une manifestation spontanée contre l’extrême droite, sans police, sans problèmes!

une manifestation spontanée contre l’extrême droite, sans police, sans problèmes!

‘’ La jeunesse emmerde le front national ! ’’

10317745_636865469731839_6009304599695614001_oC’est ce qu’ont scandé 2500 manifestants révoltés contre la monté de l’extrême- droite en Europe ce mercredi 28 mai à Bruxelles.

Les manifestants, en grande majorité des jeunes, avaient répondu à un appel des Jeunes Organisés et Combatifs. Rejoint pas d’autres organisations (USE, EGA, JFGTB,…), les JOC bxl avaient fixé rendez-vous place du Luxembourg face au Parlement Européen, où Marine Le Pen donnait une conférence de presse avec ses alliés fascistes européens.

Etant donné le grand nombre de personnes ayant répondu à l’appel, lancé deux jours plus tôt, et la détermination d’être entendus, le rassemblement prévu initialement s’est rapidement transformé en manifestation spontanée.

Le cortège s’est alors dirigé vers le Parlement Européen en traversant l’Esplanade jusqu’aux fenêtres de la salle où Marine Lepen tenait sa conférence avec les représentants des autres partis d’extrême-droite ; cortège bien déterminé à faire entendre aux racistes et fascistes qu’ils n’étaient pas les bienvenus, que le fascisme tue et que nous les confronterons partout où ils iront.

Après avoir réussi à occuper ces lieux – pourtant interdits de manifestation – nous sommes ensuite revenus sur nos pas.

Nous avons alors bifurqué sur l’Esplanade pour nous diriger – en prenant énergiquement la rue – vers un Haut Lieu du Pouvoir : Le Berlaymont, siège de la Commission européenne . L’objectif était de montrer que les jeunes ne se bornent pas à dénoncer les partis racistes et fascisants mais qu’ils considèrent ceux qui mènent des politiques anti sociales, la commission européenne en première ligne, comme responsables d’avoir crée les conditions pour la montée de l’extrême droite.

Le bourgmestre PS d’Ixelles avait annoncé préalablement qu’un rassemblement (et non une manifestation) serait toléré. A aucun moment les forces de l’ordre n’ont tenté de barrer la route au cortège, malgré son caractère spontanée et le trajet décidé au dernier moment.

Ce n’était pas la première manifestation essayant de s’exprimer au Portes de la Commission mais une des seules à avoir réussi à s’y rendre, pacifiquement et sans violences policières. La détermination et l’enthousiasme des manifestants y est pour beaucoup.

Au pied du Berlaymont – dernière étape de la marche – plusieurs manifestants ont pris la parole entre des slogans dénonçant la montée de l’extrême-droite ainsi que les politiques anti-sociales qui créent un terreau fertile au développement d’un nationalisme xénophobe. Ils ont montré que de la Grèce à la France en passant par Bruxelles, nous résistons à la montée du racisme, de l’extrême droite et du fascisme. Cette résistance passe par l’action collective, la mobilisation, contre l’extrême droite mais surtout pour un avenir et des conditions de vie décentes pour tous.

L’idéologie néolibérale dicte des mesures d’austérité consistant à couper dans tous les budgets des services publics comme l’enseignement, les soins de santé, les allocations, … ; à éliminer la solidarité entre travailleurs, dont la sécurité sociale ; pire encore, à privatiser ces services au bénéfice unique de grands capitalistes.

En bref, sont menacés, tous les acquis sociaux qui ont été obtenus grâce aux luttes acharnées du passé afin que nous puissions vivre dans un monde un peu plus juste.

L’extrême-droite met en œuvre une stratégie populiste visant à détourner la colère légitime des gens contre ce système d’injustice et de privilèges en pointant du doigt des boucs émissaires, comme les populations immigrées. De ce fait, elle divise perfidement les travailleurs et fait le jeu du capitalisme qu’elle prétend dénoncer. L’enjeu pour elle est de restaurer un capitalisme national dans un système liberticide. En bref, le fascisme. Le tout s’accompagne d’une violence brutale, raciste, contre les étrangers, les syndicats, la gauche, les homosexuels, les artistes, … et tout ce qui ne marche pas droit aux yeux de ces mouvements brutaux et barbares.

