La JOC à Londres: solidarité internationale contre la répression!

Ce dimanche 14 octobre, nous sommes allés à la conférence nationale de Defend The Right To Protest qui se tenait à Londres. Nous avons eu la chance de pouvoir installer un stand à la conférence. Nous avons profité de l’occasion pour pouvoir présenter la campagne STOP-répression et construire des liens avec nos camarades anglais. L’accueil a été très positif, nous avons distribué de nombreux stickers et affiches et vendu une bonne vingtaine de t-shirts.

Cette journée était destinée à poursuivre les efforts de Defend the Right to Protest pour relier et coordonner les initiatives et campagnes locales. En effet, en Angleterre plus de 1500 personnes sont mortes en garde à vue depuis 1990, soit une personne par semaine ! Il existe de nombreuses campagnes locales qui défendent la justice pour les victimes du racisme, de la violence et de l’impunité de la police. Avec l’austérité et la remontée des luttes, ces campagnes se lient et partagent leur expérience avec celles qui défendent les victimes, syndicales et étudiantes cette fois, de brutalités policières et de répression.

On a ainsi pu assister au témoignage des sœurs Rigg. Leur frère, Sean, est mort en garde à vue  en 2008. Sean était handicapé mental mais par ailleurs en bonne santé physique. Pourtant, la police prétend qu’il s’est effondré en cellule. La famille n’a jamais pu accepter la version de la police pleine d’incohérences. Il s’agissait clairement d’un crime raciste. Marci et Sam ont raconté comment le comité de contrôle « indépendant » de la police refusait de poser les questions pertinentes aux policiers et a réellement tenté de saboter leur quête de justice. Grace à leur propre enquête et à leur endurance, leur campagne a mis à nu, les unes après les autres, les preuves, dont la vidéo où on voit les policiers regarder Sean mourir.

La représentante de la campagne de Hillsborough a été accueillie avec enthousiasme. En effet, il s’agit d’une campagne née suite au massacre par la police de Tatcher de 96 supporters de Liverpool dans les années 80. Ce n’est qu’après 23 ans de lutte et de mobilisation, un rapport officiel vient confirmer ce que les familles ont toujours dit : les morts de Hillsborough sont dus à une approche violente et irresponsable de la police. Une police qui dés le départ a menti et intimidé avec l’approbation des autorités.

La campagne Defend the Right to Protest, quant à elle, est née suite aux grandes manifestations étudiantes de 2010. Suite à la remontée des luttes, il est rapidement apparu nécessaire de construire « la défense du droit de protester ». En effet, des mobilisations étudiantes aux piquets de grève en passant par les émeutes, la répression a suivi l’austérité. Nous avons pu entendre des syndicalistes, des étudiants et des habitants des quartiers décrire le racisme et la violence de l’Etat envers ceux qui résistent à la tentative de faire payer la crise aux populations.

Cette journée a fait écho à notre propre campagne contre la répression d’Etat. Nous avons pu partager nos expériences et tisser les liens qui nous permettent de construire l’internationalisation de notre lutte.

Communiqué de presse – Cette nuit la JOC a détourné les affiches électorales

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Action : Cette nuit la JOC a détourné les affiches électorales.

Date d’envoi 6 Octobre 2012, Bruxelles

Concerne : Détournement d’affiches électorales bruxelloises

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, les militants bruxellois de la campagne STOP-Répression des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes (JOC) ont détourné une série d’affiches électorales afin de souligner le discours ultra-sécuritaire des candidats. Il s’agit aussi de mettre en évidence l’utilisation du tout sécuritaire comme un trompe-l’œil qui permet aux candidats de mener le débat loin de la catastrophe socio-économique qu’ils sont incapables de gérer. Nous avons choisi ces quatre politiciens parce que l’actualité récente fait d’eux de bons exemples de ce que nous voulons dénoncer.

Ce vendredi 5 octobre, le gouvernement adopte une loi qui s’attaque, une fois de plus, aux jeunes. Il n’y a pas d’emploi, notre système d’enseignement est plus que défaillant,… mais ce qui inquiète le gouvernement c’est de renforcer le contrôle arbitraire sur la jeunesse, en particulier dans les quartiers populaires. Le gouvernement suit donc la ministre Milquet dans sa vision sécuritaire, comme par exemple pour le projet de loi contre les groupements radicaux qui instaure une justice d’exception. On retrouve cet esprit répressif dans le plan de sécurité proposé au gouvernement. La JOC ne peut pas rester silencieuse et a décidé d’agir.

L’action de désobéissance civile de STOP-répression vise donc tout d’abord à mettre en évidence le double discours autour de la question sécuritaire. Les candidats nous parlent toujours d’une société plus sûre.  Au final, il s’agit de mesures de contrôle de la population et une justification de la violence comme réponse à la détresse causée par la crise.

