COMMUNICATION IMPORTANTE: Nouvelle arrestation d’un militant bruxellois.

Cette après-midi en marge du rassemblement des sans papiers un militant très actif de la gauche bruxelloise a été arrêté. Alors qu’il quittait le rassemblement, il a été coursé, plaqué au sol et menotté. Selon les policiers, il s’agirait d’une arrestation judiciaire sans relation avec la manifestation en cours.

L’arrestation de ce militant n’est pas étrangère à un contexte de répression généralisée des mouvements sociaux et de celles et ceux qui y prennent part. Rappelons qu’aujourd’hui nous manifestions en solidarité avec Ahmed, porte parole du comité des afghans sans papiers, enfermé et expulsé ce mercredi. Il y a quelques mois, c’était un délégué cheminot qui se voyait assigner une astreinte de 1700 euro pour avoir participé à un piquet de grève. Ce ne sont là que quelques exemples, pour les militant.e.s le temps est à la vigilance.

Ce contexte est le pendant des politiques de destruction sociale de ce gouvernement. Devant l’intensification de l’offensive raciste et anti-sociale, la répression vise à diviser et isoler les différentes parties du mouvement. Notre réponse ne peut être que la solidarité et l’unité, cette nouvelle offensive doit nous renforcer dans notre détermination.

Nous vous invitons à relayer cette communication et à rester attentifs/ves à la suite des évènements.

Solidarité face à la répression !

POLICE FEDERALE, MILICE DU CAPITAL

Lors du dernier sommet européen du 15-16 octobre dernier, les dirigeants européens se sont une nouvelle fois cachés derrière la police pour élaborer leurs politiques violentes et antisociales. Celle-ci n’a reculé devant aucune méthode pour protéger les puissants et leurs profit. 

Le jeudi 15 octobre avait lieu une action de désobéissance civile non-violente visant à perturber autant que possible le sommet européen. A cette occasion, nous avons pu assister à un énorme déploiement policier, complètement disproportionné face à des militants non-violents.

Des personnes ont été encerclées, puis arrêtées dans plusieurs rues au nord du rond-point Schumann avant d’être arrêtées, colsonnées et assises par terre en chenille dans le froid et l’humidité pendant plusieurs heures. Du fait de telles conditions d’arrestation, deux personnes ont fait une crise d’hypothermie tandis qu’un homme a été pris d’un malaise grave devant les policiers, qui l’ont laissé colsonné à même le sol durant une heure. Au même moment, un citoyen qui filmait la scène a été bousculé par les policiers présents lui l’ont sommé de quitter les lieux [LIEN].

Plusieurs personnes filmant les événements, journalistes citoyens et professionnels, ont été malmenées par la police : bousculades, interdictions de filmer, arrestations. C’est notamment le cas de l’équipe de Zin TV, dont le cameraman a été arrêté. Les images qu’il avait prises pendant la journée ont été effacées par les policiers [LIEN]. Ces images démontraient l’attitude violente, arbitraire et humiliante de la police à l’égard des manifestants. D’autres images corroborent les témoignages de manifestants ayant été arrêtés de manière brutale alors qu’ils ne se rebellaient pas (étranglement, coup de matraque, etc.). Aucune loi n’interdit pourtant de filmer une arrestation et filmer est d’autant plus légitime si l’enregistrement permet de démontrer un comportement problématique de la part de la police.

Le samedi 17 octobre, une manifestation ayant rassemblé plus de 3000 personnes a eu lieu. Malgré l’interdiction de M. Mayeur, qui voulait «  ne pas perturber le shopping du samedi dans le centre », les manifestants ont défilé jusque sur la place de la Monnaie. De là, une trentaine de militants se sont rendus dans la rue Neuve pour occuper pacifiquement le Macdonald pendant quelques minutes avant de se diriger vers le Quick juste en face. Le tout se déroulait dans une ambiance festive (musique, poudre colorante, fumigènes, etc.) jusqu’à ce que des policiers rejoignent la rue Neuve en courant, casqués et matraque à la main.

