Violences policières : l’impunité comme autorisation.

Ce weekend la presse a relayé un nouveau cas de violence policière. Deux hommes ont été victimes d’une agression violente et homophobe de la part de 5 agents à la sortie du Brussels Summer Festival (BSF). Une fois de plus, on promet à grands cris une enquête. Pourtant, les policiers incriminés sont rarement sanctionnés. Cette impunité ne peut que nourrir une banalisation des excès de la police particulièrement en temps de crise. Pourtant, la ministre Milquet continue de balayer le problème d’un revers de la main.

Vendredi soir les deux hommes sont donc de sortie pour dans le cadre du BSF. Une policière leur fait une remarque. Le ton de la réponse, un peu ironique, des deux hommes énerve les agents. Les policiers se mettent donc à les pousser violemment.

Lorsqu’ils veulent sortir leur téléphone pour filmer, la situation dégénère complétement. Mis au sol et 5 agents les rouent de coups en le « traitant de sale arabe », ils sont alors embarqués dans le combi où ils sont encore tabassés. Les insultes accompagnent les coups : « sales petit PD », « sales ptit gauchiste ». Ils seront retenus plus de 10 h au cachot où on leur refusera l’assistance médicale.

Leur cas n’est pas isolé. Plusieurs cas se sont ainsi retrouvés dans l’actualité bruxelloise récemment. Ainsi il y a moins d’un mois, Arno fête la fin de ses examens. Lorsqu’un policier le pousse en lui disant « dégage connard », il lui demande de rester poli. Il sera tabassé, arrêté, tabassé encore au commissariat, puis relâché sans la moindre explication. Renate 57 ans a été giflée et humiliée par la police à Ixelles en juin. Moad, 14 ans, a lui été tabassé par 5 agents parce qu’il courrait en rue. Dans certains cas, la situation dégénère jusqu’à la mort de la victime. En juillet, Sandro est battu à mort par des policiers. On se souvient tous des images choquantes de Jonathan Jacob, un patient psychiatrique tué en cellule à Anvers en 2011.

A notre connaissance dans aucun des cas cités, les policiers en question n’ont été sanctionnés. Dans le cas de Jonathan Jacob, les policiers sont toujours en fonction deux ans et demi après sa mort. Pour le jeune Moad, l’enquête interne a blanchi les policiers alors que 12 minutes de la vidéo de son arrivée au commissariat ont « disparues ». Le jeune homme est en outre accusé de rébellion par la police même si on voit mal comment un garçon de 14ans, 1m50, 45 kilos, pourrait sérieusement inquiéter 5 agents en uniforme… Cette technique de défense est malheureusement classique de la part des forces de police ; transformant les victimes en coupables.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Les cas de violences policières sont en augmentation continue depuis plus de 5 ans et ce malgré le fait que les statistiques officielles sous évaluent la situation. De plus, les plaintes introduites n’aboutissent presque jamais à une condamnation. A peine 3% des cas selon le comité européen contre la torture (2004). De plus, la clémence est grande. Les sanctions sont légères voire symboliques dans de nombreux cas et dans 32% des cas  les agents condamnés se voient accorder un sursis. C’est 6 fois plus que pour le reste des citoyens. Le comité contre la torture des nations unies questionne d’ailleurs l’indépendance et l’impartialité du comité P (2008).

 Cette impunité ne peut que renforcer les comportements abusifs dans la police. La confiance et l’assurance qu’ils ne risquent rien augmentent avec chaque abus, chaque violence. Dans les quartiers, l’insulte (souvent raciste, sexiste,…) et les baffes font partie du quotidien. Aucune des histoires ci-dessus n’étonne et les gens ne prennent même plus la peine de porter plainte. Les comportements  violents se banalisent et se généralisent.

La ministre Milquet continue d’ignorer le problème, annonçant des enquêtes qui n’aboutissent à rien lorsque l’attention médiatique est trop importante. Elle ne veut pas reconnaitre qu’il existe un problème structurel au sein de la police. Les victimes ne demandent que la vérité et la justice, la ministre préfère protéger les abuseurs en ignorant le problème. Les citoyens sont de plus en plus nombreux à poser une question simple « qui nous protège de la police ? ». Malheureusement la réponse est : « personne, bien au contraire ».