Maintenant, que faisons-nous ?

Pour lutter efficacement contre l’extrême-droite, nous devons comprendre sa stratégie et dénoncer systématiquement sa violence, son discours de haine et de division. Face à la crise du capitalisme et à la destruction de nos vies, il faut désigner les réels coupables de la crise socio-économique – mais aussi environnementale – qui sont les grands patrons, leurs actionnaires et le monde politique (coupable, complice ou résigné).

Combattre le fascisme et l’extrême droite, c’est s’organiser pour l’arrêter et la confronter partout où elle va. Les Jeunes Organisés et Combatifs ont appelé à une action avec l’USE pour dénoncer le meeting du Vlaams Belang en plein centre de Bruxelles (sans se laisser impressionner par les attaques de skinheads). Lorsque Mischael Modrikamen ou Alain Destexhe sont venus distiller leurs discours de haine et de peurs à l’université Saint-Louis, les JOC saint-louis étaient présents pour les confronter et ne pas laisser leur message passer sans opposition. Partout où ils veulent se présenter comme acceptables, nous nous mobilisons pour accueillir leur discours de peur et de division et la violence qui va avec par un message d’unité et de combativité.

Pour nous lutter contre le racisme et l’extrême droite, c’est surtout lutter contre les causes du cancer : la destruction de nos vies et de notre avenir au nom des banques, des actionnaires et des grands patrons. Les JOC s’organisent donc pour défendre une éducation, un logement et des emplois, de qualité et accessible à tous. Nous luttons au quotidien contre la répression et les violence que l’on impose aux habitants des quartiers, aux manifestants, … Nous cherchons à amener un maximum de jeunes à s’organiser pour défendre l’avenir de tous contre les dérives du capitalisme!

Il s’agit également d’être solidaire envers tou(te)s les exploité(e)s du monde et toutes les luttes émancipatrices, de refuser et dénoncer toutes les injustices que ce soit dans la rue, dans les écoles, les entreprises, les stades, les prisons. Ce combat pour un monde plus juste, plus humain doit être mené partout où nous pouvons agir.

C’est par la lutte et l’organisation collective anticapitaliste qu’on y’ arrivera.

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Détournement d’affiches électorales: Pas de scission sur la répression !

Détournement d’affiches électorales: Pas de scission sur la répression !

Pas de scission sur la répression !

Avec la N-VA divisons, réprimons, contrôlons.

Cette nuit des militants des JOC ont placardé des affiches pour Didier Reynders, Joelle Milquet et Yvan Mayeur aux couleurs de la N-VA. Il s’agit de dénoncer le discours sécuritaire de ces personnalités et de leur parti. En effet, tous acceptent et appliquent la logique du tout sécuritaire qui consiste à remplacer la politique sociale par une politique de contrôle et de répression. Plutot que de jouer la stratégie du meilleur ennemi, les militants de la campagne STOP-répression appellent à parler de vraie sécurité, celle de l’emploi et de notre avenir.

Dans cette campagne électorale, les grands partis dénoncent la N-VA comme l’ennemi à abattre. Ils se proposent comme le rempart face aux logiques de division et d’exclusion des séparatistes. Pourtant, quand il s’agit de sécuritaire, PS, MR ou CDH ne valent pas mieux et appliquent tous la même logique de mesures répressives plutôt que d’aborder les vraies causes sociales des problèmes.

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Nous avons donc décidé de mettre trois personnalités en avant parce qu’ils illustrent bien la supercherie sécuritaire et pour les mettre devant la réalité de leur vision sur le sécuritaire: Didier Reynders, chef de file d’une vision antisociale et sécuritaire ; Joelle Milquet, la ministre qui criminalise et réprime la jeunesse ; Yvan Mayeur, le bourgmestre qui met les intérêts des commerçants et des grands patrons au-dessus de la liberté d’expression et de manifestation comme il l’a encore démontré ce jeudi 15 mai.