Les policiers ont poursuivi les manifestants jusque dans les ruelles avoisinantes où ils ont procédé à des arrestations, parfois bien après la dislocation du petit rassemblement. Ils ont ainsi interpellé et arrêté des personnes au hasard, dans la rue Neuve et aux alentours, sous prétexte qu’ils ressemblaient à des manifestants. De fait, des manifestants, il y en avait un peu partout : une manifestation venait de se terminer à deux pas de là.

Un journaliste italien a été arrêté alors qu’il était en possession d’une carte de presse. Il affirme qu’un des agents lui a porté un coup à la tête pour lui confisquer son appareil photo. Lors de sa sortie de cellule, les agents de police ont refusé de lui rendre sa carte mémoire. Au même titre que d’effacer des photos, ceci n’est pas légal sans mandat d’un juge d’instruction.

Une vingtaine de personnes ont finalement été arrêtées arbitrairement ce jour-là. Certaines ont juste eu le malheur de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Une partie d’entre elles sont poursuivies pour dégradations.

Force est de constater que les affaires et le commerce priment sur notre droit fondamental à manifester notre désaccord avec un traité et avec un système socio-économique qui donne toujours plus de pouvoir aux multinationales tout en nous appauvrissant sans cesse. Cette priorité se traduit dans la volonté d’Yvan Mayeur de transformer le centre-ville en zone commerciale dédiée au tourisme, à l’encontre des intérêts des travailleurs (piétonnier, zone touristique, interdiction de manifester).

Pour appliquer ses attaques sociales, le gouvernement renforcement de la violence et de la répression de la contestation : police infiltrée lors de la manifestation nationale du 7 octobre, huissiers sur les piquets de grève, attaque en justice de grévistes, répression violente à l’égard de manifestants pacifiques les 15 et 17 octobre, etc.

En promouvant le marché et la répression qui le protège alors qu’il se déclare opposé au TTIP, Yvan Mayeur étale au grand jour le triste spectacle de ses contradictions.

Nous appelons tou.te.s à être solidaires avec tous les arrêtés. Nous espérons qu’ils porteront plainte même si cela n’aboutit que rarement. Pour la campagne Stop Répression , face à l’impunité quasi-totale de la police. Il faut surtout une réponse politique, en poursuivant nos mobilisations unitaires, pour contrer la montée sécuritaire – de Mayeur à Jambon – et la loi du profit !

« Arrêtez ! Je ne sais plus respirer » : une mère et son fils tabassés et insultés au commissariat

Mwadi et son fils se sont rendus au commissariat pour faire une déclaration de perte de carte d’identité. Ils se sont retrouvés insultés et tabassés puis mis en cellule. Afin de dénoncer cette situation, beaucoup trop fréquente, un rassemblement est organisé devant le commissariat, rue Démostène à Anderlecht, ce lundi 29 juin à 18h. STOP aux violences policières !

Voici son histoire :

Dimanche 14 juin mon fils est allé à la police Démostène ( Jaques Brel) pour faire une déclaration de perte de carte d’identité. Le policier présent a commencé à lui faire remarquer qu’il était connu des services des polices. Sur quoi mon fils a répondu qu’il n’y était pas là pour ça mais pour faire une déclaration de perte. Ensuite, les policiers l’on menacer de le gifler, on refusé de faire sa déclaration et lui on dit de « dégager ».

Il est alors revenu à la maison vers 13h45 et m’a raconté ça. Je lui ai dit, écoutes, je t’accompagnes pour voir comment ça se fait qu’ils refusent. Je suis arrivée là-bas avec mon fils au alentour de 14h15. Je me suis adressé à la dame de l’accueil et je lui ai dis que je venais voir ce qu’il s’était passé avec mon fils, pourquoi ils lui ont refusé de faire sa déclaration de perte. Celle-ci m’a fait rentrer à l’intérieur en m’indiquant de quel policier il s’agissait. Mon fils lui, est resté dans le couloir.

Je me suis alors adressée au policier en question. Je lui ai demandé : « Mr, pourquoi vous refusez la déclaration de perte de mon fils ». Celui ‘a répondu sur un ton agressif: «  on est pas obligé, ça se fait à la commune ». Je lui ai répondu que ce sont ces collègues de 1000 Bruxelles qui ont conseillé à mon fils, lorsqu’il s’y ai rendu, de leur déclarer par mesure de sécurité. Une de ses collègues est arrivée durant la conversation en secouant une feuille devant moi et en disant «  vous savez lire, on ne fait plus ça à la police on est pas obligé, ça se fait maintenant à la maison communale ».