Répondre à une amende administrative pour manifestation « non-autorisée »

Répondre à une amende administrative pour manifestation « non-autorisée »

Nous ne payerons pasLorsque vous recevez une amende administrative la première lettre vous informe que vous êtes susceptibles de recevoir une amende jusqu’à 250€ . Vous avez 15 jours pour contester l’amende.Nous vous proposons une lettre type que vous pouvez adapter à votre cas concret à télécharger en cliquant ici.

Soyez attentif à vérifier que les faits décrits soient corrects. Sachez aussi que les autorités disposent de six mois pour vous adresser l’amende (six mois à partir du PV d’arrestation original) si ce délai est dépassé l’amende n’est pas valide (contestez quand même par sécurité mais le mettre en évidence dans la lettre).

Nous vous invitons aussi à participer à la mobilisation contre ces amendes absurdes et anti-démocratiques en nous contactant sur stop.repression.be@gmail.com.Deux dates sont déjà prévues pour l’instant:

– 18/02 manifestation devant le conseil communal de Bruxelles ville à 18h (évènement FB)
-28/02 réunion ouverte de la plateforme STOP SAC (18h30 4 Rue d’Anderlecht) .

Justice pour Moad

Moad, 14 ans, a été brutalement interpellé par 5 agents alors qu’il courrait dans une rue proche de chez lui. Le jeune garçon a été frappé, menotté, insulté et emmené au commissariat sans le moindre contact avec ses parents. Nous reproduisons ici la lettre de Moad dans laquelle il décrit ce qui lui est arrivé. Les parents sont choqués mais veulent faire confiance aux autorités.  Ils exigent que la justice et la vérité soient rendues. La campagne stop repression exprime tout son soutien aux parents et à Moad. Nous resterons attentifs et disponibles pour soutenir les démarches de la famille.

 

Le 11 janvier 2013 à 18h30, Moad, 14 ans à l’époque, rentre chez lui. Il trottine à une rue de sa maison, entre beekkant et osseghem, lorsqu’une voiture de police noire allume les sirènes derrière lui:

« je croyais qu’ils cherchait quelqu’un, arrivé a mon niveau 5 policier se sont précipité sur moi, ils m’ont insultés de tous les noms. « fils de…, Sale Arabe »,… J’ai paniqué en voyant les policiers avec leurs matraques. Un policier ma frappé avec sa matraque sur l’épaule et je suis tomber parterre.
J’ai eu 2 coups de mattraques 1 sur l’epaule un sur les cotes. En me mettant par terre une policière ma serré les menottes pendant que les autres policier me frappait par terre. Y’avais un policier qui me donner des shot sur mon visage. […]ils m’ont promis que j’allait passé un mauvais quart d’heure en me fouillant il me donnait des coups et des gifles en mettant dans la voiture 2 policiers qui était assis à coté de moi, il m’ont mis des coup de poingt et des gifles a plusieurs reprises. Arrivé a compte de flandres, il se sont arrétés devant un local et il m’on dit que c’était trop gentil là bas, Alors ils m’ont ammené derriere la commune en sortant de la voiture ils m’ont cogné contre le capot de la voiture, […]  »

En plus, alors qu’il est mineur, il est mis en cellule dans la cave du commissariat. C’est via des amis que le fils ainé de la famille sera mis au courant que son frère a été arrêté. C’est lui qui se rend en premier au commissariat et prévient sa mère. Malgré son insistance, la police refuse qu’elle voie ou récupère son fils. Ils affirment que Moad aurait refusé de donner ou montrer sa carte d’identité, ils l’accusent de rébellion et outrage.
Alors qu’elle insiste sur le fait qu’il est mineur, la police lui dit qu’ils arrêtent aussi « des de 12ans ». Elle refuse de quitter le commissariat sans son fils. Le commissaire de police de Molenbeek dit que la mère était « hystérique » et refuse de comprendre. Les policiers affirment qu’ils n’ont pas utilisé leur matraque, qu’ils l’ont « simplement poussé avec la force nécessaire contre le mur »…

Ses parents le reprendront au commissariat en soirée le visage tuméfié et éraflé, l’oreille écorchée, une empreinte de semelle sur l’arrière du crâne… Suite au choc de l’histoire racontée par leur fils, les parents décident de ne rien lacher. Ils ont aussi eu le bon réflexe d’aller immédiatement faire constater les blessures par un médecin avec photos et certificat. Ils ont ensuite pris un avocat pour défendre les intérêts de Moad et porter plainte contre les agents. Pour Moad mais aussi pour tous les jeunes qui doivent subir ce genre de contrôles quotidiennement. Le plus fort c’est que la police dans cette histoire se pose elle-même en victime.