La vision politique de Mr. Reynders est celle de la destruction sociale et de la répression. Le ministre des affairesP1150323 étrangères pense qu’il réglera les problèmes de nos quartiers en « mettant plus de bleus dans nos rues ». Depuis 2009, son parti défend l’introduction du Tasers, … Il avance donc une vision d’une police plus nombreuse et plus armée. Par ailleurs, il ne propose que des coupes budgétaires et la destruction des services publics bref l’exclusion sociale. Il passe son temps à opposer travailleurs avec ou sans emploi, jeunes et vieux,… Monsieur Reynders divise et détruit l’avenir et la vie des plus précaires et alimente l’insécurité sociale. Ensuite, il se sert du désespoir et de la peur qu’ils sème pour justifier plus de contrôle et de répression.

Mme Milquet a porté l’extension du système des Sanctions Administratives Communales. Mettre des amendes à P1150337des enfants de 14 ans correspond, pour elle, à les protéger! Ces amendes touchent ceux qui dépendent de l’espace public pour jouer, ceux qui dorment dans la rue, … Anti jeunes et anti pauvres, les amendes de la ministre sont aussi antidémocratiques car arbitraires et contraires aux droits fondamentaux. Ensuite, malgré ces annonces, la ministre Milquet continue d’ignorer la violence et les abus policiers alors qu’elle cède à toutes les demandes des lobbys policiers. Pour finir, alors que son parti à voté le TSCG, qui obligera bientôt la Belgique à de nouvelles coupes budgétaires et donc plus de difficultés pour l’ensemble de la population, la ministre veut « immuniser les dépenses pour la police et la justice ». Il n’y aura plus de sous pour l’enseignement, mais bien pour la répression. « Ouvrir une école, c’est fermer une prison » disait Victor Hugo, Mme Milquet semble savoir que le contraire est vrai aussi…

Yvan Mayeur, Bourgmestre et chef de la police de Bruxelles, défend une vision répressive et de criminalisation des mouvements sociaux. En effet, la police bruxelloise sous sa responsabilité, intervient de façon très agressive contre P1150318le droit de manifester. Ainsi, il veut interdire les manifestations le samedi. Récemment, le Mayeur de Bruxelles a empêché une action d’Amnesty International pour protéger les sentiments du premier ministre chinois. Et surtout, ce jeudi 15 mai, il a fait arrêter près de 300 manifestants pacifiques pour protéger un congrès de multinationales. Des manifestants encerclés ont été aspergés par une autopompe. Les manifestants sont restés enfermés pendant 7h pour avoir manifesté pacifiquement. C’est clair, pour monsieur Mayeur, le droit de manifester et la liberté d’expression ne pèsent pas lourds face aux intérêts de l’argent. La politique de répression est clairement faite pour décourager ceux qui veulent dénoncer la casse sociale et l’injustice implémentée notamment par son parti.

Nous ne voulons pas banaliser les positions séparatistes et antisociales de la N-VA mais plutôt que de jouer la stratégie des meilleurs ennemis, il est grand temps de remettre en question la place que la question sécuritaire occupe en temps de crise. Après plus de 15 ans à aller de mal en pis, il est temps de rompre avec la logique austérité–exclusion-division-répression. Nous avons eu droit à un gouvernement antisocial qui a coupé dans tous les services publics en particulier l’enseignement et les services publics, qui criminalise les chômeurs et les pousse dans la misère le tout face à un marché ou il n’y a de l’emploi ni pour les jeunes ni pour les vieux. A Bruxelles, le transports publics sont devenus un piège à exclus où portiques et policiers transforment le droit de se déplacer en risque d’arrestation. Malgré la promesse du gouvernement de « tendre vers la gratuité », les prix du transport, comme tous les autres, n’ont fait qu’augmenter alors que le gouvernement a bloqué les salaires et grignoté l’index.

Les militants des JOC, appellent à ce qu’on parle de sécurité, mais de vraie sécurité, celle de l’emploi et de notre avenir. Parlons de parcs et d’activités pour nos enfants, d’éducation pour nos jeunes et de santé pour nos anciens. Mettons fin aux violences, aux abus et aux contrôles aux faciès de la police dans nos quartiers. Parlons des causes et agissons, plutôt que d’agiter la peur et le désespoir pour justifier les caméras, les uniformes et la répression. En bout de course, il semblerait que ce soit la seule dépense publique que certains veulent encore défendre. Cessons d’utiliser la division et la peur que tente de semer la N-VA pour détourner l’attention de toutes ces questions fondamentales.