Celui-ci me répond : «  Ah oui, mais vous voyez comment votre fils me parle, il est impoli ». Je lui ai répondu : « avec vous c’est toujours la même chose même si on vient pour une déclaration de perte, il y a toujours des problèmes, c’est toujours la fautes des autres. Vous vous parlez soi-disant toujours gentillement et c’est toujours les autres qui vous agressent. La preuve, il y a une bonne connaissance à nous, Dieumerci Kanda qui est venu faire une déclaration de perte et qui est mort en cellule. J’ai peur de vous, que ça arrive aussi à mon fils et on qu’on ne maquille ça en suicide. » Je leur ai également dit que j’en sais quelque chose, mon frère ayant été tué par la police. Je leur ai dis que pour toutes ces raisons, je me méfie beaucoup d’eux et que je ne leur faire pas confiance ». Je lui ai dit : pour moi, avec le vécu que j’ai eu et que j’ai subi, la police tue, massacre et humilie et viole des innocents »

«  Quand il s’agit de noirs, d’arabes vous ne les considérez pas comme des personnes ». Ces collègues, présents dans le bureau ont commencé à se méler de la conversation, à m’agresser verbalement: « vous-vous prenez pour qui connasse, on est pas des racistes… » L’un me disant : la preuve j’ai pris la plainte d’une africaine en me montrant une feuille avec la photo de la dame en question ». Le ton a commencé à monter. L’ensemble des policiers présents sont sorti de leur bureau et sont venu vers moi pour m’agresser verbalement. Il m’ont dit : «  maintenant vous vous calmez et vous sortez » en se dressant devant moi. Je me suis levée, leur ai demander de ne pas me parler comme ça « parce que je suis pas une chienne », que j’ai une bouche pour parler et m’exprimer, que nous sommes en 2015 et qu’il faut respecter la liberté d’expression ». Dressés devant moi, ils ont commencé à me bousculer. Je me suis dirigée vers la sortie.

Une fois dans le couloir, je m’inquiète de ne pas voir mon fils. J’ai alors demandé au policier m’escortant, où était mon fils. Et il m’ont répondu : «  on ne sait pas » en me poussant vers la sortie. J’ai refusé de sortir sans mon fils et j’ai insisté pour savoir où il était par peur de ce qu’ils pourraient lui faire. Ils m’ont poussé dehors mais je leur ai dis que je ne sortirais sans mon fils car il n’y avait pas de raison qu’ils le gardent. Ils ont claqué la porte devant mon nez. J’ai sonné et j’ai dis que je ne partirais pas et que j’attendais mon fils. Ils sont alors sorti à plus ou moins 8. J’ai hurlé en leur disant de ne pas me toucher. Ils m’ont fait une clé au niveau du cou, me coupant ainsi la respiration pour m’empêcher de crier. Ils m’ont fait rentrer de force dans le commissariat en me soulevant et m’ont porté un coup sur le visage. Je leur ai dis : « arrêtez, je n’arrive plus à respirer ». Une fois à l’intérieur, je leur ai demandé de me lâcher. Ils m’ont jetée par terre, ils m’ont mis un pied sur le dos pour m’immobiliser et continuait à me me faire une clé au niveau du cou. J’étais prête à m’évanouir. La femme qui m’a agressée verbalement plus tôt est arrivée, elle a arraché mes chaussures et mon soutien gorge. Ils m’ont ensuite poussée dans un cachot. J’étais mal en point, j’avais mal au larynx, aux oreilles et j’avais du mal à respirer.

J’étais couchée par terre dans le cachot et j’ai sonné plusieurs fois sur un bouton en appelant à l’aide. Environ une heure aprés, des ambulanciers sont rentrés dans le cachot accompagnés de deux policiers. Ils ont pris ma tension, on dit au policier qu’il n’y avait rien d’urgent et sont repartis. Je suis restée au cachot jusqu’à ce qu’ils me fassent sortir. Il était alors 22h10. Mon fils est sorti au même moment. Ils nous ont fait signer des papiers de sortie et nous ont rendu nos affaires. En sortant de là, nous sommes allés aux urgences pour faire constater les blessures et je me suis appercue que je n’avais plus l’argent que j’avais avant mon arrestation (300 euros).

