Action « ballons contre l’interdiction »

Suite aux multiples interdictions de manifester imposées par la ville de Bruxelles, des militant.e.s du groupe Stop Répressions ont mené ce samedi 2 décembre une action de sensibilisation dans les rue de Bruxelles. Plusieurs grappes de ballons de toutes les couleurs accompagnés d’un petit texte expliquant leur démarche ont ainsi été distribués.

On pouvait ainsi y lire le message que le groupe désirait faire passer lors de la manifestation pacifique interdite par la ville, dénonçant le caractère stigmatisant, clivant et répressif des discours politiques au lendemain des violences survenues à Bruxelles en novembre. Un discours qui ne résout en rien les problèmes existant dans le quartier, et qui même, les renforcerait.

En effet, dans un quartier où le taux de chômage des jeunes atteint presque les 50 %, où les inégalités dans l’accès à une éducation de qualité sont énormes et où les faits de violences policières sont réguliers… Le groupe Stop Répression revendique qu’il serait plus judicieux de s’attaquer à ces « vrais problèmes » plutôt que de rajouter encore plus de policiers dans les rues, ce qui aurait pour effet d’augmenter une fois de plus la stigmatisation des jeunes du quartier et de renforcer les tensions avec la police.

À l’approche des élections M. Close semble jouer un jeu dangereux en s’appuyant sur une politique ultra-répressive qui convaincra a coup sûr un certain électorat, mais qui ne fera pas disparaître les problématique sociales présentes dans la commune pour autant, au contraire…

Le groupe Stop Répression se positionne donc une fois de plus en faveur de vraies solutions sociales et solidaires plutôt que des discours qui jouent sur la peur de l’autre, qui attisent la haine, et qui nous détournent des vrais problèmes . Contrairement à ce qu’ont prétendu la police de la ville et le bourgmestre à coups de rumeurs et de fausses informations.

Interdiction de se rassembler à Bruxelles : la ville persiste dans sa ligne dure et fait taire toute contestation.

Le 28 novembre dernier, la ville interdisait une première fois un rassemblement visant à dénoncer la politique du « tout sécuritaire » mise en place par la ville au détriment de solutions sociales et solidaires. Aujourd’hui, le Bourgmestre Philippe Close a une nouvelle fois publié un arrêté visant à interdire la manifestation bien que l’événement ait été reporté afin notamment de remettre une demande officielle, d’entrer en contact avec les autorités et de les rassurer sur la volonté d’organiser un rassemblement pacifique.

De la bouche même de la police de la ville, depuis l’arrivée de P. Close au poste de Bourgmestre,
« il y a un changement de paradigme ». Celui-ci serait moins disposé à accepter qu’on questionne ou critique sa politique. On a pu le constater lors des récents événements à Bruxelles qui ont été marqués par la brutalité de différentes interventions de la police. Une police qui ne semble à aucun moment chercher à faire descendre la tension, comme en témoignent aujourd’hui de nombreuses personnes présentes pacifiquement sur ces événements. On a aussi pu le constater à travers la stratégie médiatique basée sur une communication alarmiste et sensationnaliste. Celle-ci nous semble avant tout profiter aux récupérations racistes de tout bord ( messieurs Francken et Jambon en tête… ), et sera bien utile pour justifier de nouvelles dépenses dans la répression, comme avec le projet d’engagement de 500 nouveaux policiers pour Bruxelles.
Il nous semble évident que la ville de Bruxelles joue avec le feu en restant figée sur une ligne répressive dure qui ne laisse place à aucune autre solution que celle du bâton même lorsqu’il s’agit de critiquer pacifiquement certaines décisions prises par la ville. Le social ne semble être plus pour le bourgmestre qu’un ornement superflu sur l’étendard de son parti.

Au regard de la communication de la police et de la ville concernant les manifestations prévues cette semaine, nous ne pouvons que relever la stratégie de tension qui consiste à propager rumeurs et fausses informations dans les médias et ensuite d’utiliser ces rumeurs comme arguments d’interdiction. La ville a notamment associé la campagne STOP RÉPRESSION et le rassemblement prévu à un risque d’émeute alors que l’action prévue à été annoncée ouvertement comme pacifique ( tout comme le reste de nos activités d’ailleurs ). Les autorités ont ensuite usé de cet argument pour interdire le rassemblement, s’appuyant sur le risque lié à la médiatisation qu’ils ont eux-mêmes organisée. (cfr. le 1er article parlant de notre rassemblement et se basant uniquement sur une source policière anonyme suivie par la ville de Bruxelles : http://www.nieuwsblad.be/cnt/dmf20171127_03211857)

Il s’agit là d’une manœuvre nauséabonde et sournoise de la police suivie par la ville de Bruxelles pour bafouer un droit fondamental, celui de se réunir afin de participer au débat public nécessaire à toute démocratie digne de ce nom.

L’arrêté du bourgmestre de la ville de Bruxelles : Une stratégie de la tension pour faire interdire un rassemblement pacifique  

La campagne STOP RÉPRESSION dénonce une stratégie de la tension organisée par la police avec le soutien de la ville de Bruxelles

(Toutes les citations en gras sont tirées de l’arrêté du bourgmestre de la ville de Bruxelles du 29 novembre 2017)

Télécharger l’arrêté d’interdiction: http://docdro.id/lebfdD8

1. MANIPULATION DES MÉDIAS ET STRATÉGIE DE TENSION

« Attendu que le rapport de police indique également que l’attention des médias pour cet événement aura un effet incitatif sur les personnes ayant de mauvaises intentions »
 

Nous tenons à rappeler que l’attention des médias sur cet événement a été organisée par la police, suivie par la ville de Bruxelles. Nous en voulons pour preuve le premier article citant notre rassemblement http://www.nieuwsblad.be/cnt/dmf20171127_03211857
Les seules sources sur lesquelles s’appuie l’article sont une source policière anonyme et la porte-parole du bourgmestre. Il apparaît alors clairement que la police, suivie par la ville de Bruxelles ont organisé elles même l’attention des médias en propageant rumeurs et fausses informations pour associer campagne Stop Répression et violence.

2. PROPHÉTIE AUTORÉALISATRICE

« Qu’il est donc possible et probable que cette manifestation se transforme également en émeute constituant un danger pour les riverains, les passants et les policiers ; »

On le voit, la police suivie par la ville de Bruxelles a délibérément propagé rumeurs et fausses informations pour attirer l’attention médiatique et ensuite utilisent cette attention médiatique qu’ils ont sciemment créée pour justifier l’interdiction d’un rassemblement pacifique et démocratique.

Interdiction d’un rassemblement pacifique :  La ville de Bruxelles bafoue un droit fondamental.

Ce mardi 28 novembre, la ville de Bruxelles a pris la décision d’interdire un rassemblement pacifique prévu ce mercredi 29 novembre. Par cette décision la ville de Bruxelles bafoue un droit fondamental de notre démocratie.



Nous organisons ce rassemblement pour dénoncer les abus policiers et des autorités,  notamment lors des événements des 11 et 15 novembre dans le centre-ville ainsi que la répression intensifiée qui a suivie. Suite à ces événements, dans les quartiers populaires aux alentours, comme Anneessens, des témoignages nous sont arrivés décrivant des contrôles au faciès et prises de photos sur de nombreux jeunes du quartier.

Nous dénonçons fermement l’interdiction de manifester que tente d’instaurer le bourgmestre PS Philippe Close ainsi que la criminalisation de notre campagne dans les médias, qui relayent des propos de policiers, disant que nous poussons à la violence envers la police.  Il n’en est rien. Nous organisons des actions pacifiques justement pour dénoncer la violence  provoquée par l’état à travers ces services policiers et les mesures liberticides, discriminatoires et stigmatisantes qu’il a instauré ces dernières années. C’est visiblement cela qui fâche les autorités.

Nous constatons que la ville de Bruxelles rejoint l’état fédéral dans sa politique de répression en interdisant un rassemblement pacifique.

Ces autorités, avec la complicité de certains médias, parlant de risque d’émeutes par rapport à notre événement attisent les tensions entre la population et les autorités.

Suite aux violences policières de ces dernières semaines, suite au propos tenu par certains policiers relayé par les médias, suite à la décision de la ville de Bruxelles interdisant le rassemblement et n’étant plus en mesure d’assurer la sécurité des participant.es., nous avons donc décidé de reporter le rassemblement initialement prévu ce mercredi  à ce samedi 02 décembre.

Nous espérons que la ville de Bruxelles se rappellera que nous fonctionnons dans un système démocratique et que le droit de manifestation, une conquête du mouvement ouvrier, est un droit garanti.

Face à ce climat sécuritaire et liberticide, il est d’autant plus important de faire entendre une autre voix, d’affirmer nos droits, de nous rassembler, d’occuper l’espace public, de dénoncer des choix de société et des agissements injustes, discriminants et/ou violents même quand il s’agit d’actes impliquant des décisions politiques.
Nous maintenons donc notre détermination à faire ce rassemblement et nous le reportons à ce samedi 02 décembre.

Théâtre action contre la répression !

Nous dénonçons les mesures racistes et liberticides dans le cadre notamment de la lutte antiterroriste, la loi de « déportation » ainsi que la répression subie par les Sans-papiers.
le groupe Stop Répression de Bruxelles a décidé de focaliser son travail sur ces 3 axes en plus du soutien aux diverses victimes de violences policières que le groupe peut rencontrer et soutenir dans une campagne propre comme Moad par exemple ou toutes formes de répression d’Etat dont on peut entendre parler.

 

 

POLICE FEDERALE, MILICE DU CAPITAL

Lors du dernier sommet européen du 15-16 octobre dernier, les dirigeants européens se sont une nouvelle fois cachés derrière la police pour élaborer leurs politiques violentes et antisociales. Celle-ci n’a reculé devant aucune méthode pour protéger les puissants et leurs profit. 

Le jeudi 15 octobre avait lieu une action de désobéissance civile non-violente visant à perturber autant que possible le sommet européen. A cette occasion, nous avons pu assister à un énorme déploiement policier, complètement disproportionné face à des militants non-violents.

Des personnes ont été encerclées, puis arrêtées dans plusieurs rues au nord du rond-point Schumann avant d’être arrêtées, colsonnées et assises par terre en chenille dans le froid et l’humidité pendant plusieurs heures. Du fait de telles conditions d’arrestation, deux personnes ont fait une crise d’hypothermie tandis qu’un homme a été pris d’un malaise grave devant les policiers, qui l’ont laissé colsonné à même le sol durant une heure. Au même moment, un citoyen qui filmait la scène a été bousculé par les policiers présents lui l’ont sommé de quitter les lieux [LIEN].

Plusieurs personnes filmant les événements, journalistes citoyens et professionnels, ont été malmenées par la police : bousculades, interdictions de filmer, arrestations. C’est notamment le cas de l’équipe de Zin TV, dont le cameraman a été arrêté. Les images qu’il avait prises pendant la journée ont été effacées par les policiers [LIEN]. Ces images démontraient l’attitude violente, arbitraire et humiliante de la police à l’égard des manifestants. D’autres images corroborent les témoignages de manifestants ayant été arrêtés de manière brutale alors qu’ils ne se rebellaient pas (étranglement, coup de matraque, etc.). Aucune loi n’interdit pourtant de filmer une arrestation et filmer est d’autant plus légitime si l’enregistrement permet de démontrer un comportement problématique de la part de la police.

Le samedi 17 octobre, une manifestation ayant rassemblé plus de 3000 personnes a eu lieu. Malgré l’interdiction de M. Mayeur, qui voulait «  ne pas perturber le shopping du samedi dans le centre », les manifestants ont défilé jusque sur la place de la Monnaie. De là, une trentaine de militants se sont rendus dans la rue Neuve pour occuper pacifiquement le Macdonald pendant quelques minutes avant de se diriger vers le Quick juste en face. Le tout se déroulait dans une ambiance festive (musique, poudre colorante, fumigènes, etc.) jusqu’à ce que des policiers rejoignent la rue Neuve en courant, casqués et matraque à la main.

Les policiers ont poursuivi les manifestants jusque dans les ruelles avoisinantes où ils ont procédé à des arrestations, parfois bien après la dislocation du petit rassemblement. Ils ont ainsi interpellé et arrêté des personnes au hasard, dans la rue Neuve et aux alentours, sous prétexte qu’ils ressemblaient à des manifestants. De fait, des manifestants, il y en avait un peu partout : une manifestation venait de se terminer à deux pas de là.

Un journaliste italien a été arrêté alors qu’il était en possession d’une carte de presse. Il affirme qu’un des agents lui a porté un coup à la tête pour lui confisquer son appareil photo. Lors de sa sortie de cellule, les agents de police ont refusé de lui rendre sa carte mémoire. Au même titre que d’effacer des photos, ceci n’est pas légal sans mandat d’un juge d’instruction.

Une vingtaine de personnes ont finalement été arrêtées arbitrairement ce jour-là. Certaines ont juste eu le malheur de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Une partie d’entre elles sont poursuivies pour dégradations.

Force est de constater que les affaires et le commerce priment sur notre droit fondamental à manifester notre désaccord avec un traité et avec un système socio-économique qui donne toujours plus de pouvoir aux multinationales tout en nous appauvrissant sans cesse. Cette priorité se traduit dans la volonté d’Yvan Mayeur de transformer le centre-ville en zone commerciale dédiée au tourisme, à l’encontre des intérêts des travailleurs (piétonnier, zone touristique, interdiction de manifester).

Pour appliquer ses attaques sociales, le gouvernement renforcement de la violence et de la répression de la contestation : police infiltrée lors de la manifestation nationale du 7 octobre, huissiers sur les piquets de grève, attaque en justice de grévistes, répression violente à l’égard de manifestants pacifiques les 15 et 17 octobre, etc.

En promouvant le marché et la répression qui le protège alors qu’il se déclare opposé au TTIP, Yvan Mayeur étale au grand jour le triste spectacle de ses contradictions.

Nous appelons tou.te.s à être solidaires avec tous les arrêtés. Nous espérons qu’ils porteront plainte même si cela n’aboutit que rarement. Pour la campagne Stop Répression , face à l’impunité quasi-totale de la police. Il faut surtout une réponse politique, en poursuivant nos mobilisations unitaires, pour contrer la montée sécuritaire – de Mayeur à Jambon – et la loi du profit !