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Vidéo de l’action : [youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ngu92wI_cao[/youtube]

Temoignage J. frappé par un agent pour avoir fait « santé » !

Temoignage J. frappé par un agent pour avoir fait « santé » !

La victime à préféré rester anonyme. Nous avons modifié certains détails de l’histoire afin de de préserver son anonymat. Toutefois les faits sont fidèles à son témoignage. Les faits datent de l’automne 2013.

Samedi soir, je vais au restaurant avec mes beaux parents. Ma compagne décide de rentrer par après. Moi je décide de sortir pour boire encore un verre avec des potes. On va dans une boite sur l’avenue louise. On boit deux verres de Vodka (une bouteille à cinq).Au moment de rentrer, mon ami veut me redéposer en voiture. Je lui dis non car il a bu. Je vais rentrer en métro de Louise à Botanique.

J’ai un ami qui a un café dans une des rues près de la rue d’Aerschot. Je veux aller boire un dernier verre chez lui, mais le Café est fermé. Le café est dans le bas de Schaerbeek, je passe donc par la rue d’Aerschot, comme je le fais d’habitude, pour rentrer chez moi.

Je sympathise avec un mec près d’un night shop. J’étais de très bonne humeur. J’ai même appelé ma femme qui m’a fait remarquer que j’étais de très bonne humeur. Il suffirait de vérifier les vidéos du night shop. J’étais pas amoché et absolument pas énervé.

Là on marche un peu. On croise une patrouille. Ils nous interpellent :

–       « vous ne pouvez pas consommer d’alcool sur la voie publique ». (Je bois une cannette de wisky)

Un peu étonné, je fais un geste « santé » à l’agent. Il me parle, donc je m’approche de la voiture. Du coup, ils sortent. Ils ont l’air très nerveux. Je recule en lui disant que je vais vider ma cannette. Ils me disent que c’est trop tard :

–       « viens avec nous petit con ».

Il me font clés de bras et me propulsent le visage en avant contre une façade. Je suis complètement sonné et surpris. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Ils m’embarquent dans la voiture.DSC06030 flou

Dans la voiture, ils me fouillent et prennent ma carte d’identité. Je leur dis que je suis orphelin de père. La tout d’un coup, les policiers me parlent de ma mère. Je suis un peu surpris, je ne l’ai plus vue depuis 15 ans. Ils me disent qu’ils la connaissent, me donnent son nom. Ils l’insultent, me disent que c’est une « grosse pute »… Je suis un enfant des homes, je me suis débrouillé tout seul. Je ne me laisse pas impressionner et je lui dis :

–       « ah bon tu savais pas ? ».

Là sans avertissement. L’agent se retourne et me met un coup de poing dans le plexus. Apres les coups pleuvent de partout. Je suis dans la voiture et menotté dans le dos, je peux rien faire sauf attendre que ça s’arrête. Ils m’amènent de force à l’hôpital.

Une fois arrivé à l’hôpital, je suis assez énervé, vu les coups que j’ai reçu. Je veux pas qu’on me soigne, je veux pas qu’on cache mes blessures. Du coup, on me force à faire une prise de sang. Apres ils reviennent avec une piqure. Je ne sais pas ce que c’est, je veux pas qu’on m’injecte quelque chose. L’agent me fait une nouvelle clés de bras pour me forcer à recevoir l’injection.

Je comprends pas ce qui m’arrive, c’est comme un cauchemar. Tout ca pour une cannette. J’ai déjà fait des bêtises dans le passé et je les ai toujours assumé. Je n’arrête pas de leur dire :

–       « mais j’ai rien fait, j’ai rien fait ».

Quand l’infirmière sort de la salle, les policiers m’insultent et m’intimident. Ils cherchent à m’énerver pour que quand l’infirmière revienne, je sois bien nerveux. Je supplie les infirmières et les médecins de ne pas les laisser m’emmener :

–       « vous voyez bien dans quel état il m’ont mis ».

