Intimidation policière

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi par la présente de vous exprimer le profond désarroi dans lequel je suis plongé depuis la nuit de samedi à dimanche [nuit du 11/08 au 12/08/13]. Au cours de cette nuit, aux alentours de quatre heures du matin, deux policiers, munis de gilets pare-balles, ont pénétré dans mon appartement pour cause de deux plaintes (selon leurs dires) reçues à leur centrale téléphonique. Cette soirée, j’ai effectivement organisé une fête chez moi en raison de mon départ imminent pour le Canada. Que la musique ait dérangé mes voisins, j’en suis conscient. Et, bien que tous prévenus longtemps à l’avance, je n’incrimine personne d’avoir fait appel au service d’ordre.

La raison de ce courriel provient du fait suivant:

Les deux policiers ont forcé l’un de mes invités à les laisser entrer dans mon appartement. Ceux-ci ont donc fait un tour du salon, scruter chaque personne. Ayant été prévenu, je vais à leur rencontre et leur demande de bien vouloir me suivre sur le palier pour discuter. Ceux-ci refusent, je leur répète qu’ils sont chez moi et que je tiens à discuter en dehors de mon domicile avec eux.

Finalement ils acceptent de me suivre. Le premier se positionne alors devant ma porte d’entrée de sorte que je ne peux plus rentrer chez moi; le deuxième se tient à moins de cinquante centimètres de ma personne.

Les deux policiers me reprochent le fait de leur avoir demandé de sortir de chez moi, arguant qu’ils ne sont pas là pour créer des problèmes. Je leur dis et leur répète que j’en suis persuadé mais que leur présence chez moi n’est pas désirée.

Sur ce, l’un des deux me menace en me répétant violemment que s’il le désire, il peut me mettre sur le sol, me menotter et me conduire au poste de police. J’insiste sur le fait qu’il n’y a aucune raison à un tel acte.
Le deuxième policier me demande alors mes papiers d’identité. Je lui dis que je veux bien les présenter mais pour cela il me faut rentrer dans mon appartement pour prendre mon portefeuille. Celui-ci refuse de me laisser entrer. Je fais un pas et, vu qu’il est devant la porte d’entrée, je le frôle pour atteindre la poignée. Le policier me dit que si je le touche une fois de plus, il me passera les menottes. Finalement, au terme de trois minutes de discussions, il veut bien me laisser rentrer chez moi. Je reviens sur le palier avec mon portefeuille et ma carte d’identité.
Un des deux policiers me dit alors qu’il n’en a pas besoin. Il exige cependant de voir mon contrat de bail. Je lui dis que j’en possède pas, étant propriétaire de mon appartement. Il m’arrache ma carte d’identité des mains et
vérifie mon identité. Pendant ce temps, son collègue me dit quelque chose dans un français incorrect. Je ne comprends aucunement ses paroles et lui demande poliment de répéter. Celui s’en offusque et dit à son collègue qu’il est temps de partir, que je devrai venir chercher ma carte d’identité au commissariat.

Je tente de les raisonner, de leur demander d’être plus compréhensif. Et sur ce, l’un des deux m’insulte de “sale gauchiste” et de “fils à papa”. Je réponds donc que chacun a droit d’avoir ses propres opinions politiques et que je ne me permettrais aucunement de les juger en fonction de leur vote. Quant à la seconde insulte, je n’y vois aucune raison.
Au terme de ces quelques paroles, je prie encore le policier de me render ma carte d’identité. Celui-ci fait mine de me la rendre mais la retire aussitôt de mes mains. Ce petit jeu mesquin dure quelques minutes.

–      Finalement les deux policiers s’en vont. Vous comprenez qu’une telle situation est particulièrement fâcheuse pour plusieurs raisons:

–      Pourquoi deux policiers se permettent-ils d’entrer chez moi et ne demandent pas à voir le propriétaire ou locataire pour lui parler?

–      Pourquoi ces deux policiers se sont-ils offusqués lorsque je leur ai demandé de sortir de chez moi pour parler sur le palier?

–      Pourquoi m’a-t-on menacé d’être menotté et conduit au poste?

–      Pourquoi l’un des policiers s’était-il permis de m’empêcher d’accéder à mon domicile alors qu’il exigeait mes papiers d’identité?

–      Pourquoi m’arrache-t-on des mains mes papiers d’identité?

–      Pourquoi n’ai-je pas eu droit à deux policiers capables de s’exprimer correctement en français?

–      Pourquoi a-t-on fait semblant de prendre ma carte d’identité et qu’il faille venir la chercher le lendemain au commissariat?

–      De quel droit ces agents se sont-ils permis de faire une remarque non fondée au sujet de mes opinions politiques et de ma famille?

–      Pourquoi l’un des policiers se permet-il de jouer mesquinement à me rendre ou non ma carte d’identité?
J’ai donc ce dimanche tenté de joindre le commissariat de la “Gare du Midi”. Après trois reprises, trois attentes de dix minutes au téléphone, j’ai abandonné.

–      Comment se fait-il qu’il est impossible de joindre un commissariat de police un dimanche toute la journée?

Vous comprenez donc que de tels agissements sont profondément choquants. Que la police – en cas de problème – intervienne, je le conçois, l’accepte et l’approuve totalement. Cependant, que des agents se permettent d’être grossiers, malveillants, insultants et menaçants, je ne peux l’accepter. Ce courriel a donc été envoyé groupe Mrax, “Stop-répression”, au Parti Travailleur Belge et à votre Commissariat de police ainsi qu’à une instance
fédérale.

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