Aussi face à la version de la police, les parents doutent de l’objectivité de l’enquête interne et de l’honnêteté de la version des policiers. Comme souvent la famille demande simplement qu’on reconnaisse la vérité, c’est-à-dire qu’il y a eu une bavure et qu’on agisse en conséquence. Au début, suite aux coups de fil de la commune et en particulier de la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) qui assurait qu’un rapport ferait toute la lumière très vite, la famille annule le rassemblement prévu devant la commune de Molenbeek.

Pourtant, lorsqu’ils sont reçus par la bourgmestre, accompagnés par leur avocat, ils réaliseront qu’il manque 12 minutes sur la vidéo du commissariat. « Nous avons demandé à visionner la vidéo de l’arrivée au commissariat de Moad », dit Me Lurquin. «La scène où il dit avoir eu le visage écrasé sur la porte du sas interne a disparu et le trajet jusqu’à la cellule, qui doit durer 40 secondes, dure 12 minutes selon le minutage qui passe de 18h29 à 18h42. On nous dit que c’est un problème d’horodateur sur l’enregistrement… Un peu court !! ».

Par ailleurs, on leur dira que l’enquête interne est terminée et qu’aucun policier ne sera incriminé. Moad n’a même pas été entendu.

Aïcha Daoudi,la maman, nous informe également que son fils a changé d’école. «Il était devenu une bête de foire. Tout le monde lui posait des questions sur l’affaire », précise la mère qui affirme que son fils continue de faire des cauchemars toutes les nuits. « C’est difficile pour lui. J’ai voulu l’emmener voir un psychologue ».

Dix mois plus tard, Aïcha a toujours peur pour son fils. «Samedi dernier, Moad et son petit frère ont été jouer au parc Marie-José. Sur le chemin, entre le parc des Muses et le parc Marie-José, une voiture noire de la police a suivi mon fils en roulant au pas. Dans la voiture,il y avait un des policiers de l’agression. Ils ont commencé à le narguer et à se moquer de lui »,
«Ce n’est pas la première fois. Peu de temps après l’agression, il avait également croisé les policiers qui avaient alors montré le poing en le voyant (…) ils le narguent et le menacent en rue. Qui me dit qu’ils ne vont pas un jour le tabasser à mort ou le faire disparaître ».

Commence alors une longue bataille judiciaire et politique dans laquelle la famille n’a jamais faibli. elle durera jusqu’en juin 2015. Malgré le fait que le parquet demande le non lieu, le tribunal suit les avocat.e.s de la famille et renvoie les 5 policiers devant le tribunal correctionnel. C’est une première victoire pour la famille. Même si personne n’est condamné, la justice reconnait qu’il y a un problème. Le mercredi 30 Novembre 2016, c’est enfin le jour du procès.
Revue de presse:
http://www.lacapitale.be/677344/article/regions/bruxelles/actualite/2013-03-06/molenbeek-il-manque-12-minutes-dans-la-video-de-la-bavure-presumee-sur-moa
http://www.lacapitale.be/1308043/article/2015-06-10/moad-14-ans-tabasse-alors-qu-il-rentrait-simplement-chez-lui-cinq-policiers-renv

La police tabasse un témoin parce qu’il avait un iPhone

Mourad est électricien chauffagiste. Il vit à Laeken. Le 5 mars, il va écouter un copain qui joue dans un café du quartier. La soirée ce passe bien et sans incidents. Mais à trois heures du matin tout bascule.

En face du café, un homme sort un riot gun. Il vise la façade du café mais heureusement le chargeur est vide. Le partron et les clients appellent la police. Lorsque ceux-ci arrivent sur place. Mourad s’avance avec les autres pour témoigner. Il essaie même d’aider les policiers à retrouver le ‘tireur’.

Fait étrange, les policiers lui demandent de le suivre au commissariat alors que tous les autres témoins restent sur place. Ils lui disent qu’il faut qu’il fasse une déposition. Mourad les suit donc. C’est là que tout dégnère.

Mourad sort son téléphone. Les policiers deviennent agressifs. Ils affirment que Mourad voulait prendre des photos. On peut déjà se demander ou serait le mal. Mourad lui nie de toute façon avoir voulu prendre des photos.

