Temoignage J. frappé par un agent pour avoir fait « santé » !

Temoignage J. frappé par un agent pour avoir fait « santé » !

La victime à préféré rester anonyme. Nous avons modifié certains détails de l’histoire afin de de préserver son anonymat. Toutefois les faits sont fidèles à son témoignage. Les faits datent de l’automne 2013.

Samedi soir, je vais au restaurant avec mes beaux parents. Ma compagne décide de rentrer par après. Moi je décide de sortir pour boire encore un verre avec des potes. On va dans une boite sur l’avenue louise. On boit deux verres de Vodka (une bouteille à cinq).Au moment de rentrer, mon ami veut me redéposer en voiture. Je lui dis non car il a bu. Je vais rentrer en métro de Louise à Botanique.

J’ai un ami qui a un café dans une des rues près de la rue d’Aerschot. Je veux aller boire un dernier verre chez lui, mais le Café est fermé. Le café est dans le bas de Schaerbeek, je passe donc par la rue d’Aerschot, comme je le fais d’habitude, pour rentrer chez moi.

Je sympathise avec un mec près d’un night shop. J’étais de très bonne humeur. J’ai même appelé ma femme qui m’a fait remarquer que j’étais de très bonne humeur. Il suffirait de vérifier les vidéos du night shop. J’étais pas amoché et absolument pas énervé.

Là on marche un peu. On croise une patrouille. Ils nous interpellent :

–       « vous ne pouvez pas consommer d’alcool sur la voie publique ». (Je bois une cannette de wisky)

Un peu étonné, je fais un geste « santé » à l’agent. Il me parle, donc je m’approche de la voiture. Du coup, ils sortent. Ils ont l’air très nerveux. Je recule en lui disant que je vais vider ma cannette. Ils me disent que c’est trop tard :

–       « viens avec nous petit con ».

Il me font clés de bras et me propulsent le visage en avant contre une façade. Je suis complètement sonné et surpris. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Ils m’embarquent dans la voiture.DSC06030 flou

Dans la voiture, ils me fouillent et prennent ma carte d’identité. Je leur dis que je suis orphelin de père. La tout d’un coup, les policiers me parlent de ma mère. Je suis un peu surpris, je ne l’ai plus vue depuis 15 ans. Ils me disent qu’ils la connaissent, me donnent son nom. Ils l’insultent, me disent que c’est une « grosse pute »… Je suis un enfant des homes, je me suis débrouillé tout seul. Je ne me laisse pas impressionner et je lui dis :

–       « ah bon tu savais pas ? ».

Là sans avertissement. L’agent se retourne et me met un coup de poing dans le plexus. Apres les coups pleuvent de partout. Je suis dans la voiture et menotté dans le dos, je peux rien faire sauf attendre que ça s’arrête. Ils m’amènent de force à l’hôpital.

Une fois arrivé à l’hôpital, je suis assez énervé, vu les coups que j’ai reçu. Je veux pas qu’on me soigne, je veux pas qu’on cache mes blessures. Du coup, on me force à faire une prise de sang. Apres ils reviennent avec une piqure. Je ne sais pas ce que c’est, je veux pas qu’on m’injecte quelque chose. L’agent me fait une nouvelle clés de bras pour me forcer à recevoir l’injection.

Je comprends pas ce qui m’arrive, c’est comme un cauchemar. Tout ca pour une cannette. J’ai déjà fait des bêtises dans le passé et je les ai toujours assumé. Je n’arrête pas de leur dire :

–       « mais j’ai rien fait, j’ai rien fait ».

Quand l’infirmière sort de la salle, les policiers m’insultent et m’intimident. Ils cherchent à m’énerver pour que quand l’infirmière revienne, je sois bien nerveux. Je supplie les infirmières et les médecins de ne pas les laisser m’emmener :

–       « vous voyez bien dans quel état il m’ont mis ».