Je suis en chemise, elle est à moitié arrachée. Le personnel soignant me regarde comme si j’étais fou. Les seuls qui ont l’air de comprendre ce que je vis, c’est le personnel de nettoyage. Je vois dans leur regard que « dans les quartiers, on connait ce que tu vis ».DSC06033

Comment c’est possible que dans un hôpital, on voit quelqu’un de tellement paniqué et qu’on intervient pas. J’aurais franchement préféré qu’ils me mettent en psychiatrie plutôt que de me laisser repartir avec ces deux fous. Je crie en demandant qu’on ne me laisse pas avec ces fous et eux me tirent dans la voiture.

Dans la voiture, celui qui est assis à coté de moi continue à me frapper. Je leur dis :

– « vous avez raison, je suis un con, une pute…»

Ils m’emmènent à Madou au commissariat. Je suis assez agité, du coup, ils ramènent des collègues et un gradé. Ils expliquent que c’est parce que je suis agité pour essayer de justifier les coups. Moi , j’essaye de parler aux autres agents :

–       « je suis un citoyen, j’ai rien fait. Pourquoi vous laisser faire ca »

L’officier ne me regarde même pas et m’envoie en cellule. Ils ne se sont pas intéressés par ce qui s’est passé. J’hallucine. Je suis en colère. Je les menace de contacter la presse et de raconter tout ce qu’ils m’ont fait. Ils sont à sept ou huit autour de moi à se moquer et à m’insulter. Il y a quand même un agent qui se comporte de façon humaine et respectueuse avec moi ; il me rassure et me calme. Je lui suis reconnaissant et le traite avec respect en retour. il va me chercher une boisson. Je lui dis merci.

DSC06032 flouLes deux agents m’accompagnent au cachot en me disant que je vais rester 48h en cellule. Je rentre dans la cellule.

–       Le policier me dit :« à poil »,

–      « ah tu vas me faire des flexions. »

Je trouve ca dégradant, tu bois une cannette et tu te retrouves à poil. Du coup, je lui fais bien voir et je lui demande s’il aime ça.

Une fois seul dans la cellule, j’essaie de comprendre ce qui m’arrive. Je suis complètement halluciné en cellule, c’est un truc de fou. Je suis tellement en colère, je frappe sur la porte, … je n’en reviens pas… tout ca pour une cannette.

Je veux voir un médecin. Je mets mon t-shirt sur la caméra pour qu’ils viennent en cellule. Ils me disent que j’ai pas voulu à l’hôpital et donc tant pis. J’ai une énorme boule sur le poignet à cause des menottes. Je vois trouble parce que mon œil est gonflé. J’ai des bleus énormes sur le torse. On voit les doigts du policier sur mes biceps. Je toujours fais beaucoup de sport. J’ai déjà fait de grosses chutes et pris de coups, mais j’ai rarement eu des blessures comme ca !

Sept heures plus tard, le dimanche après –midi, je suis entendu par une inspectrice. Je lui raconte ce qui s’est passé. Je trouve que dans son PV, elle sélectionne des morceaux de l’histoire, pour mieux m’incriminer. Je lui dis que je ne veux pas signer ce document, qu’il manque des éléments. Elle me dit que c’est pas grave. Par exemple, lorsque je lui explique que j’ai fait « santé », elle écrit « a fait un geste vers les agents avec la canette». On peut interpréter cette phrase comme on veut. Elle me dit que si je ne signe pas, je retourne en cellule.DSC06034

Pendant l’interview une agente de l’accueil passe sa tête dans le bureau. Je lui dit que je la reconnais de la nuit (elle me fusille du regard) et elle me dit que je suis un frustré. J’en peux plus, même sept heures plus tard ca continue. Je veux sortir de ce cauchemar, quitter cette maison de fous et donc je signe. Je ne peux pas rester là plus longtemps.