Ainsi lorsque Monsieur Decourty interdit les manifestations à Matongé, il invoque la sécurité des habitants et des commerçants. Pourtant, cette interdiction « temporaire » n’est pas limitée dans le temps et il suspend donc sine die l’expression d’un droit nécessaire à la survie de la démocratie.

Lorsque monsieur Reynders en appelle à une police « plus efficace et mieux financée », il dit aux électeurs qu’il défend leur bien-être et la liberté de chacun. Dans les faits, son projet est basé sur l’introduction de nouvelles armes et l’augmentation du contrôle de la population. Loin de garantir la liberté des citoyens, il la réprime. En prétendant lutter contre la violence, il militarise la police en rendant violentes des situations qui ne le sont pas. Monsieur Reynders préfère en effet combattre et contrôler la population plutôt que de s’occuper de ceux qui, parmi ses électeurs, sont directement à l’origine de la crise.

Monsieur Thielemans, bourgmestre depuis 2001, a été témoin de nombreux cas de violences et d’abus policiers dans la commune de Bruxelles. Pourtant, il n’a jamais reconnu cette réalité et n’a engagé aucune mesure pour la contrer. Il préfère soutenir des amendes administratives distribuées par son administration alors qu’elles constituent une attaque frontale du droit de manifester. Il participe donc concrètement au mouvement général de criminalisation des mouvements sociaux. Il y ajoute une politique de l’autruche sur les questions de transparence quant à la responsabilité des forces de police dans des actes d’abus de pouvoir ou de brutalités. Dans les faits, il renforce ainsi l’impunité des policiers et le cycle de la violence.

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet, quant à elle, fait preuve d’une absence totale de recul face aux groupes de pression de la police. A aucun moment elle ne s’intéresse aux violences policières pourtant rendues visibles à de nombreuses occasions ces derniers mois. Par contre, la ministre sera toujours la première à saisir les opportunités que lui offre l’actualité pour annoncer une augmentation du nombre de policiers dans les rues ou de nouvelles amendes administratives, même à des jeunes de 14 ans. Elle préfère interdire et contrôler la population, à coups de matraque s’il le faut, plutôt que d’engager le travail socio-économique indispensable pour garantir aux citoyens la société harmonieuse qu’ils exigent et à laquelle ils ont droit.

A plus long terme, la JOC veut engager une réflexion sur la place que l’on donne au débat sécuritaire en temps de crise. Les mesures prises par la coalition au pouvoir au fédéral vont noyer les finances communales. En effet, les dépenses communales qui seront nécessaires pour absorber la destruction du bien-être de la population s’annoncent colossales. Tous nous parlent de sécurité, mais jamais de sécurité de l’emploi, de sécurité de revenus ou d’avenir…

Nous, jeunes militants organisés dans la campagne STOP-répression de la JOC, dénonçons la violence répressive mais surtout sociale qui nous est faite au nom de la crise. Nous combattrons aussi l’instrumentalisation des questions sécuritaires pour cacher et éviter la question de la violence sociale que nous subissons tous les jours.

[VIDEO] http://www.youtube.com/watch?v=Ods3vfPAVU4

Les candidats de la répression: Freddy Thielemans

Depuis qu’il est bourgmestre, Freddy Thielemans à été confronté de nombreuses fois à des cas de violences. Celles que l’on retrouve le plus couramment, ce sont les violences contre les manifestants :

En 2007, une manifestation de sans-papiers et d’étudiants devant l’office des étrangers est durement réprimée, une centaine de personnes sont arrêtées. 13 personnes sans papiers sont envoyées en centre fermé. L’arrestation à eu lieu alors qu’au même moment, des représentants étaient en négociations à l’hôtel de ville. Malgré l’ineptie de la situation le bourgmestre Thielemans soutiendra sa police. Ce n’est qu’après que des manifestants aient perturbé la fête du progrès et le rassemblement du premier mai qu’il fera marche arrière.

Le président de la ligue des droits de l’homme expliquait encore récemment son propre vécu avec la police de monsieur Thielemans. Alors qu’il devait rendre visite avec un collègue avocat à des personnes arrêtées, la police lui interdit l’accès aux prisonniers « tant qu’il n’a pas dispersé la manifestation dehors ». Lorsque les avocats répondent qu’ils ne sont pas responsables de cette manifestation et que de toute façon ils ont le droit de voir les prisonniers, tout dégénère. La police plaidera la rébellion (non poursuivie dans ce cas-ci) et le tribunal accordera le non-lieu. Une stratégie classique de renversement de la situation que nous connaissons que trop bien.

