Défendre les droits sociaux de ses affiliés, pas soutenir l’insoutenable !

La publication des images, par la VRT, de la mort de Jonathan Jacob en cellule la semaine dernière, le SLFP-police a publié un communiqué dans lequel il exprime, non seulement, son soutien aux policiers incriminés mais aussi aux moyens mis en œuvre.

Nos organisations de jeunesse ne pouvaient pas rester silencieuses face à cette prise de position radicale et extrêmement dérangeante. Nous sommes actifs depuis un moment au sein de la campagne stop répression et nous sommes confrontés tous les jours à des victimes de violences policières.

Le contenu du communiqué de la SLFP s’articule autour de deux thèmes, d’une part « les policiers n’ont fait qu’obéir aux ordres et suivre la procédure » et les vrais responsables sont le magistrat et médecin. Cette logique déresponsabilisante est dangereuse et au cœur d’une vision du policier qui alimente la violence dans la société.

Il est évident qu’il y a des responsabilités à d’autres niveaux et que des questions de procédure et de méthodes plus générales doivent être posées. Mais, le rôle d’un syndicat est de défendre les droits sociaux de ses affiliés. La SLFP prend ici une position qui soutien l’insoutenable. Le policier ne peut pas être un robot qui exécute des procédures sans penser aux conséquences de ses actes. Comme tout citoyen, si pas plus, il doit être attentif au respect des lois et à garantir le bien-être de tous !

L’argument du SLFP quant au nombre de policiers victimes par rapport aux policiers violents pose question. En effet, les poursuites dans le premier cas sont très dures (exemple : une jeune militant condamné pour rébellion armé, parce qu’il avait une baguette de tambour) alors que dans le second, rares sont ceux qui portent plainte. Pour ceux qui le font, à peine 15% des cas sont examinés (moins encore sont sanctionnés et souvent très faiblement) par une autorité dont l’indépendance et la transparence sont plus que remises en question.

Il nous semble très problématique de justifier les abus de certains agents en disant qu’il y a plus de citoyens agressifs. Même si les chiffres avancés étaient probants, cela ne justifie en rien l’usage d’une grenade et l’acharnement de toute une unité sur une personne souffrant de problèmes mentaux dans un espace confiné de moins de 10m2. De plus, Jonathan Jacob n’avait, faut il le rappeler, rien fait de mal…

Nous voulons donc interpeller la SLFP quant à sa prise de position. Nous considérons que l’organisation syndicale prend ici une position dangereuse car renforçant la déresponsabilisation des policiers face à leurs actions. Dans un contexte d’impunité importante des abus, on est à la limite de la promotion de la violence policière et bien loin de la défense des droits sociaux des policiers.

Chaque violence est un abus !

                                     JOC Bruxelles                            Section bruxelloise des jeunes FGTB

Justice pour Moad

Moad, 14 ans, a été brutalement interpellé par 5 agents alors qu’il courrait dans une rue proche de chez lui. Le jeune garçon a été frappé, menotté, insulté et emmené au commissariat sans le moindre contact avec ses parents. Nous reproduisons ici la lettre de Moad dans laquelle il décrit ce qui lui est arrivé. Les parents sont choqués mais veulent faire confiance aux autorités.  Ils exigent que la justice et la vérité soient rendues. La campagne stop repression exprime tout son soutien aux parents et à Moad. Nous resterons attentifs et disponibles pour soutenir les démarches de la famille.

 

Le 11 janvier 2013 à 18h30, Moad, 14 ans à l’époque, rentre chez lui. Il trottine à une rue de sa maison, entre beekkant et osseghem, lorsqu’une voiture de police noire allume les sirènes derrière lui:

« je croyais qu’ils cherchait quelqu’un, arrivé a mon niveau 5 policier se sont précipité sur moi, ils m’ont insultés de tous les noms. « fils de…, Sale Arabe »,… J’ai paniqué en voyant les policiers avec leurs matraques. Un policier ma frappé avec sa matraque sur l’épaule et je suis tomber parterre.
J’ai eu 2 coups de mattraques 1 sur l’epaule un sur les cotes. En me mettant par terre une policière ma serré les menottes pendant que les autres policier me frappait par terre. Y’avais un policier qui me donner des shot sur mon visage. […]ils m’ont promis que j’allait passé un mauvais quart d’heure en me fouillant il me donnait des coups et des gifles en mettant dans la voiture 2 policiers qui était assis à coté de moi, il m’ont mis des coup de poingt et des gifles a plusieurs reprises. Arrivé a compte de flandres, il se sont arrétés devant un local et il m’on dit que c’était trop gentil là bas, Alors ils m’ont ammené derriere la commune en sortant de la voiture ils m’ont cogné contre le capot de la voiture, […]  »