C’est tellement surréaliste que j’ai du mal à me souvenir de tout ce qui s’est passé dans le commissariat. Il me fallu plus de 24h pour reprendre mes esprit. Ce n’est que lundi soir que j’arriverai à nouveau à manger tellement j’étais choqué. J’ai pas su manger jusque au lundi soir tellement je suis choqué. Je recommence à fumer, c’est réellement un choc de voir des policiers se comporter comme ca. Y a pas de mots pour décrire comment on se sent, on se demande comment c’est possible que ces gens sont sensés représenter la loi et sont responsables de la protection des gens.

DSC06031 flouQuand j’ai voulu porter plainte, j’ai été confronté à un mur heureusement que des amis m’ont soutenu. Et que j’ai pu savoir comment porter plainte et me faire entendre. J’ai pris un avocat.

Lorsque j’ai appelé le comité P, ils m’ont dit de télécharger le formulaire. Quand j’ai essayé, ça ne fonctionnait pas. Ils m’ont dit de venir ou d’aller dans un autre commissariat de quartier. En me disant que de toute façon ca prendrait des semaines. Bref, ils n’avaient franchement pas envie de m’aider. J’ai donc été dans mon commissariat de quartier. Ils m’ont fixé un rendez-vous au contrôle interne.

Mais la folie ne s’est pas arrêtée ce soir là. Je me retrouve aujourd’hui accusé plutôt que victime : je suis accusé de rébellion et de menaces (je les ai menacé de passer sur RTL-TVI et dans la DH). Non seulement je passe de la position de victime à celle de présumé coupable, mais en plus la police me convoque dans le même commissariat. Il était évidemment hors de question de remettre les pieds là-bas. Lorsque j’ai été entendu par le contrôle interne de la police, j’ai demandé à être entendu ailleurs. Ils n’ont jamais donné suite alors qu’ils avaient promis de m’appeler. Mon avocat a donc exigé à ce que je sois entendu ailleurs. J’attend des nouvelles depuis.

D19-20: témoignages des arrétés

Voici le témoignage de l’arrestation et surtout du passage en cellule des manifestants arrétés pour avoir essayé de bloquer pacifiquement le carrefour Cortenberg et rue de la joyeuse entrée lors du blocage du sommet européen du 19 décembre dernier. Ceci n’est qu’un premier rassemblement de témoignages, il ne prétend pas être complet ni définitif. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos témoignages.

« Après la dissolution du bloc de manifestants pacifiques, nous nous sommes presque tous retournés dans le parc. Nous étions pris au piège, des policiers en civil ou en uniformes nous traquaient dans le parc et avaient sans doute reçu l’ordre d’arrêter toutes les personnes qui le retraversaient. J’avais l’impression que nous étions du gibier sur un terrain de chasse.

Derrière moi, plusieurs policiers en civil frappaient à l’aide d’une branche, un garçon qui avait tenté de leur échapper. M’étant tordu le pied en sautant un muret, j’ai décidé de m’arrêter et de m’assoir tranquillement au sol. Des policiers sont passés et ne m’ont même pas vu. Un autre s’est approché de moi et a procédé à l’arrestation. Il m’a ensuite amenée prés des autres, compressés contre les murs par les boucliers des autres agents.

Un des manifestants faisait de la « résistance passive » il se laissait faire comme une poupée désarticulée, obligeant les policiers à le porter. Cela a fort énervé un commissaire de police bruxellois bien connu. Alors que l’homme était par terre et colçonné dans le dos, il l’a étranglé pendant plusieurs dizaine de secondes, devant des policiers qui regardaient ailleurs et des militants attachés qui criaient impuissants.

Un peu avant 15h, on nous ensuite fait monter dans le bus, direction les casernes d’Etterbeek.
Au départ nous étions environ 35 filles dans une cellule. Si nous voulions aller aux toilettes, on nous disait qu’il fallait attendre. La première information que nous avions reçu était qu’ils pourraient sans doute nous rendre notre liberté vers 22H, « le temps que le sommet se finissent et d’enregistrer tout le monde ». Ils nous ont pris toutes nos affaires et séparées en différentes cellules, celles-ci encore plus froides que la précédente. Ils avaient en effet coupé les chauffages. Dans certaines cellules, lorsque nous nous sommes plaints, les policiers ont coupé les lumières..