Plus proche de nous, lors du camp « No Border » plusieurs manifestations tournent mal. Une manifestation de clowns notamment est arrétée avant même d’avoir pu rejoindre le cortège de l’euro manifestation du 29/09. La tension avec les forces de police ne vient pas des faits, mais de rapports que la police aurait reçus de la police allemande.

Le 26/09, 1er jour du camp no border, une manif’ a lieu au 127bis (organisée chaque année par la crer pour l’anniversaire de la mort de Semira). Manif’ très tendue entre manifestants et policiers (à cheval, alors que les manifestants sont peu nombreux et que rien ne justifie donc les chevaux), tous filmés, photographiés en gros plan et fouillé à la sortie de la gare. La police a même chargé les manifestants contre les grilles du centre. Sur le chemin du retour vers la gare, complètement encerclés de policiers, les chevaux ferment la marche et poussent les manifestants dont certains s’intercalent entre les chevaux et le groupe pour calmer le jeu. C’est là qu’à lieu l’incident. Un policier tombe de cheval. 2 personnes sont arrêtés pour rébellion : une d’entre elle sera arrêtée à nouveau dans un bus stib le mercredi 29/09 (en route lui aussi pour la manif’). C’est aux casernes, quand il refuse verbalement la prise de photo qu’un policier le reconnaît du 127bis. Il est plaqué au mur pour la photo et se retrouve avec une deuxième accusation pour rébellion. Deux des arrêtes ont été condamnés récemment pour rébellion. Un des deux à même été inculpé de rébellion armée, l’arme en question étant une baguette de tambour. Le fait que le policier blessé par la rébellion en question soit tombé de son cheval parce qu’il avait mal sanglé sa selle n’a pas perturbé la cour.

Au même moment, la police de Bruxelles va s’illustrer dans le brutal et l’arbitraire. En effet, en plein milieu de l’euro manifestation du 29 septembre 2010, la police va, préventivement, isoler et arrêter très violemment les manifestants du NoBorder. Jamais le bourgmestre ne prendra ses distances sur la façon dont sa police (avec manifestement des directives très claires) a traité ce contre sommet.

Et en juin dernier, le bourgmestre autorise sur le territoire de sa commune une manifestation de la formation d’extrême droite de Mr. Modrikamen (le parti populaire) et de la milice néo-fasciste Nation. Il autorisera finalement aussi par voie de presse la contre-manifestation antifasciste qui y répondra. Cette dernière sera brutalement réprimée, devant les caméras, dans la station de métro Trône. Les images brutales susciteront bien sûr une intervention dans les médias demandant un enquête. Mais à aucun moment Mr Thielemans ne reconnaît que sa police à dépassé les limites. On ne parle même pas de la réalité de l’enquête ou de son suivi. La campagne était d’ailleurs présente.

De façon plus générale, la police de Bruxelles ville est souvent impliquée dans des tensions autour de manifestations. Bien que de nombreux acteurs dénoncent son rôle dans de nombreux « débordements », jamais le chef de la police, Mr Thielemans, n’a reconnu ce fait. Jamais, il n’a voulu discuter de l’opportunité de mettre en place une structure pourtant fondamentale pour une transparence et/ou une responsabilisation de son corps répressif face aux citoyens. De façon plus générale, la politique de la ville indique plutôt une participation active dans la criminalisation des mouvements sociaux.

Ainsi au delà des exemples (parmi de nombreux autres), la ville recours aussi de plus en plus souvent aux amendes administratives dans le cadre de manifestations. Ces amendes, arbitraires et contraires au principe même de procès équitable et de justice indépendante, sont utilisées comme punition par la ville pour des actions politiques et militantes. Ainsi récemment, des militants qui demandaient l’intervention du premier ministre dans le dossier des sans papiers, ont déroulé une banderole au balcon du Parti Socialiste. Ils ont été évacués sans ménagement par la police. Quelques mois plus tard ils ont reçu une amende administrative de 250€ chacun. Il s’agit donc bien de punir et de freiner le droit de manifester.

 Mais le problème de l’arbitraire c’est que parfois on se retrouve avec des amendes pour des faits incorrects ou complètement faux. A titre d’exemple, une militante de la campagne a ainsi reçu un avertissement la menaçant d’une amende basée sur un document de police rempli d’inexactitudes voir d’inventions pures et simples. Il s’agissait donc d’un avertissement pour une amende en cas de récidive (c’était au début, maintenant on envoie même plus d’avertissement, c’est directement une amende) pour arrestation lors d’une manif’ non autorisée. A l’époque, la ville envoyait une copie du pv d’arrestation (doc difficile a obtenir normalement) avec la lettre de sanction.
La militante à alors constaté que sur le pv :

  • la raison de l’arrestation est incorrecte: manifestation non autorisée alors que ils étaient 4 a marcher sur un trottoir et que la manif était finie depuis 2h. Ils étaient loin de l’endroit de la manifestation. Le motif donné au moment de l’arrestation était qu’il s’agissait d’une mesure préventive jusqu’à la fin du sommet européen. L’arrestation préventive n’est évidemment pas légale.
  •  L’endroit d’arrestation est faux : « rue Ducale » alors que l’arrestation à eu lieu rue Royale.
  • Et pour compléter le tout : « prise de photo » : non alors que tous ont été photographiés à l’Amigo…et comme tout le monde avait donné son  identité, la prise de photo n’était pas légale.

Il ne s’agit que d’un exemple des débordements que « Freddy » sponsorise depuis un certain temps déjà.

Il faut ajouter que la criminalisation et la violence de la police de Bruxelles ville à l’égard des manifestations et de l’action politique n’est que le sommet de l’iceberg. En effet, la campagne constate tous les jours que dans le quotidien des citoyens de la commune, les abus sont nombreux et dans la plupart des cas ils ne donnent pas lieux à des plaintes. On peut trouver un exemple de ses violences communes et anonymes ici. Quand c’est le cas elles ne sont d’ailleurs pas poursuivies… Il y a donc bien un problème que Mr Thielemans se refuse à reconnaître, préférant dénoncer la fertilité trop importante de certains de ses habitants…

Les candidats de la répression: Didier Reynders.

Notre choix d’inclure Didier Reynders dans nos « candidats de la répression » s’appuie  sur la dénonciation d’une orientation politique générale plutôt que sur des faits concrets. En effet, en tant qu’ancien président du MR, Mr Reynders a aligné les libéraux belges francophones sur le Sarkozysme français. La stigmatisation des plus faibles et les cadeaux aux plus riches sont les clefs de cette orientation politique. Pour pouvoir contrôler un tel déséquilibre social, il faut pouvoir contrôler les plus faibles. Regardons cela d’un peu plus près:

D’abord il faut quand même dire que ce n’est pas tout à fait vrai qu’il n’y a pas de fait répressifs concrets récents à mettre sur l’ardoise de l’ex leader libéral. En effet, lors de la récente mission « Bienvenue en Palestine », les militants belges refoulés à la douane de Tel Aviv ont organisé un rassemblement devant le ministère des affaires étrangères pour demander des explications à Mr Reynders. Celui-ci a refusé de les recevoir et a laissé sans un mot carte blanche à la police . Elle ne s’est pas privée

Mais nos reproches à Mr Reynders sont beaucoup plus profonds. D’abord il y a la politique systématique de dénigrement et de culpabilisation des plus faibles. Ainsi le MR remarque que chaque citoyen veut vivre dans « un quartier calme, tranquille et propre ». Rien de bien spécial sauf éventuellement le propre qui annonce déjà quelque peu la couleur. En effet, ce même citoyen ne veut pas (toujours selon le MR) « que son quartier se transforme en zone de non-droit dans laquelle une émeute se déclenche dès que les services de police essayent d’effectuer leur travail. » De qui parle-t-on? On oppose ici clairement ceux qui ont la chance de vivre dans un quartier calme et propre à ceux qui vivraient dans des zones de non-droits qui n’existent en réalité que dans l’imaginaire du MR et de son électorat.

Didier Reynders a bien compris que son électorat a peur des pauvres, ils ne les connait pas et ne veut surtout pas les fréquenter sauf éventuellement comme employés ou comme clients. Il renforce cette peur et propose des moyens de contrôle destinés à rassurer ses copains. Ainsi le MR défend qu’il faut intervenir  « avant que la criminalité se développe ». Comment?  A travers l’école et la formation, il faut « réimposer le respect des normes ». Mais le MR va bien sûr plus loin. Ainsi, il affirme haut et fort qu’il faut couper dans toutes les dépenses publiques sauf pour la sécurité

 Le MR défend donc une vision répressive de la société ou le rôle de la police est de protéger les riches des pauvres. Si on y ajoute la politique d’attaques violentes sur le bien-être de la majorité des travailleurs de ce pays, on entre dans un cycle de violence et de criminalisation des plus faibles qui se résume très bien par « les bleus aiment les bleus ».

Les candidats de la répression: Willy Decourty

Le choix de Monsieur Decourty s’est rapidement imposé. En effet, suite aux élections au Congo, des manifestations avaient eu lieu dans sa commune. Rapidement, les tensions avec la police ont évolués vers des émeutes. La réponse du bourgmestre a été le déploiement massifs de policiers et de matériel. Il y a aussi ajouté une interdiction de manifester. Notre démarche se structure autour de ces évènements et surtout de la réponse que la commune y a donné.

La première remarque constitue les évènements eux-mêmes. En effet, la version des faits relaté par la police est fortement contestée par les participants à la première manifestation. En effet, ceux-ci décrivent une manifestation pacifique et autorisée qui veut dénoncer les irrégularités qui entourent les élections au Congo. Ils se rendent alors au Parti Socialiste dans l’espoir d’être reçu par un représentant du premier ministre. Après 45 min d’attentes et de refus, ils s’en vont dépités du traitement que l’on leur réserve. Remontés vers la porte de Namur, les manifestants hésitent sur la suite à donner aux évènements. La police se fait alors plus menaçante et éxige la dispersion de la manifestation. A partir de là les choses dégénèrent et les versions des témoins divergent. Ce qui apparait clairement par contre c’est que la police n’a pas fait dans la dentelle.

En effet, ce jours là et les jours qui vont suivre, la police va s’en prendre indifféremment à des manifestants pacifiques ou aux émeutiers et même à des témoins ou des passants. Nombreux sont ceux qui racontent des altercations avec des agents alors qu’il ne faisaient que passer. Il faut aussi indiquer que des manifestations ont eu lieu dans d’autres villes du pays sans que l’on constate des incidents. Il y a avait donc clairement une tension particulière entre les policiers de la zone Bruxelles-Ixelles et les habitants du quartier. Pourtant, comme les autres monsieur Decourty ne dira pas un mot sur ne fusse que la nécessité d’une enquête sur les abus de sa police.

Ensuite, le bourgmestre prend donc la décision d’interdire toute manifestation dans le quartier Matongé. Prudent, Mr. Decourty prend la décision de suspendre temporairement le droit de manifester. Mais la mise entre parenthèses de ce droit démocratique n’a pas de date de fin. En effet, si le bourgmestre se défend de vouloir rendre cette décision permanente, il utilise comme justification pour l’interdiction l’instabilité de la situation au Congo. Autant dire que l’on peut s’attendre à une interdiction de très longue durée. Mettre en suspend un droit essentiel à la survie de la démocratie parce qu’il porte sur un sujet sensible est évidemment injustifiable.

Plutôt que de rencontrer les habitants de son quartier, le bourgmestre à choisit de priver un quartier entier du droit de s’exprimer sans prendre en compte que la situation pourrait-être plus complexe que ce qu’il n’y paraît. A aucun moment il n’a considéré que ce pourrait-être, ne fusse que partiellement, sa police ou sa gestion de la manifestation qui soit en cause. Se faisant il renforce et confirme, l’injustice et le désespoir qui font naitre et alimentent la violence.

Candidate de la répression: Joëlle Milquet

La ministre de l’intérieur ne pouvait pas ne pas figurer parmis nos « candidats de la répression ». Depuis qu’elle à pris ses fonctions, madame Milquet a mis en avant une vision ultra sécuritaire et franchement réactionnaire de la sécurité. Son soutien aveugle à la mode du tout sécuritaire, une politique que l’on applique depuis plus de quinze ans sans le moindre résultat, manque cruellementd’humanisme.

Tout commence avec les manifestations suites aux élections congolaises à Matongé. En effet, les rapports tendus entre les manifestants et les autorités tournent rapidement au vinaigre. Les émeutes qui s’en suivent animeront la scène médiatique pendant plusieurs jours. Les autorités dans leur ensemble se bousculent pour condamner les habitants de Matongé.  Mais lorsque apparaissent des témoignages d’abus et de violences policières, la ministre ira jusqu’à en nier l’existence. La ministre se positionnait déjà clairement.

Plus tard, lorsqu’un agent de la STIB est mortellement frappé par un automobiliste, la ministre mobilisera la colère des agents et des passagers pour commencer son ascension vers les sommets répressifs. En effet, loin de conduire une réflexion sur les problèmes et les causes qui ont mené à cette agression tragique, la ministre donne la réponse qu’elle donnera à chaque occasion: plus de police avec plus de pouvoirs. Déjà la campagne avait dénoncé l’instrumentalisation de l’émotion et le recours à l’option du tout-sécuritaire.

En juin, le bourgmestre de Bruxelles autorise une manifestation clairement d’extrême droite sur son territoire. Le Parti Populaire défile, sous prétexte de s’opposer au fascisme vert, au coté de la milice néo fasciste NATION. Cette dernière revendique des liens avec l’organisation grecque ouvertement néo-Nazie Aube Dorée. La JOC en front commun avec les jeunes FGTB avaient immédiatement dénoncé ce fait. Avec comme mot d’ordre la dénonciation de tous les fascismes et de tous les racismes, la manifestation soutenue par de nombreuses organisation avait tenté de confronter les milices fascistes. La police avait alors brutalement agressé la manifestation dans la station trône pour protéger la manifestation d’extrême droite. La présence de nombreuses caméras et de journalistes obligera la ministre et les autorités en général à dénoncer, plus que prudemment les faits. Depuis plus un mot, pas une nouvelle, pas une réforme, des beaux discours et une fois que les caméras s’en vont plus rien.

Vient ensuite l’affaire du documentaire sur le sexisme à Anneessens.   Trop de choses ont déjà été écrites sur le sexisme à Anneessens. Bien sûr, les comportements mis en avants sont une réalité qu’on ne peut jamais banaliser. Mais la réponse de la minsitre est tout simplement scandaleuse: des amendes, distribuées directement par l’exécutif basées sur un concept non défini et quasi-impossible à prouver. Grâce aux amendes, il n’y aura plus de viols, plus d’affiches publicitaires et de médias utilisant le corps de la femme comme une marchandise,…non grâce aux amendes, plus une seule femme ne subira de discrimination au travail ou sera sifflé dans la rue. La ministre ne pense qu’à punir et à apparaitre au journal de 19h. Mais bien sûr pas la moindre pensée, le moindre regard ou une seconde d’écoute pour les habitant-e-s des quartiers en question. Encore une fois le recours à la répression est la seule approche mise en valeur.

Il y a encore la loi sur les organisations radicales. Un projet qui cherche surtout à court-circuiter le système judiciaire. En effet, selon le rapport de la discussion en conseil des ministres, Mme Milquet trouve celle-ci trop lente pour appliquer les lois existantes. On nous propose donc une loi, encore une fois basée sur un concept flou, qui permettra de criminaliser toute personne qui veut transformer la société. La ministre aurait pu s’interroger sur un code pénal datant du XIXè siècle ou un système judiciaire noyé par le manque de moyens  mais elle préfère accélérer les choses en instaurant ce qui ne peut être qualifié que de police politique. Les raccourcis sont toujours dangereux.

La dernière idée de la ministre est de renforcer, encore une fois, les sanctions administratives. Il faut les rendre plus élevées et perceptibles plus rapidement. Et en passant on décide de traiter des mineurs comme des majeurs. Dans l’humanisme de madame Milquet, seule la punition permet de grandir. Il est inacceptable pour une organisation de jeunesse comme la JOC d’accepter des amendes arbitraires pour des jeunes de 14 ans ou pour les jeunes tout court d’ailleurs.

Nous pourrions continuer l’exposé pendant des pages encore en rappelant que l’enseignement, la santé et le social en général sont soumis à une autérité toujours plus agressive pendant que l’on trouve toujours plus d’argents pour mener des politiques ultra-sécuritaires. Leur inefficacité est pourtant évidente. Elles constituent en réalité plus une partie du problème qu’une solution. La campagne refuse donc de laisser la musculation sécuritaire effacer les questions sociales et politiques qui menacent le droit légitime de la population et de la jeunesse en particulier, à un avenir et une société harmonieuse.

Rassemblement contre les violences policières

Ce mercredi 27 juin à 16h30, nous appelons à un rassemblement contre les violences policières suite aux évènements répressifs de la manifestation antifasciste du dimanche 17 juin.

Pour rappel, alors que le groupe de militants antifascistes essayait de rejoindre pacifiquement le cortège de la manifestation raciste du Parti Populaire et de la milice fasciste Nation, la police a chargé les manifestants avec une violence et une agressivité inouïe. Résultat du « travail de protection du citoyen » opéré par la police bruxelloise : de nombreux blessés légers mais surtout deux blessés évacués en urgence.

La présence massive de caméras et de journalistes (dont l’un d’entre eux a été menacé et passé à tabac avec les manifestants) garantit à cet évènement une visibilité médiatique. Nous appelons au rassemblement car de nombreuses victimes de brutalités policières n’ont pas notre « chance ». En effet, la complaisance des autorités et de la justice garantit une quasi impunité aux policiers. Il faut aujourd’hui rétablir un véritable contrôle démocratique sur les forces de l’ordre. Il est nécessaire que ce rassemblement soit le plus massif possible pour exprimer notre solidarité avec tous ceux et toutes celles, qui n’ont pas la possibilité de faire entendre leur voix et de se défendre dans le système institué.

Nous exigeons de la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, qu’elle dénonce le comportement de sa police, les images sont suffisamment explicites pour qu’elle se positionne clairement. Le bourgmestre Freddy Thielemans, pourrait quant à lui nous expliquer comment sa police reste inerte face à une milice organisée qui appelle à la haine et à la violence raciste dans les rues de sa commune, alors qu’elle réprime brutalement les militants antifascistes ?

Le capitalisme frappe les travailleurs de plein fouet en créant le chômage, le désespoir et la pauvreté qui explosent partout. Il est évident qu’avec la crise, le nombre et l’intensité des mouvements sociaux augmentent. Plus le gouvernement sèmera la misère dans les quartiers, plus il lui sera nécessaire de déployer ses forces de l’ordre dans les rues pour canaliser ce qu’il aura récolté.
Combien de temps validerez-vous par votre silence et votre immobilisme la criminalisation de ceux qui sont victimes du système et qui se mobilisent pour un avenir meilleur pour tous ?

Nous ne voulons pas de cette société là !
Nous refusons cette misère et la répression qui l’accompagne !

Soyons nombreux ce mercredi ! Non à la répression d’Etat, halte à l’impunité !
Rendez-vous mercredi 27 juin à 16h30 Place Poelart
Nous invitons tous les participant-es à venir muni d’une protection pour la tête (casque de mobylette, de chantier, de vélo…) pour se prémunir symboliquement des violences.

A l’initiative de :
La Jeunesse Ouvrière Chrétienne
Les Jeunes FGTB

Avec le soutien de :
Etudiants de Gauche Actifs (EGA)
Actief linkse Studenten (ALS)
ProJeuneS
Contact J
Le Mouvement des Faucons Rouges de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Manifestation antifasciste sauvagement réprimée par la police bruxelloise !

17 juin 2012 Bruxelles,

Manifestation antifasciste sauvagement réprimée par

la police bruxelloise !

Cette après-midi une manifestation pacifique qui voulait s’opposer à la manifestation fascisante du parti populaire et de la milice fasciste Nation a été brutalement attaquée par les forces de l’ordre.  Résultat, 25 arrestations, plusieurs blessés et 3 militants aux urgences.

Les Jeunes FGTB et la Jeunesse Ouvrière Chrétienne voulaient dénoncer l’instrumentalisation d’un fait divers par le Parti Populaire, alors que ce dernier n’hésite pas à collaborer avec des organisations fascisantes et donc participe à la même dynamique que ceux qu’ils prétendent dénoncer. La manifestation du Parti Populaire était parsemée de slogans racistes et islamophobes, ce qui n’a pas provoqué de réaction de la police alors même que ce type de propos est répréhensible.  Si l’on veut dénoncer le fascisme, il faut les dénoncer tous ! Le PP a une vision autoritaire de la société et comme sharia4Belgium ils veulent imposer leurs visions et leurs valeurs aux autres, par la force s’il le faut.

Le chantage auquel est soumise la population arabo-musulmane de Belgique est à ce titre complétement odieux et raciste. Demande-t-on à Elio Di Rupo de s’excuser des dérapages de la ligue du Nord parce qu’il est d’origine Italienne ? Pour le Parti Populaire et ses alliés de Nation et du FN, tous les musulmans sont des intégristes sauf s’ils démontrent le contraire. De la même façon, pour Sharia4Belgium tous les occidentaux sont des mécréants à attaquer. Les deux s’appuient donc sur la même logique.

Pour des organisations de jeunesse progressistes comme les nôtres il était donc inconcevable de laisser un fascisme s’exprimer sous prétexte qu’il en dénonce un autre. La police et les autorités de la ville n’étaient manifestement pas du même avis.  En effet, alors que nous tentions de rejoindre la manifestation du PP afin d’exprimer notre désaccord, nous avons été violemment chargé et littéralement battus par une vingtaine d’agents comme les images diffusés dans la presse le montrent[1].

Un des coordinateurs de la section bruxelloise des Etudiants FGTB ressort de l’hôpital avec des points de suture dû à un coup reçu à la tête et un jeune de la JOC a une commotion et doit rester une semaine au calme.  Aucune des actions des manifestants ne peut justifier une telle violence.

Cette intervention était parfaitement disproportionnée et absolument pas nécessaire. Elle est d’autant plus scandaleuse que la milice fasciste de Nation était quant-à- elle escortée par un cordon de policiers, au carrefour Trône. Ils avaient pourtant enfreint la loi en scandant des propos racistes instants à la haine. Ce deux poids deux mesures est extrêmement inquiétant.  Dans le contexte de l’augmentation des faits de violence par la police et de la contamination de l’échiquier politique par les idées racistes de l’extrême droite ces faits sont très préoccupants, et nous attendons une clarification rapide et décisive de la part des autorités.

Contact JOC : Jalil Bourhidane – 0472 / 21 44 75

Contact Jeunes FGTB : Ghislain Mathieu – 0470 / 81 39 37

Justice et vérité pour Molenbeek

Ce weekend à Molenbeek des dizaines de fourgons policiers, des autopompes, des rues coupées et des policiers à cran avaient transformé le paysage d’une commune habituellement calme et agréable. Pourtant la majorité des manifestants étaient pacifiques jusqu’à la charge de la police, ils avaient même réussi à calmer la police lors d’une première tentative de charge! La logique de la confrontation des autorités à même été jusqu’à instaurer un couvre-feu et une interdiction de rassemblement.

