet événement n’aurait pas été un tel succès : toutes celles et ceux qui ont défilé à nos cotés et tout particulièrement les organisations signataires de l’appel à la manifestation.

CONTACTS PRESSE

Sites web de référence

Une action de la JOC, avec le soutien de SIGNATAIRES

La Ligue des Droits de l’Homme, ALS-EGA,  Désobéissance Civile Belgique, Attac ULB, Vie Féminine Bruxelles, Parti Communiste,  Ligue Communiste Révolutionnaire – Socialistische Arbeiderspartij, GSARA, CADTM, Jeunes Anticapitalistes, asbl Déclik, Action pour la Paix, Jeunes CSC Bruxelles, Parti Socialiste de Lutte – Linkse Socialistische Partij, Egalité,  Étudiants FGTB ULB,  Mouvement Ouvrier Chrétien Bruxelles, African Socialist International,  ASBL Joseph Jacquemotte, Mouvement International de la Réconciliation et l’ Internationale des Résistant-e-s à la Guerre