Je suis en chemise, elle est à moitié arrachée. Le personnel soignant me regarde comme si j’étais fou. Les seuls qui ont l’air de comprendre ce que je vis, c’est le personnel de nettoyage. Je vois dans leur regard que « dans les quartiers, on connait ce que tu vis ».DSC06033

Comment c’est possible que dans un hôpital, on voit quelqu’un de tellement paniqué et qu’on intervient pas. J’aurais franchement préféré qu’ils me mettent en psychiatrie plutôt que de me laisser repartir avec ces deux fous. Je crie en demandant qu’on ne me laisse pas avec ces fous et eux me tirent dans la voiture.

Dans la voiture, celui qui est assis à coté de moi continue à me frapper. Je leur dis :

– « vous avez raison, je suis un con, une pute…»

Ils m’emmènent à Madou au commissariat. Je suis assez agité, du coup, ils ramènent des collègues et un gradé. Ils expliquent que c’est parce que je suis agité pour essayer de justifier les coups. Moi , j’essaye de parler aux autres agents :

–       « je suis un citoyen, j’ai rien fait. Pourquoi vous laisser faire ca »

L’officier ne me regarde même pas et m’envoie en cellule. Ils ne se sont pas intéressés par ce qui s’est passé. J’hallucine. Je suis en colère. Je les menace de contacter la presse et de raconter tout ce qu’ils m’ont fait. Ils sont à sept ou huit autour de moi à se moquer et à m’insulter. Il y a quand même un agent qui se comporte de façon humaine et respectueuse avec moi ; il me rassure et me calme. Je lui suis reconnaissant et le traite avec respect en retour. il va me chercher une boisson. Je lui dis merci.

DSC06032 flouLes deux agents m’accompagnent au cachot en me disant que je vais rester 48h en cellule. Je rentre dans la cellule.

–       Le policier me dit :« à poil »,

–      « ah tu vas me faire des flexions. »

Je trouve ca dégradant, tu bois une cannette et tu te retrouves à poil. Du coup, je lui fais bien voir et je lui demande s’il aime ça.

Une fois seul dans la cellule, j’essaie de comprendre ce qui m’arrive. Je suis complètement halluciné en cellule, c’est un truc de fou. Je suis tellement en colère, je frappe sur la porte, … je n’en reviens pas… tout ca pour une cannette.

Je veux voir un médecin. Je mets mon t-shirt sur la caméra pour qu’ils viennent en cellule. Ils me disent que j’ai pas voulu à l’hôpital et donc tant pis. J’ai une énorme boule sur le poignet à cause des menottes. Je vois trouble parce que mon œil est gonflé. J’ai des bleus énormes sur le torse. On voit les doigts du policier sur mes biceps. Je toujours fais beaucoup de sport. J’ai déjà fait de grosses chutes et pris de coups, mais j’ai rarement eu des blessures comme ca !

Sept heures plus tard, le dimanche après –midi, je suis entendu par une inspectrice. Je lui raconte ce qui s’est passé. Je trouve que dans son PV, elle sélectionne des morceaux de l’histoire, pour mieux m’incriminer. Je lui dis que je ne veux pas signer ce document, qu’il manque des éléments. Elle me dit que c’est pas grave. Par exemple, lorsque je lui explique que j’ai fait « santé », elle écrit « a fait un geste vers les agents avec la canette». On peut interpréter cette phrase comme on veut. Elle me dit que si je ne signe pas, je retourne en cellule.DSC06034

Pendant l’interview une agente de l’accueil passe sa tête dans le bureau. Je lui dit que je la reconnais de la nuit (elle me fusille du regard) et elle me dit que je suis un frustré. J’en peux plus, même sept heures plus tard ca continue. Je veux sortir de ce cauchemar, quitter cette maison de fous et donc je signe. Je ne peux pas rester là plus longtemps.

C’est tellement surréaliste que j’ai du mal à me souvenir de tout ce qui s’est passé dans le commissariat. Il me fallu plus de 24h pour reprendre mes esprit. Ce n’est que lundi soir que j’arriverai à nouveau à manger tellement j’étais choqué. J’ai pas su manger jusque au lundi soir tellement je suis choqué. Je recommence à fumer, c’est réellement un choc de voir des policiers se comporter comme ca. Y a pas de mots pour décrire comment on se sent, on se demande comment c’est possible que ces gens sont sensés représenter la loi et sont responsables de la protection des gens.