C’est l’arrestation d’une jeune femme portant le Niqab qui a donné lieu à toute cette agitation. La campagne STOP-répression refuse de céder à l’hystérie politico-médiatique qui s’en est suivi. Il faut pouvoir comprendre les évènements au delà des peurs et de l’émotion.

La campagne STOP-répression est entièrement solidaire avec la quête des habitants du quartier pour que la vérité et la justice soient faites dans cette affaire. La campagne ne peut que s’associer aux doutes sur la version de la police. En effet, de nombreuses versions des évènements ont circulé et out ceux qui ont déjà été confrontés à la ‘‘version officielle’’ d’un événement qu’ils avaient vécus, savent quels mensonges certains sont parfois prêt à avancer.

Mais il faut surtout remettre cette affaire dans un contexte plus large, la réaction des habitants du quartier est symptomatique de la réalité des rapports quotidiens des habitants avec la police. En effet, la réaction spontanée des habitants démontre qu’il ne font pas du tout confiance à ‘‘leur’’ police. Pour les habitants de Molenbeek et en particulier pour ses jeunes, l’intimidation, les insultes et les commentaires racistes des policiers sont des réalités bien connues. Leur mobilisation et la solidarité quasi immédiate qu’ils ont exprimé doit être comprise comme un symptôme de ce contexte plutôt que comme une solidarité communautariste ou religieuse qui n’a pas de sens.

Pourtant c’est cette lecture communautariste qui a été reprise par la presse et instrumentalisée sans scrupules par des politiciens plus que douteux. La réalité c’est que ces derniers sont les premiers artisans des tensions qu’ils dénoncent. Stigmatisant et réducteurs, pour certains Molenbeek n’est qu’une poudrière à contrôler et à nettoyer, encore un peu et on nous ressortait : « on va vous nettoyer tout ça au karcher ». Beaucoup prétendent dénoncer un groupuscule d’illuminés mais en réalité stigmatisent tout un quartier voir toute une population. Contrairement à ceux-là, STOP-répression sera aux cotés des habitants de Molenbeek dans leur revendication légitime de vérité et de justice.

 

Signez la motion de soutien aux étudiants québécois

« Notre grève, c’est pas l’affaire d’une génération, c’est pas l’affaire d’un printemps, c’est l’affaire d’un peuple, c’est l’affaire d’un monde. Notre grève, c’est pas un événement isolé, notre grève c’est juste un pont, c’est juste une halte le long d’une route beaucoup plus longue. »

Gabriel Nadeau-Dubois,

Porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une Solidarité Syndicale Etudiante (surnommée la CLASSE)

Les signataires ci-dessous veulent exprimer toute leur solidarité avec les étudiantes, les étudiants et plus largement les travailleurs et travailleuses du Québec. Nous nous reconnaissons dans la lutte pour des services publics, et en particulier une éducation, de qualité et accessible à tous et toutes. Nous nous associons aussi à la lutte contre les dirigeant-e-s qui gouvernent en défendant les intérêts des banquier-e-s et des actionnaires plutôt que ceux de la population qu’ils sont pourtant sensés représenter et défendre. En attaquant les étudiantes, les étudiants et les travailleur-e-s du Québec, c’est les étudiant-e-s et les travailleur-e-s du monde entier qu’on attaque.

La loi 78 n’est qu’un outil destiné à briser l’extraordinaire combativité des étudiant-e-s du Québec qui tiennent tête au gouvernement libéral de Jean Charest depuis plus de trois mois! Le gouvernement Québecois entend limiter les droits démocratiques les plus fondamentaux au nom de l’austérité budgétaire. Cette démarche s’inscrit dans une logique de criminalisation des mouvements sociaux qui nous est familière. De l’autorisation à le zone neutre en passant par les amendes administratives, en Belgique aussi on s’oppose à la loi de la matraque ! Nos libertés de manifester et de critiquer sont bafouées de Wall street à Barcelone en passant par Bruxelles, pourtant sans critique la société se meurt écrasée sous l’avidité des élites.

Nous étudiant-e-s, travailleur-e-s et citoyen-ne-s nous associons directement au combat québecois. Entièrement solidaires, nous nous engageons à poursuivre des objectifs et des luttes similaires en Belgique et en Europe, parce que cette lutte dépasse largement les frontières du Québec et qu’uni-e-s nous triompherons de la répression!

Signez cette motion de soutien à titre individuel ou en tant qu’organisation! Pour signer en ligne, cliquez ici. Si vous désirez signer une version papier, prenez contact avec nous: stop.repression.be@gmail.com. 

La campagne STOP-répression fera parvenir cette motion aux syndicats et aux facs en lutte au Québec! Notre solidarité est importante pour qu’ils tiennent bon face à la pression de l’Etat! Nous comptons sur vous pour partagez ce texte et faire signez un maximum de monde!