Les insultes et les commentaires fusent. « Il a un Iphone, t’en veux un? » ensuite les coups pleuvent. Ils sont quatre à le passer à tabac. Le visage, le ventre, les bras,… tout y passe. Lorsqu’il demande pourquoi on le frappe, on lui répond qu’il est un « sale arabe ». Son Iphone a été confisqué.

Après encore bien des péripéties, que nous vous relaterons dés que Mourad aura consulté son avocat, Mourad est finalement relâché. Mourad a porté plainte au comité p et au MRAX. En une soirée, Mourad a été visé par une arme à feu, puis tabassé par ceux qu’il pensait être là pour le protéger.

Les faits décrits ici sont d’un extrême gravité mais il sont malheureusement représentatifs d’une réalité de plus en plus criante dans les quartiers. Le racisme et la violence des policiers apparait de moins en moins comme un fait isolé. Au cours de la campagne, nous avons croisé des dizaines de gens qui décrivent des histoires similaires.

La campagne STOP-répression dénonce la brutalité des policiers et les insultes racistes. Le pouvoir des forces de l’ordre signifie que les policiers doivent agir avec responsabilité et justesse dans tous leurs actes. Cet abus de pouvoir illustre une pratique complètement à l’opposé de cette idée. Nous dénonçons aussi la lenteur et la complaisance des services de contrôle et de la justice qui ne prennent absolument pas ces faits au sérieux. En protégeant les officiers violents et/ou racistes c’est tout l’Etat de droit qu’ils mettent en danger.

Pour finir, nous déplorons le silence et la complaisance dont fait preuve le gouvernement. Madame Milquet déploie annonce populiste (comme sa ‘priorité’ sur les armes de collection suite à la tuerie de liège ou les mesures annoncées suite à l’agression d’un superviseur de la STIB) après annonce populiste mais ne semble pas concerné par l’insécurité et la violence dans ces propres services. Il est grand temps de réagir!

En attendant

La campagne se construit et il est clair que les témoignages y joueront un rôle essentiel. Ils prétendent que la violence et la répression n’existent pas, qu’elles sont en général justifiées et parfois accidentelles. La Justice les couvre car il est très difficile de prouver un fait de violence face à une justice hostile. Notre meilleur arme est de rendre visible ce qu’ils veulent cacher.

Il est clair aussi que nous devons développer nos outils avec précaution afin d’éviter les pièges devant nous. Cette partie de la campagne doit donc encore prendre forme. Nous réfléchissons encore sur la façon d’organiser cette partie du site. Mais rassurez-vous, nous y travaillons d’arrache pied.

En attendant vous trouverez ici des faits, des vidéos ou des initiatives mises en place par d’autres. Nous ne sommes pas seuls et de nombreuses personnes et organisations font un travail très sérieux sur ce sujet.

Le gsara a mis en place un site très bien fait. Vous y trouverez des témoignages, des interviews et des informations de fond sur la question de la violence policière. On vous invite à le consulter.

Ci dessous une petite série de vidéos témoignant de faits de violences:

Violences autour des manifestations autour des éléctions congolaises à Matongé: 1

Manifestation indignée à Flagey butte contre la police: 1 2

Alexandre est à une fête à la louvière. Il y a une bagarre. La police arrive. Elle disperse la bagarre. Alexandre ne se sent pas concerné puisqu’il n’a rien a voir avec cette histoire… la police n’était pas du même avis

Nikki indignée espagnole reçoit un coup de pied au visage d’un policier alors qu’elle est assise par terre…avec les mains attachées dans le dos! La première vidéo fera suffisamment pour que le policer soit « sanctionné ». L’affaire judiciaire est toujours en cours.

Une démonstration de comment un agent nerveux peut faire dégénérer une manifestation par ailleurs pacifique.

Des jeunes saint-gillois et un conseiller communal tabassés par la police. Vous avez dit racisme?

Un exemple du racisme qui peut exister dans la police. Des policiers tabassent un détenu en prison en l’obligeant à dire:  » le prophète mahomet est un PD… »: 1 2

Nous ne sommes pas les seuls à agir sur la question: quelques liens.

 Conférence de presse de la ligue des droits de l’homme sur la violence croissante dans la police

Répression à l’euromanifestation du 29 septembre 2010: 1

Les activistes de Désobéissance Civile Belgique déploient un banderole du haut d’une grue et du haut du palais de justice de bruxelles

Première manifestation contre la violence policière en 2010: 1 2