DSC06031 flouQuand j’ai voulu porter plainte, j’ai été confronté à un mur heureusement que des amis m’ont soutenu. Et que j’ai pu savoir comment porter plainte et me faire entendre. J’ai pris un avocat.

Lorsque j’ai appelé le comité P, ils m’ont dit de télécharger le formulaire. Quand j’ai essayé, ça ne fonctionnait pas. Ils m’ont dit de venir ou d’aller dans un autre commissariat de quartier. En me disant que de toute façon ca prendrait des semaines. Bref, ils n’avaient franchement pas envie de m’aider. J’ai donc été dans mon commissariat de quartier. Ils m’ont fixé un rendez-vous au contrôle interne.

Mais la folie ne s’est pas arrêtée ce soir là. Je me retrouve aujourd’hui accusé plutôt que victime : je suis accusé de rébellion et de menaces (je les ai menacé de passer sur RTL-TVI et dans la DH). Non seulement je passe de la position de victime à celle de présumé coupable, mais en plus la police me convoque dans le même commissariat. Il était évidemment hors de question de remettre les pieds là-bas. Lorsque j’ai été entendu par le contrôle interne de la police, j’ai demandé à être entendu ailleurs. Ils n’ont jamais donné suite alors qu’ils avaient promis de m’appeler. Mon avocat a donc exigé à ce que je sois entendu ailleurs. J’attend des nouvelles depuis.

D19-20: témoignages des arrétés

Voici le témoignage de l’arrestation et surtout du passage en cellule des manifestants arrétés pour avoir essayé de bloquer pacifiquement le carrefour Cortenberg et rue de la joyeuse entrée lors du blocage du sommet européen du 19 décembre dernier. Ceci n’est qu’un premier rassemblement de témoignages, il ne prétend pas être complet ni définitif. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos témoignages.

« Après la dissolution du bloc de manifestants pacifiques, nous nous sommes presque tous retournés dans le parc. Nous étions pris au piège, des policiers en civil ou en uniformes nous traquaient dans le parc et avaient sans doute reçu l’ordre d’arrêter toutes les personnes qui le retraversaient. J’avais l’impression que nous étions du gibier sur un terrain de chasse.

Derrière moi, plusieurs policiers en civil frappaient à l’aide d’une branche, un garçon qui avait tenté de leur échapper. M’étant tordu le pied en sautant un muret, j’ai décidé de m’arrêter et de m’assoir tranquillement au sol. Des policiers sont passés et ne m’ont même pas vu. Un autre s’est approché de moi et a procédé à l’arrestation. Il m’a ensuite amenée prés des autres, compressés contre les murs par les boucliers des autres agents.

Un des manifestants faisait de la « résistance passive » il se laissait faire comme une poupée désarticulée, obligeant les policiers à le porter. Cela a fort énervé un commissaire de police bruxellois bien connu. Alors que l’homme était par terre et colçonné dans le dos, il l’a étranglé pendant plusieurs dizaine de secondes, devant des policiers qui regardaient ailleurs et des militants attachés qui criaient impuissants.

Un peu avant 15h, on nous ensuite fait monter dans le bus, direction les casernes d’Etterbeek.
Au départ nous étions environ 35 filles dans une cellule. Si nous voulions aller aux toilettes, on nous disait qu’il fallait attendre. La première information que nous avions reçu était qu’ils pourraient sans doute nous rendre notre liberté vers 22H, « le temps que le sommet se finissent et d’enregistrer tout le monde ». Ils nous ont pris toutes nos affaires et séparées en différentes cellules, celles-ci encore plus froides que la précédente. Ils avaient en effet coupé les chauffages. Dans certaines cellules, lorsque nous nous sommes plaints, les policiers ont coupé les lumières..

Les policiers passaient de temps autre, pour nous ignorer, nous insulter, ou nous faire des saluts nazis, la tête cagoulée. En effet, aux alentours de minuit, un policier gardant la caserne a déposé un téléphone portable devant les cellules 7 et 8. Un chant aux accents profondément nationalistes, me semble-il allemands, sortait de l’appareil. Le chant terminé, le policier venu ramasser son bien, salua les détenus d’un salut nazi. De nombreux camarades en sont témoins et attesteront de cet acte plus que scandaleux. De même, cet homme réitéra le geste devant la cellule des filles. Il reviendra plus tard, cagoule avec un brassard en papier aux couleurs du troisième reich. Bien que cet acte soit choquant en soi, ce qui me frappe le plus, ce sont les autres policiers ne réagissant pas, certains rigolaient ouvertement. Si un policier immisce des idées néonazies sans réaction réfractaire dans une caserne de police.

Encore une fois, lorsque nous demandions pour aller aux toilettes, on nous répondait qu’il n’y avait pas assez d’effectif dans la caserne pour le moment pour pouvoir assurer une surveillance aux toilettes. Après avoir réitérer la demande à plusieurs reprises avec des réponses toutes les plus irrespectueuses les unes que les autres (« Ta gueule salope »,…)  ils ont décidé que 22h30 était une belle heure pour nous emmener aux toilettes, un peu après qu’une d’entre nous ait été obligée de se soulager dans un coin de la cellule.

Nous avons aussi appris que le commissaire voulait nous garder plus longtemps que ^prévu et déciderait de nous relâcher après le dernier passage des transports en commun.
Pour passer le temps, nous discutions, chantions, jouions avec nos bouteilles d’eaux vides,…On allait pas se laisser impressionner !

Peu après minuit 30, ils appelèrent les premières d’entre nous pour nous libérer. J’étais la dernière dans la cellule, j’ai regagné le bus, vers une heure. Nous, les filles, avons été relâchées à Porte de Hall, en plein milieu de tout, après une heure trente du matin. Un peu plus tard, nous recevions des nouvelles des garçons ayant été libérés du coté de la place Flagey. »

Frappé et arrété pour avoir demandé un peu de respect à un agent

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Video du témoignage d’Arno et d’un de ses amis présents

Arno rentrait d’avoir fêté la fin de ses examens avec quelques amis. Il s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais endroit. Deux personnes se disputaient, une vingtaine de policiers débarquent sur les lieux. Arno se trouve sur la route d’un des agents. Le policier le pousse en lui disant: « dégage connard ». Arno lui répond qu’en tant qu’agent en focntion, il n’a pas de raison de lui parler comme ca.

A partir de là la situation dégénère. L’agent lui donne un coup de pied, ses collègues l’attrapent par derriere et le plaquent au sol. les coups pleuvent. Ses amis assistent impuissants à la scène. Arno sera emmené au commissariat où il aura encore droit à des coups et des insultes. On lui fera même la morale, en lui expliquant que c’était de sa faute et qu’il n’aurait pas du manquer de respect à l’agent.

Arno a porté plainte au comité P après avoir fait constaté ces blessures. Il est déjà clair que le comité P classera l’affaire sans suite comme d’habitude. De plus, Arno a maintenant découvert que la police l’accuse de rébellion (c’est la défense classique des forces de l’ordre dans ce gerne de situation). La victime se transforme en accusé.

Arno est décidé a ne pas se laisser faire. Il exige qu’on restaure la vérité dans cette histoire. Comme moad, mourad et tant d’autres, il demande que justice soit faite et que les coupables soient punis. Malheureusement, la violence policière reste un fait quotidien dans les quartiers bruxellois et la politique d’impunité des communes et de la ministre Milquet ne fait que renforcer la violence. Il est conscient que cela va demander une longue mobilisation et que ça ne sera pas facile, il a déja commencé a s’organiser et peut compter sur le soutien de sa famille, ses amis et de nombreux témoins.

STOP à l’impunité, STOP aux violences policières

Justice et vérité pour toutes les victimes!