MOBILISATION CONTRE LE MEETING DU PARTI NEONAZI AUBE DOREE EN BELGIQUE: NO PASARAN !

Ce 4 octobre 2014, le MAS – un mouvement fasciste français – organise un meeting en Belgique avec deux eurodéputés d’Aube dorée (Grèce) et le président de Casa Pound (Italie). Ces deux organisations ouvertement fascistes, néonazies et violentes n’ont rien à faire dans nos quartiers!

Aube Dorée est une organisation néonazie et violente qui attaque les immigrés, les musulmans et les Roms dans les rues et les marchés d’Athènes où encore les syndicats et les citoyens dans les manifestations et sur les piquets de grève. On se souvient que ces militants ont assassiné le rappeur Pavlos Fyssas en pleine rue l’année dernière. Les liens de cette organisation avec la police grecque sont nombreux et leur assurent une totale impunité en Grèce. Comme toutes les formations d’extrême-droite, ils attaquent tout ceux qui refusent de marcher au pas derrière leur chef.

Casa Pound est peut être moins connue sous nos latitudes, il s’agit d’un mouvement italien qui se veut « le fascisme du XXI siècle ». Ils sont considérés comme un modèle pour énormément de mouvements d’extrême droite européens, ils se réclament notamment héritiers de Mussolini et se basent sur des milices de rues animées par leur organisation étudiante! Extrêmement violents, en 2006, ils ont attaqué des étudiants du secondaire à coup de ceinture dans une manifestation pour une école démocratique. Un chef, une nation « éthique », … cette organisation avance à visage masqué pour ressortir des poubelles de l’histoire une horreur sans nom.

Face au désastre social que nous imposent les gouvernements et les spéculateurs, ces formations prétendent combattre le « système ». L’histoire a prouvé que tout ce qu’ils proposent c’est de la barbarie, des massacres et des guerres. Pour nous, les réponses aux crises du capitalisme passent par la mobilisation solidaire et unitaire des 99%.

Nous refusons de laisser les fascistes et les nazis répandre leur haine du « musulman », du « juif », de l’étranger ou du militant. Ils sont dangereux et il faut les arrêter partout et toujours ! Faisons entendre notre voix. Arrêtons ce meeting.

Rejoignez la contre manifestation populaire et antifasciste ce samedi 04 octobre à la Gare Centrale.

USE, JOC Bruxelles, EGA, Blockbuster, Initiative de Solidarité avec la Grèce qui Résiste, FEWLA, JAC; LCR-SAP, interrégionale du Front Antifasicte, ACV jongeren, COMAC, Les Jeunes FGTB Charleroi & sud hainaut, Jeunes FGTB, Agir pour la Paix,…

 

Lien de l’événement facebook : https://www.facebook.com/events/951739591507848/

Télécharger le tract ici: http://www.stop-repression.be/?attachment_id=2140

Les policiers ne sont (presque) pas formés à l’intégrité

Un article paru récemment dans De Standaard, met en évidence le peu de cas que les autorités font de la question de l’abus policier. En effet, la chercheuse Annelies De Schrijver (KUL) souligne les grands cas de conflits moraux auxquels les policiers sont confrontés et insiste sur le fait que presque rien n’est mis en place dans la formation des jeunes agents pour les amener à adopter un comportement juste par rapport au citoyen lorsqu’ils sont confrontés à un abus ou des violences de la part d’un collègue.

L’impunité commence avec la formation et se termine avec des instances de contrôle (comité P) qui ne sanctionnent quasi jamais les abus.

voici un résumé de l’article:
source: (http://www.standaard.be/cnt/dmf20140924_01284675)

Une étude de la KUL, montre que les policiers sont à peine préparés à comment gérer un dilemme moral. Sur base d’interviews et de questionnaires avec près de 400 reçues, la chercheuse Annelies De Schrijver, a étudié comment se forme l’intégrité des jeunes policiers pendant leur formation.

Selon la chercheuse, la quasi absence de travail sur l’intégrité explique notamment le fait que de nombreux policiers couvrent leur collègues en cas d’abus où de violences. En effet, à part un petit cours de déontologie d’à peine 8 à 14 heures, la question de l’intégrité n’est absolument pas abordée.

exemple: deux policiers en patrouille remarquent une voiture qui fait des mouvements bizarres. Lorsqu’ils l’arrêtent, ils trouvent des armes dans le coffre. les deux personnes qui étaient dans la voiture prennent la fuite en courant. Les policiers en rattrapent un. avant de le conduire au commissariat, un des deux agents met des coups de pied dans le ventre de la personne menottée jusqu’à ce qu’elle donne le nom de celui qui a réussi à s’enfuir.

En théorie, le deuxième agent devrait faire rapport des abus commis par son collègue. Pourtant, c’est rarement le cas. La criminologue affirme que dénoncer un collègue est difficile. Elle dit aussi que de nombreux policiers sont prêts à couvrir la consommation d’alcool ou de drogues par leur collègues. Elle affirme donc qu’il est urgent d’améliorer la formation des policiers qui disposent d’un important pouvoir de décision lorsqu’il sont en patrouille par groupes de deux.

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une manifestation spontanée contre l’extrême droite, sans police, sans problèmes!

‘’ La jeunesse emmerde le front national ! ’’

10317745_636865469731839_6009304599695614001_oC’est ce qu’ont scandé 2500 manifestants révoltés contre la monté de l’extrême- droite en Europe ce mercredi 28 mai à Bruxelles.

Les manifestants, en grande majorité des jeunes, avaient répondu à un appel des Jeunes Organisés et Combatifs. Rejoint pas d’autres organisations (USE, EGA, JFGTB,…), les JOC bxl avaient fixé rendez-vous place du Luxembourg face au Parlement Européen, où Marine Le Pen donnait une conférence de presse avec ses alliés fascistes européens.

Etant donné le grand nombre de personnes ayant répondu à l’appel, lancé deux jours plus tôt, et la détermination d’être entendus, le rassemblement prévu initialement s’est rapidement transformé en manifestation spontanée.

Le cortège s’est alors dirigé vers le Parlement Européen en traversant l’Esplanade jusqu’aux fenêtres de la salle où Marine Lepen tenait sa conférence avec les représentants des autres partis d’extrême-droite ; cortège bien déterminé à faire entendre aux racistes et fascistes qu’ils n’étaient pas les bienvenus, que le fascisme tue et que nous les confronterons partout où ils iront.

Après avoir réussi à occuper ces lieux – pourtant interdits de manifestation – nous sommes ensuite revenus sur nos pas.

Nous avons alors bifurqué sur l’Esplanade pour nous diriger – en prenant énergiquement la rue – vers un Haut Lieu du Pouvoir : Le Berlaymont, siège de la Commission européenne . L’objectif était de montrer que les jeunes ne se bornent pas à dénoncer les partis racistes et fascisants mais qu’ils considèrent ceux qui mènent des politiques anti sociales, la commission européenne en première ligne, comme responsables d’avoir crée les conditions pour la montée de l’extrême droite.

Le bourgmestre PS d’Ixelles avait annoncé préalablement qu’un rassemblement (et non une manifestation) serait toléré. A aucun moment les forces de l’ordre n’ont tenté de barrer la route au cortège, malgré son caractère spontanée et le trajet décidé au dernier moment.

Ce n’était pas la première manifestation essayant de s’exprimer au Portes de la Commission mais une des seules à avoir réussi à s’y rendre, pacifiquement et sans violences policières. La détermination et l’enthousiasme des manifestants y est pour beaucoup.

Au pied du Berlaymont – dernière étape de la marche – plusieurs manifestants ont pris la parole entre des slogans dénonçant la montée de l’extrême-droite ainsi que les politiques anti-sociales qui créent un terreau fertile au développement d’un nationalisme xénophobe. Ils ont montré que de la Grèce à la France en passant par Bruxelles, nous résistons à la montée du racisme, de l’extrême droite et du fascisme. Cette résistance passe par l’action collective, la mobilisation, contre l’extrême droite mais surtout pour un avenir et des conditions de vie décentes pour tous.

L’idéologie néolibérale dicte des mesures d’austérité consistant à couper dans tous les budgets des services publics comme l’enseignement, les soins de santé, les allocations, … ; à éliminer la solidarité entre travailleurs, dont la sécurité sociale ; pire encore, à privatiser ces services au bénéfice unique de grands capitalistes.

En bref, sont menacés, tous les acquis sociaux qui ont été obtenus grâce aux luttes acharnées du passé afin que nous puissions vivre dans un monde un peu plus juste.

L’extrême-droite met en œuvre une stratégie populiste visant à détourner la colère légitime des gens contre ce système d’injustice et de privilèges en pointant du doigt des boucs émissaires, comme les populations immigrées. De ce fait, elle divise perfidement les travailleurs et fait le jeu du capitalisme qu’elle prétend dénoncer. L’enjeu pour elle est de restaurer un capitalisme national dans un système liberticide. En bref, le fascisme. Le tout s’accompagne d’une violence brutale, raciste, contre les étrangers, les syndicats, la gauche, les homosexuels, les artistes, … et tout ce qui ne marche pas droit aux yeux de ces mouvements brutaux et barbares.

Maintenant, que faisons-nous ?

Pour lutter efficacement contre l’extrême-droite, nous devons comprendre sa stratégie et dénoncer systématiquement sa violence, son discours de haine et de division. Face à la crise du capitalisme et à la destruction de nos vies, il faut désigner les réels coupables de la crise socio-économique – mais aussi environnementale – qui sont les grands patrons, leurs actionnaires et le monde politique (coupable, complice ou résigné).

Combattre le fascisme et l’extrême droite, c’est s’organiser pour l’arrêter et la confronter partout où elle va. Les Jeunes Organisés et Combatifs ont appelé à une action avec l’USE pour dénoncer le meeting du Vlaams Belang en plein centre de Bruxelles (sans se laisser impressionner par les attaques de skinheads). Lorsque Mischael Modrikamen ou Alain Destexhe sont venus distiller leurs discours de haine et de peurs à l’université Saint-Louis, les JOC saint-louis étaient présents pour les confronter et ne pas laisser leur message passer sans opposition. Partout où ils veulent se présenter comme acceptables, nous nous mobilisons pour accueillir leur discours de peur et de division et la violence qui va avec par un message d’unité et de combativité.

Pour nous lutter contre le racisme et l’extrême droite, c’est surtout lutter contre les causes du cancer : la destruction de nos vies et de notre avenir au nom des banques, des actionnaires et des grands patrons. Les JOC s’organisent donc pour défendre une éducation, un logement et des emplois, de qualité et accessible à tous. Nous luttons au quotidien contre la répression et les violence que l’on impose aux habitants des quartiers, aux manifestants, … Nous cherchons à amener un maximum de jeunes à s’organiser pour défendre l’avenir de tous contre les dérives du capitalisme!

Il s’agit également d’être solidaire envers tou(te)s les exploité(e)s du monde et toutes les luttes émancipatrices, de refuser et dénoncer toutes les injustices que ce soit dans la rue, dans les écoles, les entreprises, les stades, les prisons. Ce combat pour un monde plus juste, plus humain doit être mené partout où nous pouvons agir.

C’est par la lutte et l’organisation collective anticapitaliste qu’on y’ arrivera.

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Détournement d’affiches électorales: Pas de scission sur la répression !

Pas de scission sur la répression !

Avec la N-VA divisons, réprimons, contrôlons.

Cette nuit des militants des JOC ont placardé des affiches pour Didier Reynders, Joelle Milquet et Yvan Mayeur aux couleurs de la N-VA. Il s’agit de dénoncer le discours sécuritaire de ces personnalités et de leur parti. En effet, tous acceptent et appliquent la logique du tout sécuritaire qui consiste à remplacer la politique sociale par une politique de contrôle et de répression. Plutot que de jouer la stratégie du meilleur ennemi, les militants de la campagne STOP-répression appellent à parler de vraie sécurité, celle de l’emploi et de notre avenir.