En plus, alors qu’il est mineur, il est mis en cellule dans la cave du commissariat. C’est via des amis que le fils ainé de la famille sera mis au courant que son frère a été arrêté. C’est lui qui se rend en premier au commissariat et prévient sa mère. Malgré son insistance, la police refuse qu’elle voie ou récupère son fils. Ils affirment que Moad aurait refusé de donner ou montrer sa carte d’identité, ils l’accusent de rébellion et outrage.
Alors qu’elle insiste sur le fait qu’il est mineur, la police lui dit qu’ils arrêtent aussi « des de 12ans ». Elle refuse de quitter le commissariat sans son fils. Le commissaire de police de Molenbeek dit que la mère était « hystérique » et refuse de comprendre. Les policiers affirment qu’ils n’ont pas utilisé leur matraque, qu’ils l’ont « simplement poussé avec la force nécessaire contre le mur »…

Ses parents le reprendront au commissariat en soirée le visage tuméfié et éraflé, l’oreille écorchée, une empreinte de semelle sur l’arrière du crâne… Suite au choc de l’histoire racontée par leur fils, les parents décident de ne rien lacher. Ils ont aussi eu le bon réflexe d’aller immédiatement faire constater les blessures par un médecin avec photos et certificat. Ils ont ensuite pris un avocat pour défendre les intérêts de Moad et porter plainte contre les agents. Pour Moad mais aussi pour tous les jeunes qui doivent subir ce genre de contrôles quotidiennement. Le plus fort c’est que la police dans cette histoire se pose elle-même en victime.

Aussi face à la version de la police, les parents doutent de l’objectivité de l’enquête interne et de l’honnêteté de la version des policiers. Comme souvent la famille demande simplement qu’on reconnaisse la vérité, c’est-à-dire qu’il y a eu une bavure et qu’on agisse en conséquence. Au début, suite aux coups de fil de la commune et en particulier de la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) qui assurait qu’un rapport ferait toute la lumière très vite, la famille annule le rassemblement prévu devant la commune de Molenbeek.

Pourtant, lorsqu’ils sont reçus par la bourgmestre, accompagnés par leur avocat, ils réaliseront qu’il manque 12 minutes sur la vidéo du commissariat. « Nous avons demandé à visionner la vidéo de l’arrivée au commissariat de Moad », dit Me Lurquin. «La scène où il dit avoir eu le visage écrasé sur la porte du sas interne a disparu et le trajet jusqu’à la cellule, qui doit durer 40 secondes, dure 12 minutes selon le minutage qui passe de 18h29 à 18h42. On nous dit que c’est un problème d’horodateur sur l’enregistrement… Un peu court !! ».

Par ailleurs, on leur dira que l’enquête interne est terminée et qu’aucun policier ne sera incriminé. Moad n’a même pas été entendu.

Aïcha Daoudi,la maman, nous informe également que son fils a changé d’école. «Il était devenu une bête de foire. Tout le monde lui posait des questions sur l’affaire », précise la mère qui affirme que son fils continue de faire des cauchemars toutes les nuits. « C’est difficile pour lui. J’ai voulu l’emmener voir un psychologue ».

Dix mois plus tard, Aïcha a toujours peur pour son fils. «Samedi dernier, Moad et son petit frère ont été jouer au parc Marie-José. Sur le chemin, entre le parc des Muses et le parc Marie-José, une voiture noire de la police a suivi mon fils en roulant au pas. Dans la voiture,il y avait un des policiers de l’agression. Ils ont commencé à le narguer et à se moquer de lui »,
«Ce n’est pas la première fois. Peu de temps après l’agression, il avait également croisé les policiers qui avaient alors montré le poing en le voyant (…) ils le narguent et le menacent en rue. Qui me dit qu’ils ne vont pas un jour le tabasser à mort ou le faire disparaître ».

Commence alors une longue bataille judiciaire et politique dans laquelle la famille n’a jamais faibli. elle durera jusqu’en juin 2015. Malgré le fait que le parquet demande le non lieu, le tribunal suit les avocat.e.s de la famille et renvoie les 5 policiers devant le tribunal correctionnel. C’est une première victoire pour la famille. Même si personne n’est condamné, la justice reconnait qu’il y a un problème. Le mercredi 30 Novembre 2016, c’est enfin le jour du procès.
Revue de presse:
http://www.lacapitale.be/677344/article/regions/bruxelles/actualite/2013-03-06/molenbeek-il-manque-12-minutes-dans-la-video-de-la-bavure-presumee-sur-moa
http://www.lacapitale.be/1308043/article/2015-06-10/moad-14-ans-tabasse-alors-qu-il-rentrait-simplement-chez-lui-cinq-policiers-renv

Motion de solidarité avec la manif antifasciste réprimée

Motion de solidarité avec la manif antifasciste réprimée

Nous appelons les individus à signer la motion en ligne. Les organisations peuvent signer la motion en envoyant un mail à STOP.repression.be@gmail.com

Le 17 juin 2012, à l’appel des organisations de jeunesse et antifascistes, des manifestants antifascistes sont descendus dans les rues pour s’opposer à une manifestation d’extrême-droite à laquelle étaient présents le Parti Populaire (PP) et Nation. Alors que ceux-ci défilaient tranquillement sous la protection de la police, les militants antifascistes, eux, ont été brutalement réprimés. Deux d’entre eux se sont retrouvés aux urgences, alors que les autres étaient emmenés aux casernes d’Etterbeek.

Les images des manifestants fracassés par la police ont provoqué une indignation générale, ce qui a obligé la ministre Milquet et le bourgmestre Thielemans à annoncer une enquête. Comme nous nous en doutions, six mois plus tard, nous n’avons toujours pas de nouvelles de cette « enquête ». Par contre, les militants réprimés reçoivent, depuis le 27 novembre, des amendes administratives pour « participation à une manifestation non autorisée ». Le deux poids deux mesures pratiqué par les autorités est scandaleux. L’extrême-droite, elle, était protégée par la police lui permettant de scander ses appels à la haine et ses slogans racistes.

Dans cette période de crise du capitalisme, les autorités n’ont qu’une seule réponse : l’austérité. Mais  l’exclusion du chômage et la diminution des l’allocations, l’accès de plus en plus difficile au logement, la paupérisation des travailleurs et l’attaque sur l’index, la destruction de nos services publics, etc. ne sont pas des mesures populaires. Avec l’austérité vient donc aussi la répression. Aujourd’hui encore plus qu’hier, le droit de manifester est mis en danger. Face à la mobilisation croissante, les sanctions administratives sont l’un des nouveaux outils utilisés pour faire taire la contestation. Bientôt, elles serviront à criminaliser les piquets de grève et à paralyser les organisations syndicales.

Nous avons décidé de ne pas payer les amendes administratives , que nous jugeons illégitimes et dangereuses. Pour faire face à cette répression des mouvements sociaux, nous avons besoin de votre soutien. Nous appelons toutes les organisations à être solidaires avec notre lutte.

NOUS NE PAYERONS PAS,  NOUS NE CEDERONS PAS FACE A LA REPRESSION.

STOP à la répression, NON au fascisme et NON à l’austérité !

Premier signataires :

JOC bruxelles

Etudiants FGTB bruxelles

Initiative de solidarité avec la grèce qui résiste

Egalité

Etudiants de Gauche Actifs – Actief Linkse Studenten

Radio Panik

Blokbuster

Parti Socialiste de Lutte – Linkse Socialistische Partij

Partito della Rifondazione Comunista  – Federazione Comunista del Belgio

Ligue Communiste Révolutionnaire – Socialistische Arbeiderspartij (LCR-SAP)

Vonk/Unité Socialiste

Mir-Irg/AGIR pour la Paix

Comités Action contre l’austérité en Europe (CAE)

Ecolo J

Vie Féminine Bruxelles

Pro Jeunes

Jeunes Anticapitalistes (JAC)

Ligue Communiste des Travailleurs (LCT)

Sud Etudiant Orléans

Comac

FEWLA, soutien actif à la lutte du peuple Mapuche

Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD)

Parti Communiste

Collectif Artivist

Equipes Populaires

JOC liège

Jeunes FGTB

Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association (CLEA)

Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM)

Mutualité Saint-Michel

Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC)

Le texte est en cours de signature dans différentes organisations.
Nous appelons les individus à signer la motion en ligne. Les organisations peuvent signer la motion en envoyant un mail à STOP.repression.be@gmail.com

Lettre ouverte à la ministre de l’intérieur Milquet

Lettre ouverte à la ministre de l’intérieur Milquet

Campagne STOP-répression (JOC)
4, rue d’Anderlecht
1000 Bruxelles
stop.repression.be@gmail.com
 
Mme Joëlle Milquet
Ministre de l’Intérieur et de l’Egalité des chances
2, rue de la Loi – 1000 Bruxelles

Madame la ministre de l’intérieur,

Madame Milquet,

Nous souhaitons, par la présente, vous exprimer notre plus vive opposition à vos choix politiques en matière de sécurité. En effet, vos choix actuels s’inscrivent dans la droite ligne des politiques menées depuis de nombreuses années. Nous ne pouvons que dénoncer le recours à cette vision répressive qui a démontré en Belgique et ailleurs qu’elle est non seulement inefficace mais contreproductive.

Depuis votre entrée en fonction, vous n’avez cessé de mettre en place une politique de sécurité répressive. Ainsi au premier coup de semonce, vous avez plié devant les lobbys policiers sans un mot, une oreille ou un regard pour le monde associatif, juridique et scientifique pourtant mobilisés en nombre sur la question. Vous préférez une politique dépassée basée uniquement sur la répression et qui voit la sécurité comme une thématique indépendante. La société harmonieuse demandée par le citoyen ne peut pourtant venir que d’une vision transversale où la sécurité est l’objectif et non l’instrument.

Nous militants, jeunes, étudiants, activistes et habitants des quartiers vivons la réalité de vos choix au jour le jour. Loin de pacifier les relations sociales, ils alimentent le cycle de la violence et de l’exclusion. Que ce soit dans nos activités militantes ou simplement dans la vie de nos quartiers, la réalité concrète de notre quotidien est que le tout sécuritaire est non seulement inefficace mais surtout contreproductif.

Ainsi, malgré un nombre de policiers par habitant particulièrement important, la Belgique n’est pas plus sure qu’ailleurs. Plutôt que de s’accrocher au tout sécuritaire, manifestement inefficace, il est plus que temps de se poser les vraies questions et de les affronter. L’absence de transparence et d’indépendance des organes de contrôle de la police est d’ailleurs dénoncée par l’ONU elle-même. Notre système judiciaire quant-à-lui est au bord de l’implosion. Le code pénal date de 1867 et est l’un des plus vieux du continent européen. Pleines à craquer de prisonniers, souvent en garde à vue, nos prisons font, vu leur état, plutôt office d’université des pauvres. Bref, vu l’état général d’un système dont on doit par ailleurs encore discuter la pertinence, il n’est en rien étonnant que le citoyen s’inquiète de sa sécurité.

Pourtant, Madame Milquet, lorsqu’on vous entend, ces questions ne semblent pas au centre de vos inquiétudes, elle sont trop éloignées du quotidien de vos électeurs sans doute. De Matongé à la mort tragique de cet agent de la STIB, votre réponse reste invariablement celle de la punition, de la répression et en bout de course de la violence. En d’autres mots, puisque les politiques mises en œuvre depuis 20 ans ne fonctionnent pas, faisons la même chose mais en plus violent. Et ces derniers mois, saisissant au bond une actualité pourtant complexe, vous avez franchi un pas supplémentaire. « Radicalité, sexisme et violence contre les policiers, … » pour vous une seule solution : la répression administrative.

Madame la ministre, nous ne voulons pas croire que ce soit la voie que la société ait choisie. Il existe une différence entre demande de sécurité et politique sécuritaire que vous semblez ne pas vouloir tenir compte. Puisque la justice est enrouée, que la société s’enfonce dans la précarité et donc dans la violence, et que votre police s’est mis à dos les quartiers qu’elle est sensée protéger, vous décidez de suspendre la division des pouvoirs et finalement la base d’une justice démocratique? La sanction administrative, que ce soit pour une amende pour incivilité ou pour le démantèlement d’un groupement « ayant pour but le changement de la société » (vous pouvez nous arrêter tout de suite), est celle du tribunal d’exception et de l’arbitraire. Non, nous ne pouvons pas, ne voulons pas y croire.

Mais puisque lesdites sanctions s’appliqueront à des enfants de 14 ans et que la police dispose désormais du pouvoir discrétionnaire d’être témoin, juge et partie, veuillez prendre note que par la présente, la campagne Stop-répression de la JOC appelle tous et toutes à ne payer aucune de ces amendes puisqu’elles sont par définition contraires à la démocratie même et donc injustes. Nos militants et notre organisation refuseront catégoriquement de payer le moindre cent, quelque soit « l’infraction » commise. Quelque soit le contenu que l’on donne au mot « justice », il ne peut exister sans le respect des droits de tous.

Vous l’avez compris, Madame la Ministre, nous ne pouvons souscrire à votre vision que ce soit sur le contrôle démocratique de vos forces de police, sur le recours systématique à la sanction administrative que vous semblez préconiser et sur la vision générale de la sécurité que les corporations policières vous ont, semble-t-il, soufflé.

Dans l’espoir que votre porte, si grande ouverte aux forces de police, ne soit pas close à l’expression du reste de la société, nous vous prions, Madame la ministre, d’accepter l’expression de nos salutations les plus sincères,

Campagne STOP-répression de la JOC

 

 

 

 

La JOC à Londres: solidarité internationale contre la répression!

La JOC à Londres: solidarité internationale contre la répression!

Ce dimanche 14 octobre, nous sommes allés à la conférence nationale de Defend The Right To Protest qui se tenait à Londres. Nous avons eu la chance de pouvoir installer un stand à la conférence. Nous avons profité de l’occasion pour pouvoir présenter la campagne STOP-répression et construire des liens avec nos camarades anglais. L’accueil a été très positif, nous avons distribué de nombreux stickers et affiches et vendu une bonne vingtaine de t-shirts.

Cette journée était destinée à poursuivre les efforts de Defend the Right to Protest pour relier et coordonner les initiatives et campagnes locales. En effet, en Angleterre plus de 1500 personnes sont mortes en garde à vue depuis 1990, soit une personne par semaine ! Il existe de nombreuses campagnes locales qui défendent la justice pour les victimes du racisme, de la violence et de l’impunité de la police. Avec l’austérité et la remontée des luttes, ces campagnes se lient et partagent leur expérience avec celles qui défendent les victimes, syndicales et étudiantes cette fois, de brutalités policières et de répression.

On a ainsi pu assister au témoignage des sœurs Rigg. Leur frère, Sean, est mort en garde à vue  en 2008. Sean était handicapé mental mais par ailleurs en bonne santé physique. Pourtant, la police prétend qu’il s’est effondré en cellule. La famille n’a jamais pu accepter la version de la police pleine d’incohérences. Il s’agissait clairement d’un crime raciste. Marci et Sam ont raconté comment le comité de contrôle « indépendant » de la police refusait de poser les questions pertinentes aux policiers et a réellement tenté de saboter leur quête de justice. Grace à leur propre enquête et à leur endurance, leur campagne a mis à nu, les unes après les autres, les preuves, dont la vidéo où on voit les policiers regarder Sean mourir.

La représentante de la campagne de Hillsborough a été accueillie avec enthousiasme. En effet, il s’agit d’une campagne née suite au massacre par la police de Tatcher de 96 supporters de Liverpool dans les années 80. Ce n’est qu’après 23 ans de lutte et de mobilisation, un rapport officiel vient confirmer ce que les familles ont toujours dit : les morts de Hillsborough sont dus à une approche violente et irresponsable de la police. Une police qui dés le départ a menti et intimidé avec l’approbation des autorités.

La campagne Defend the Right to Protest, quant à elle, est née suite aux grandes manifestations étudiantes de 2010. Suite à la remontée des luttes, il est rapidement apparu nécessaire de construire « la défense du droit de protester ». En effet, des mobilisations étudiantes aux piquets de grève en passant par les émeutes, la répression a suivi l’austérité. Nous avons pu entendre des syndicalistes, des étudiants et des habitants des quartiers décrire le racisme et la violence de l’Etat envers ceux qui résistent à la tentative de faire payer la crise aux populations.

Cette journée a fait écho à notre propre campagne contre la répression d’Etat. Nous avons pu partager nos expériences et tisser les liens qui nous permettent de construire l’internationalisation de notre lutte.

Communiqué de presse – Cette nuit la JOC a détourné les affiches électorales

Communiqué de presse – Cette nuit la JOC a détourné les affiches électorales

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Action : Cette nuit la JOC a détourné les affiches électorales.

Date d’envoi 6 Octobre 2012, Bruxelles

Concerne : Détournement d’affiches électorales bruxelloises

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, les militants bruxellois de la campagne STOP-Répression des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes (JOC) ont détourné une série d’affiches électorales afin de souligner le discours ultra-sécuritaire des candidats. Il s’agit aussi de mettre en évidence l’utilisation du tout sécuritaire comme un trompe-l’œil qui permet aux candidats de mener le débat loin de la catastrophe socio-économique qu’ils sont incapables de gérer. Nous avons choisi ces quatre politiciens parce que l’actualité récente fait d’eux de bons exemples de ce que nous voulons dénoncer.

Ce vendredi 5 octobre, le gouvernement adopte une loi qui s’attaque, une fois de plus, aux jeunes. Il n’y a pas d’emploi, notre système d’enseignement est plus que défaillant,… mais ce qui inquiète le gouvernement c’est de renforcer le contrôle arbitraire sur la jeunesse, en particulier dans les quartiers populaires. Le gouvernement suit donc la ministre Milquet dans sa vision sécuritaire, comme par exemple pour le projet de loi contre les groupements radicaux qui instaure une justice d’exception. On retrouve cet esprit répressif dans le plan de sécurité proposé au gouvernement. La JOC ne peut pas rester silencieuse et a décidé d’agir.

L’action de désobéissance civile de STOP-répression vise donc tout d’abord à mettre en évidence le double discours autour de la question sécuritaire. Les candidats nous parlent toujours d’une société plus sûre.  Au final, il s’agit de mesures de contrôle de la population et une justification de la violence comme réponse à la détresse causée par la crise.

Ainsi lorsque Monsieur Decourty interdit les manifestations à Matongé, il invoque la sécurité des habitants et des commerçants. Pourtant, cette interdiction « temporaire » n’est pas limitée dans le temps et il suspend donc sine die l’expression d’un droit nécessaire à la survie de la démocratie.

Lorsque monsieur Reynders en appelle à une police « plus efficace et mieux financée », il dit aux électeurs qu’il défend leur bien-être et la liberté de chacun. Dans les faits, son projet est basé sur l’introduction de nouvelles armes et l’augmentation du contrôle de la population. Loin de garantir la liberté des citoyens, il la réprime. En prétendant lutter contre la violence, il militarise la police en rendant violentes des situations qui ne le sont pas. Monsieur Reynders préfère en effet combattre et contrôler la population plutôt que de s’occuper de ceux qui, parmi ses électeurs, sont directement à l’origine de la crise.

Monsieur Thielemans, bourgmestre depuis 2001, a été témoin de nombreux cas de violences et d’abus policiers dans la commune de Bruxelles. Pourtant, il n’a jamais reconnu cette réalité et n’a engagé aucune mesure pour la contrer. Il préfère soutenir des amendes administratives distribuées par son administration alors qu’elles constituent une attaque frontale du droit de manifester. Il participe donc concrètement au mouvement général de criminalisation des mouvements sociaux. Il y ajoute une politique de l’autruche sur les questions de transparence quant à la responsabilité des forces de police dans des actes d’abus de pouvoir ou de brutalités. Dans les faits, il renforce ainsi l’impunité des policiers et le cycle de la violence.

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet, quant à elle, fait preuve d’une absence totale de recul face aux groupes de pression de la police. A aucun moment elle ne s’intéresse aux violences policières pourtant rendues visibles à de nombreuses occasions ces derniers mois. Par contre, la ministre sera toujours la première à saisir les opportunités que lui offre l’actualité pour annoncer une augmentation du nombre de policiers dans les rues ou de nouvelles amendes administratives, même à des jeunes de 14 ans. Elle préfère interdire et contrôler la population, à coups de matraque s’il le faut, plutôt que d’engager le travail socio-économique indispensable pour garantir aux citoyens la société harmonieuse qu’ils exigent et à laquelle ils ont droit.

A plus long terme, la JOC veut engager une réflexion sur la place que l’on donne au débat sécuritaire en temps de crise. Les mesures prises par la coalition au pouvoir au fédéral vont noyer les finances communales. En effet, les dépenses communales qui seront nécessaires pour absorber la destruction du bien-être de la population s’annoncent colossales. Tous nous parlent de sécurité, mais jamais de sécurité de l’emploi, de sécurité de revenus ou d’avenir…

Nous, jeunes militants organisés dans la campagne STOP-répression de la JOC, dénonçons la violence répressive mais surtout sociale qui nous est faite au nom de la crise. Nous combattrons aussi l’instrumentalisation des questions sécuritaires pour cacher et éviter la question de la violence sociale que nous subissons tous les jours.

[VIDEO] http://www.youtube.com/watch?v=Ods3vfPAVU4