Justice pour Moad

Moad, 14 ans, a été brutalement interpellé par 5 agents alors qu’il courrait dans une rue proche de chez lui. Le jeune garçon a été frappé, menotté, insulté et emmené au commissariat sans le moindre contact avec ses parents. Nous reproduisons ici la lettre de Moad dans laquelle il décrit ce qui lui est arrivé. Les parents sont choqués mais veulent faire confiance aux autorités.  Ils exigent que la justice et la vérité soient rendues. La campagne stop repression exprime tout son soutien aux parents et à Moad. Nous resterons attentifs et disponibles pour soutenir les démarches de la famille.

 

Le 11 janvier 2013 à 18h30, Moad, 14 ans à l’époque, rentre chez lui. Il trottine à une rue de sa maison, entre beekkant et osseghem, lorsqu’une voiture de police noire allume les sirènes derrière lui:

« je croyais qu’ils cherchait quelqu’un, arrivé a mon niveau 5 policier se sont précipité sur moi, ils m’ont insultés de tous les noms. « fils de…, Sale Arabe »,… J’ai paniqué en voyant les policiers avec leurs matraques. Un policier ma frappé avec sa matraque sur l’épaule et je suis tomber parterre.
J’ai eu 2 coups de mattraques 1 sur l’epaule un sur les cotes. En me mettant par terre une policière ma serré les menottes pendant que les autres policier me frappait par terre. Y’avais un policier qui me donner des shot sur mon visage. […]ils m’ont promis que j’allait passé un mauvais quart d’heure en me fouillant il me donnait des coups et des gifles en mettant dans la voiture 2 policiers qui était assis à coté de moi, il m’ont mis des coup de poingt et des gifles a plusieurs reprises. Arrivé a compte de flandres, il se sont arrétés devant un local et il m’on dit que c’était trop gentil là bas, Alors ils m’ont ammené derriere la commune en sortant de la voiture ils m’ont cogné contre le capot de la voiture, […]  »

En plus, alors qu’il est mineur, il est mis en cellule dans la cave du commissariat. C’est via des amis que le fils ainé de la famille sera mis au courant que son frère a été arrêté. C’est lui qui se rend en premier au commissariat et prévient sa mère. Malgré son insistance, la police refuse qu’elle voie ou récupère son fils. Ils affirment que Moad aurait refusé de donner ou montrer sa carte d’identité, ils l’accusent de rébellion et outrage.
Alors qu’elle insiste sur le fait qu’il est mineur, la police lui dit qu’ils arrêtent aussi « des de 12ans ». Elle refuse de quitter le commissariat sans son fils. Le commissaire de police de Molenbeek dit que la mère était « hystérique » et refuse de comprendre. Les policiers affirment qu’ils n’ont pas utilisé leur matraque, qu’ils l’ont « simplement poussé avec la force nécessaire contre le mur »…

Ses parents le reprendront au commissariat en soirée le visage tuméfié et éraflé, l’oreille écorchée, une empreinte de semelle sur l’arrière du crâne… Suite au choc de l’histoire racontée par leur fils, les parents décident de ne rien lacher. Ils ont aussi eu le bon réflexe d’aller immédiatement faire constater les blessures par un médecin avec photos et certificat. Ils ont ensuite pris un avocat pour défendre les intérêts de Moad et porter plainte contre les agents. Pour Moad mais aussi pour tous les jeunes qui doivent subir ce genre de contrôles quotidiennement. Le plus fort c’est que la police dans cette histoire se pose elle-même en victime.

Aussi face à la version de la police, les parents doutent de l’objectivité de l’enquête interne et de l’honnêteté de la version des policiers. Comme souvent la famille demande simplement qu’on reconnaisse la vérité, c’est-à-dire qu’il y a eu une bavure et qu’on agisse en conséquence. Au début, suite aux coups de fil de la commune et en particulier de la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) qui assurait qu’un rapport ferait toute la lumière très vite, la famille annule le rassemblement prévu devant la commune de Molenbeek.