Les policiers passaient de temps autre, pour nous ignorer, nous insulter, ou nous faire des saluts nazis, la tête cagoulée. En effet, aux alentours de minuit, un policier gardant la caserne a déposé un téléphone portable devant les cellules 7 et 8. Un chant aux accents profondément nationalistes, me semble-il allemands, sortait de l’appareil. Le chant terminé, le policier venu ramasser son bien, salua les détenus d’un salut nazi. De nombreux camarades en sont témoins et attesteront de cet acte plus que scandaleux. De même, cet homme réitéra le geste devant la cellule des filles. Il reviendra plus tard, cagoule avec un brassard en papier aux couleurs du troisième reich. Bien que cet acte soit choquant en soi, ce qui me frappe le plus, ce sont les autres policiers ne réagissant pas, certains rigolaient ouvertement. Si un policier immisce des idées néonazies sans réaction réfractaire dans une caserne de police.

Encore une fois, lorsque nous demandions pour aller aux toilettes, on nous répondait qu’il n’y avait pas assez d’effectif dans la caserne pour le moment pour pouvoir assurer une surveillance aux toilettes. Après avoir réitérer la demande à plusieurs reprises avec des réponses toutes les plus irrespectueuses les unes que les autres (« Ta gueule salope »,…)  ils ont décidé que 22h30 était une belle heure pour nous emmener aux toilettes, un peu après qu’une d’entre nous ait été obligée de se soulager dans un coin de la cellule.

Nous avons aussi appris que le commissaire voulait nous garder plus longtemps que ^prévu et déciderait de nous relâcher après le dernier passage des transports en commun.
Pour passer le temps, nous discutions, chantions, jouions avec nos bouteilles d’eaux vides,…On allait pas se laisser impressionner !

Peu après minuit 30, ils appelèrent les premières d’entre nous pour nous libérer. J’étais la dernière dans la cellule, j’ai regagné le bus, vers une heure. Nous, les filles, avons été relâchées à Porte de Hall, en plein milieu de tout, après une heure trente du matin. Un peu plus tard, nous recevions des nouvelles des garçons ayant été libérés du coté de la place Flagey. »

Soutien et solidarité avec les inculpés du CAS

Soutien et solidarité avec les inculpés du CAS

En 2008, un grand mouvement d’occupations a vu le jour. Sur JOC -2- Moyens de faire tairebase d’occupations dans de nombreuses écoles et universités, le mouvement demandait l’application de l’accord de gouvernement de l’époque. Il s’agissait de créer une solution juridique à la clandestinité forcée des sans papiers.
En soutien à ce mouvement de nombreux comités de soutien se sont organisés dans le CAS, le comité d’action et de soutien aux sans papiers. Les comités ont réunit plusieurs centaines de personnes. A partir des campus et des occupations, ils organisaient des actions et des mobilisations autour de trois revendications: Régularisation de tous les sans papiers, arrêt des expulsions et fermeture des centres fermés.
Lors d’une de ses actions, un groupe de militants à perturbé le congrès de lancement de la campagne des partis libéraux européens. Après cette action, alors que les militants quittaient les lieux, la police a brutalement arrêté six activistes. Sans surprises, la police les accuse de « rébellion » et de « coups et blessures sur agents ». Depuis 5 ans, les six militants criminalisés sont poursuivis et enfoncés dans une procédure judiciaire sans fin.
Pour la campagne stop-répression, la criminalisation des militants du CAS consiste à enfermer ceux qui se mobilisent contre des politiques injustes et intolérables dans des batailles juridiques qui asphyxient le mouvement. De la violence policière aux procès, il s’agit d’effrayer ceux qui voudraient rejoindre les mobilisations et d’isoler ceux qui y participent déjà. Les nombreuses mobilisations des dernières années montrent que les militants ne se laissent pas impressionner: sur tous les fronts, les personnes en lutte, particulièrement les jeunes mais aussi dans le syndicats, les collectifs et les ONG, sont toujours plus nombreuses et plus déterminées.
La campagne STOP-REPRESSION de la JOC se joint donc à l’appel des inculpés à se rassembler le mercredi 27/11 à 8h30 devant le palais de justice de Bruxelles!

Solidarité!
STOP A LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX