Les candidats de la répression: Freddy Thielemans

Depuis qu’il est bourgmestre, Freddy Thielemans à été confronté de nombreuses fois à des cas de violences. Celles que l’on retrouve le plus couramment, ce sont les violences contre les manifestants :

En 2007, une manifestation de sans-papiers et d’étudiants devant l’office des étrangers est durement réprimée, une centaine de personnes sont arrêtées. 13 personnes sans papiers sont envoyées en centre fermé. L’arrestation à eu lieu alors qu’au même moment, des représentants étaient en négociations à l’hôtel de ville. Malgré l’ineptie de la situation le bourgmestre Thielemans soutiendra sa police. Ce n’est qu’après que des manifestants aient perturbé la fête du progrès et le rassemblement du premier mai qu’il fera marche arrière.

Le président de la ligue des droits de l’homme expliquait encore récemment son propre vécu avec la police de monsieur Thielemans. Alors qu’il devait rendre visite avec un collègue avocat à des personnes arrêtées, la police lui interdit l’accès aux prisonniers « tant qu’il n’a pas dispersé la manifestation dehors ». Lorsque les avocats répondent qu’ils ne sont pas responsables de cette manifestation et que de toute façon ils ont le droit de voir les prisonniers, tout dégénère. La police plaidera la rébellion (non poursuivie dans ce cas-ci) et le tribunal accordera le non-lieu. Une stratégie classique de renversement de la situation que nous connaissons que trop bien.

Plus proche de nous, lors du camp « No Border » plusieurs manifestations tournent mal. Une manifestation de clowns notamment est arrétée avant même d’avoir pu rejoindre le cortège de l’euro manifestation du 29/09. La tension avec les forces de police ne vient pas des faits, mais de rapports que la police aurait reçus de la police allemande.

Le 26/09, 1er jour du camp no border, une manif’ a lieu au 127bis (organisée chaque année par la crer pour l’anniversaire de la mort de Semira). Manif’ très tendue entre manifestants et policiers (à cheval, alors que les manifestants sont peu nombreux et que rien ne justifie donc les chevaux), tous filmés, photographiés en gros plan et fouillé à la sortie de la gare. La police a même chargé les manifestants contre les grilles du centre. Sur le chemin du retour vers la gare, complètement encerclés de policiers, les chevaux ferment la marche et poussent les manifestants dont certains s’intercalent entre les chevaux et le groupe pour calmer le jeu. C’est là qu’à lieu l’incident. Un policier tombe de cheval. 2 personnes sont arrêtés pour rébellion : une d’entre elle sera arrêtée à nouveau dans un bus stib le mercredi 29/09 (en route lui aussi pour la manif’). C’est aux casernes, quand il refuse verbalement la prise de photo qu’un policier le reconnaît du 127bis. Il est plaqué au mur pour la photo et se retrouve avec une deuxième accusation pour rébellion. Deux des arrêtes ont été condamnés récemment pour rébellion. Un des deux à même été inculpé de rébellion armée, l’arme en question étant une baguette de tambour. Le fait que le policier blessé par la rébellion en question soit tombé de son cheval parce qu’il avait mal sanglé sa selle n’a pas perturbé la cour.

Au même moment, la police de Bruxelles va s’illustrer dans le brutal et l’arbitraire. En effet, en plein milieu de l’euro manifestation du 29 septembre 2010, la police va, préventivement, isoler et arrêter très violemment les manifestants du NoBorder. Jamais le bourgmestre ne prendra ses distances sur la façon dont sa police (avec manifestement des directives très claires) a traité ce contre sommet.

Et en juin dernier, le bourgmestre autorise sur le territoire de sa commune une manifestation de la formation d’extrême droite de Mr. Modrikamen (le parti populaire) et de la milice néo-fasciste Nation. Il autorisera finalement aussi par voie de presse la contre-manifestation antifasciste qui y répondra. Cette dernière sera brutalement réprimée, devant les caméras, dans la station de métro Trône. Les images brutales susciteront bien sûr une intervention dans les médias demandant un enquête. Mais à aucun moment Mr Thielemans ne reconnaît que sa police à dépassé les limites. On ne parle même pas de la réalité de l’enquête ou de son suivi. La campagne était d’ailleurs présente.

De façon plus générale, la police de Bruxelles ville est souvent impliquée dans des tensions autour de manifestations. Bien que de nombreux acteurs dénoncent son rôle dans de nombreux « débordements », jamais le chef de la police, Mr Thielemans, n’a reconnu ce fait. Jamais, il n’a voulu discuter de l’opportunité de mettre en place une structure pourtant fondamentale pour une transparence et/ou une responsabilisation de son corps répressif face aux citoyens. De façon plus générale, la politique de la ville indique plutôt une participation active dans la criminalisation des mouvements sociaux.

Ainsi au delà des exemples (parmi de nombreux autres), la ville recours aussi de plus en plus souvent aux amendes administratives dans le cadre de manifestations. Ces amendes, arbitraires et contraires au principe même de procès équitable et de justice indépendante, sont utilisées comme punition par la ville pour des actions politiques et militantes. Ainsi récemment, des militants qui demandaient l’intervention du premier ministre dans le dossier des sans papiers, ont déroulé une banderole au balcon du Parti Socialiste. Ils ont été évacués sans ménagement par la police. Quelques mois plus tard ils ont reçu une amende administrative de 250€ chacun. Il s’agit donc bien de punir et de freiner le droit de manifester.

 Mais le problème de l’arbitraire c’est que parfois on se retrouve avec des amendes pour des faits incorrects ou complètement faux. A titre d’exemple, une militante de la campagne a ainsi reçu un avertissement la menaçant d’une amende basée sur un document de police rempli d’inexactitudes voir d’inventions pures et simples. Il s’agissait donc d’un avertissement pour une amende en cas de récidive (c’était au début, maintenant on envoie même plus d’avertissement, c’est directement une amende) pour arrestation lors d’une manif’ non autorisée. A l’époque, la ville envoyait une copie du pv d’arrestation (doc difficile a obtenir normalement) avec la lettre de sanction.
La militante à alors constaté que sur le pv :

  • la raison de l’arrestation est incorrecte: manifestation non autorisée alors que ils étaient 4 a marcher sur un trottoir et que la manif était finie depuis 2h. Ils étaient loin de l’endroit de la manifestation. Le motif donné au moment de l’arrestation était qu’il s’agissait d’une mesure préventive jusqu’à la fin du sommet européen. L’arrestation préventive n’est évidemment pas légale.
  •  L’endroit d’arrestation est faux : « rue Ducale » alors que l’arrestation à eu lieu rue Royale.
  • Et pour compléter le tout : « prise de photo » : non alors que tous ont été photographiés à l’Amigo…et comme tout le monde avait donné son  identité, la prise de photo n’était pas légale.

Il ne s’agit que d’un exemple des débordements que « Freddy » sponsorise depuis un certain temps déjà.

Il faut ajouter que la criminalisation et la violence de la police de Bruxelles ville à l’égard des manifestations et de l’action politique n’est que le sommet de l’iceberg. En effet, la campagne constate tous les jours que dans le quotidien des citoyens de la commune, les abus sont nombreux et dans la plupart des cas ils ne donnent pas lieux à des plaintes. On peut trouver un exemple de ses violences communes et anonymes ici. Quand c’est le cas elles ne sont d’ailleurs pas poursuivies… Il y a donc bien un problème que Mr Thielemans se refuse à reconnaître, préférant dénoncer la fertilité trop importante de certains de ses habitants…

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