Pourtant, lorsqu’ils sont reçus par la bourgmestre, accompagnés par leur avocat, ils réaliseront qu’il manque 12 minutes sur la vidéo du commissariat. « Nous avons demandé à visionner la vidéo de l’arrivée au commissariat de Moad », dit Me Lurquin. «La scène où il dit avoir eu le visage écrasé sur la porte du sas interne a disparu et le trajet jusqu’à la cellule, qui doit durer 40 secondes, dure 12 minutes selon le minutage qui passe de 18h29 à 18h42. On nous dit que c’est un problème d’horodateur sur l’enregistrement… Un peu court !! ».

Par ailleurs, on leur dira que l’enquête interne est terminée et qu’aucun policier ne sera incriminé. Moad n’a même pas été entendu.

Aïcha Daoudi,la maman, nous informe également que son fils a changé d’école. «Il était devenu une bête de foire. Tout le monde lui posait des questions sur l’affaire », précise la mère qui affirme que son fils continue de faire des cauchemars toutes les nuits. « C’est difficile pour lui. J’ai voulu l’emmener voir un psychologue ».

Dix mois plus tard, Aïcha a toujours peur pour son fils. «Samedi dernier, Moad et son petit frère ont été jouer au parc Marie-José. Sur le chemin, entre le parc des Muses et le parc Marie-José, une voiture noire de la police a suivi mon fils en roulant au pas. Dans la voiture,il y avait un des policiers de l’agression. Ils ont commencé à le narguer et à se moquer de lui »,
«Ce n’est pas la première fois. Peu de temps après l’agression, il avait également croisé les policiers qui avaient alors montré le poing en le voyant (…) ils le narguent et le menacent en rue. Qui me dit qu’ils ne vont pas un jour le tabasser à mort ou le faire disparaître ».

Commence alors une longue bataille judiciaire et politique dans laquelle la famille n’a jamais faibli. elle durera jusqu’en juin 2015. Malgré le fait que le parquet demande le non lieu, le tribunal suit les avocat.e.s de la famille et renvoie les 5 policiers devant le tribunal correctionnel. C’est une première victoire pour la famille. Même si personne n’est condamné, la justice reconnait qu’il y a un problème. Le mercredi 30 Novembre 2016, c’est enfin le jour du procès.
Revue de presse:
http://www.lacapitale.be/677344/article/regions/bruxelles/actualite/2013-03-06/molenbeek-il-manque-12-minutes-dans-la-video-de-la-bavure-presumee-sur-moa
http://www.lacapitale.be/1308043/article/2015-06-10/moad-14-ans-tabasse-alors-qu-il-rentrait-simplement-chez-lui-cinq-policiers-renv

Intimidation policière

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi par la présente de vous exprimer le profond désarroi dans lequel je suis plongé depuis la nuit de samedi à dimanche [nuit du 11/08 au 12/08/13]. Au cours de cette nuit, aux alentours de quatre heures du matin, deux policiers, munis de gilets pare-balles, ont pénétré dans mon appartement pour cause de deux plaintes (selon leurs dires) reçues à leur centrale téléphonique. Cette soirée, j’ai effectivement organisé une fête chez moi en raison de mon départ imminent pour le Canada. Que la musique ait dérangé mes voisins, j’en suis conscient. Et, bien que tous prévenus longtemps à l’avance, je n’incrimine personne d’avoir fait appel au service d’ordre.

La raison de ce courriel provient du fait suivant:

Les deux policiers ont forcé l’un de mes invités à les laisser entrer dans mon appartement. Ceux-ci ont donc fait un tour du salon, scruter chaque personne. Ayant été prévenu, je vais à leur rencontre et leur demande de bien vouloir me suivre sur le palier pour discuter. Ceux-ci refusent, je leur répète qu’ils sont chez moi et que je tiens à discuter en dehors de mon domicile avec eux.

Finalement ils acceptent de me suivre. Le premier se positionne alors devant ma porte d’entrée de sorte que je ne peux plus rentrer chez moi; le deuxième se tient à moins de cinquante centimètres de ma personne.

Les deux policiers me reprochent le fait de leur avoir demandé de sortir de chez moi, arguant qu’ils ne sont pas là pour créer des problèmes. Je leur dis et leur répète que j’en suis persuadé mais que leur présence chez moi n’est pas désirée.

Sur ce, l’un des deux me menace en me répétant violemment que s’il le désire, il peut me mettre sur le sol, me menotter et me conduire au poste de police. J’insiste sur le fait qu’il n’y a aucune raison à un tel acte.
Le deuxième policier me demande alors mes papiers d’identité. Je lui dis que je veux bien les présenter mais pour cela il me faut rentrer dans mon appartement pour prendre mon portefeuille. Celui-ci refuse de me laisser entrer. Je fais un pas et, vu qu’il est devant la porte d’entrée, je le frôle pour atteindre la poignée. Le policier me dit que si je le touche une fois de plus, il me passera les menottes. Finalement, au terme de trois minutes de discussions, il veut bien me laisser rentrer chez moi. Je reviens sur le palier avec mon portefeuille et ma carte d’identité.
Un des deux policiers me dit alors qu’il n’en a pas besoin. Il exige cependant de voir mon contrat de bail. Je lui dis que j’en possède pas, étant propriétaire de mon appartement. Il m’arrache ma carte d’identité des mains et
vérifie mon identité. Pendant ce temps, son collègue me dit quelque chose dans un français incorrect. Je ne comprends aucunement ses paroles et lui demande poliment de répéter. Celui s’en offusque et dit à son collègue qu’il est temps de partir, que je devrai venir chercher ma carte d’identité au commissariat.

Je tente de les raisonner, de leur demander d’être plus compréhensif. Et sur ce, l’un des deux m’insulte de “sale gauchiste” et de “fils à papa”. Je réponds donc que chacun a droit d’avoir ses propres opinions politiques et que je ne me permettrais aucunement de les juger en fonction de leur vote. Quant à la seconde insulte, je n’y vois aucune raison.
Au terme de ces quelques paroles, je prie encore le policier de me render ma carte d’identité. Celui-ci fait mine de me la rendre mais la retire aussitôt de mes mains. Ce petit jeu mesquin dure quelques minutes.

–      Finalement les deux policiers s’en vont. Vous comprenez qu’une telle situation est particulièrement fâcheuse pour plusieurs raisons:

–      Pourquoi deux policiers se permettent-ils d’entrer chez moi et ne demandent pas à voir le propriétaire ou locataire pour lui parler?

–      Pourquoi ces deux policiers se sont-ils offusqués lorsque je leur ai demandé de sortir de chez moi pour parler sur le palier?

–      Pourquoi m’a-t-on menacé d’être menotté et conduit au poste?

–      Pourquoi l’un des policiers s’était-il permis de m’empêcher d’accéder à mon domicile alors qu’il exigeait mes papiers d’identité?

–      Pourquoi m’arrache-t-on des mains mes papiers d’identité?

–      Pourquoi n’ai-je pas eu droit à deux policiers capables de s’exprimer correctement en français?

–      Pourquoi a-t-on fait semblant de prendre ma carte d’identité et qu’il faille venir la chercher le lendemain au commissariat?

–      De quel droit ces agents se sont-ils permis de faire une remarque non fondée au sujet de mes opinions politiques et de ma famille?

–      Pourquoi l’un des policiers se permet-il de jouer mesquinement à me rendre ou non ma carte d’identité?
J’ai donc ce dimanche tenté de joindre le commissariat de la “Gare du Midi”. Après trois reprises, trois attentes de dix minutes au téléphone, j’ai abandonné.

–      Comment se fait-il qu’il est impossible de joindre un commissariat de police un dimanche toute la journée?

Vous comprenez donc que de tels agissements sont profondément choquants. Que la police – en cas de problème – intervienne, je le conçois, l’accepte et l’approuve totalement. Cependant, que des agents se permettent d’être grossiers, malveillants, insultants et menaçants, je ne peux l’accepter. Ce courriel a donc été envoyé groupe Mrax, “Stop-répression”, au Parti Travailleur Belge et à votre Commissariat de police ainsi qu’à une instance
fédérale.

Violence homophobe dans la zone de police HAZODI (hasselt)

(transcritpion du témoignage de la victime)

Un homme de St.-Trond, Tim Hermans (33 ans) a déposé plainte au comité P contre un agent de la zone de  police HAZODI. “Quand l’homme m’a enfermé au cachot, j’ai reçu un coup de poing dans mon visage” raconte Tim, qui est incapacité de travail pour encore une semaine au minimum.
“A cause de ce coup j’ai volé quelque mètres en arrière. La, ils m’ont emprisonné avec deux dents cassées et un genou blessé. J’ai craché le reste de mes dents cassées dans la toilette.
La police de Hasselt a formellement nié qu’un agent ait utilisé la violence.
Tim a été arrêté par la police de Hasselt suite à une intervention pour suspicion de vandalisme au café gay de Miss Bambi à Hasselt. Tim et son copain sont sortis pour fumer une cigarette lorsqu’ils se sont retrouvés « enfermés » dehors avec leurs boissons. Afin d’attirer l’attention du barman sur le fait qu’il laissaient leur verre sur la terrasse, il a toqué à le fenêtre. La fenêtre s’est effondrée.
(détail technique: une fenetre a double vitrage a un espace sous vide entre les deux vitres. Lorsqu’une fenetre comme celle-là se casse, ce vide cause une petite « explosion » qui détruit les vitres des deux cotés. Or, dans ce cas-ci, seul une vitre s’est brisée ce qui indique qu’elle était déjà abimée. Il faut encore ajouter que briser une fenetre à double vitrage demande une force considérable qui laisse inévitablement des traces sur la main en question, ce qui n’est pas le cas ici.)
Une patrouille de police de la zone HAZODI a arrêté le couple et les a emmenés au commissariat.
Tim a été trainé au cachot, et est poussé dans la cellule avec un coup puissant entre les épaules. Il se retourne pour protester contre cette violence inutile du policier. Celui-ci le frappe au visage, le catapultant en arrière contre la parois de la cellule se brisant les dents avant. Le policier ajoutera encore un coup de  bottines contre le genoux en ajoutant « sale PD ». Tim n’est pas un petit homme, les coups ont donc du être brutaux.
Il demande alors à voir un médecin pour le soigner, demande qui est refusée par les agents ainsi que celle d’un avocat. Ce dernier refus étant complètement contradictoire les droits de Tim en vertu de la nouvelle loi Salduz. Sans soins ni anti douleurs ni contact avec son avocat, Tim restera enfermé seul pendant 7h. Ceux d’entre nous qui ont déjà eu une dent brisée savent quels douleur les nerfs mis à nu peuvent causer. Il semble donc raisonnable de parler de maltraitante physique et psychique dans ce cas.
7 heures plus tard Tim peut disposer et quitter le commissariat. Le PV ne fait pas mention des faits clairement homophobes survenus en cellule. Un médecin a constaté la maltraitante et l’incapacité de travail qui s’en est suivi. Tim a des difficultés à marcher, parler et manger.
Depuis il a surtout dormi. Il est angoissé à l’idée de se promener encore en public avec son petit ami puisque même la police ne semble pas tolérer qu’on soit ouvertement homosexuel. Il crains donc les réactions et a perdu toute confiance en la police. Il lui a fallu plusieurs jours pour vaincre sa peur et parler de cette histoire autour de lui.
La police a complètement dépassé les bornes. Ce n’est pas a eux de faire les lois, il ne sont pas libres de se comporter n’importe comment. Il doivent en principe être formés à minimiser l’utilisation de la violence et à respecter les droits de tous sans poser des actes qui causent des réactions. Tim est par ailleurs connu comme une personne douce, jamais violente et qui s’énerve pratiquement jamais.
La police de la zone HAZODI est par contre connue comme agressive, sans trop s’encombrer de la loi. je fais notamment référence à la violence utilisée lors de l’évacuation des squats tels que la villa ‘krakelbont’ au début de l’année  ainsi qu’au différents scandales dans lesquels ce corps est empêtré.

 

http://www.hbvl.be/limburg/sint-truiden/tanden-kwijt-na-vuistslag-agent.aspx

 

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