Dans cette campagne électorale, les grands partis dénoncent la N-VA comme l’ennemi à abattre. Ils se proposent comme le rempart face aux logiques de division et d’exclusion des séparatistes. Pourtant, quand il s’agit de sécuritaire, PS, MR ou CDH ne valent pas mieux et appliquent tous la même logique de mesures répressives plutôt que d’aborder les vraies causes sociales des problèmes.

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Nous avons donc décidé de mettre trois personnalités en avant parce qu’ils illustrent bien la supercherie sécuritaire et pour les mettre devant la réalité de leur vision sur le sécuritaire: Didier Reynders, chef de file d’une vision antisociale et sécuritaire ; Joelle Milquet, la ministre qui criminalise et réprime la jeunesse ; Yvan Mayeur, le bourgmestre qui met les intérêts des commerçants et des grands patrons au-dessus de la liberté d’expression et de manifestation comme il l’a encore démontré ce jeudi 15 mai.

La vision politique de Mr. Reynders est celle de la destruction sociale et de la répression. Le ministre des affairesP1150323 étrangères pense qu’il réglera les problèmes de nos quartiers en « mettant plus de bleus dans nos rues ». Depuis 2009, son parti défend l’introduction du Tasers, … Il avance donc une vision d’une police plus nombreuse et plus armée. Par ailleurs, il ne propose que des coupes budgétaires et la destruction des services publics bref l’exclusion sociale. Il passe son temps à opposer travailleurs avec ou sans emploi, jeunes et vieux,… Monsieur Reynders divise et détruit l’avenir et la vie des plus précaires et alimente l’insécurité sociale. Ensuite, il se sert du désespoir et de la peur qu’ils sème pour justifier plus de contrôle et de répression.

Mme Milquet a porté l’extension du système des Sanctions Administratives Communales. Mettre des amendes à P1150337des enfants de 14 ans correspond, pour elle, à les protéger! Ces amendes touchent ceux qui dépendent de l’espace public pour jouer, ceux qui dorment dans la rue, … Anti jeunes et anti pauvres, les amendes de la ministre sont aussi antidémocratiques car arbitraires et contraires aux droits fondamentaux. Ensuite, malgré ces annonces, la ministre Milquet continue d’ignorer la violence et les abus policiers alors qu’elle cède à toutes les demandes des lobbys policiers. Pour finir, alors que son parti à voté le TSCG, qui obligera bientôt la Belgique à de nouvelles coupes budgétaires et donc plus de difficultés pour l’ensemble de la population, la ministre veut « immuniser les dépenses pour la police et la justice ». Il n’y aura plus de sous pour l’enseignement, mais bien pour la répression. « Ouvrir une école, c’est fermer une prison » disait Victor Hugo, Mme Milquet semble savoir que le contraire est vrai aussi…

Yvan Mayeur, Bourgmestre et chef de la police de Bruxelles, défend une vision répressive et de criminalisation des mouvements sociaux. En effet, la police bruxelloise sous sa responsabilité, intervient de façon très agressive contre P1150318le droit de manifester. Ainsi, il veut interdire les manifestations le samedi. Récemment, le Mayeur de Bruxelles a empêché une action d’Amnesty International pour protéger les sentiments du premier ministre chinois. Et surtout, ce jeudi 15 mai, il a fait arrêter près de 300 manifestants pacifiques pour protéger un congrès de multinationales. Des manifestants encerclés ont été aspergés par une autopompe. Les manifestants sont restés enfermés pendant 7h pour avoir manifesté pacifiquement. C’est clair, pour monsieur Mayeur, le droit de manifester et la liberté d’expression ne pèsent pas lourds face aux intérêts de l’argent. La politique de répression est clairement faite pour décourager ceux qui veulent dénoncer la casse sociale et l’injustice implémentée notamment par son parti.

Nous ne voulons pas banaliser les positions séparatistes et antisociales de la N-VA mais plutôt que de jouer la stratégie des meilleurs ennemis, il est grand temps de remettre en question la place que la question sécuritaire occupe en temps de crise. Après plus de 15 ans à aller de mal en pis, il est temps de rompre avec la logique austérité–exclusion-division-répression. Nous avons eu droit à un gouvernement antisocial qui a coupé dans tous les services publics en particulier l’enseignement et les services publics, qui criminalise les chômeurs et les pousse dans la misère le tout face à un marché ou il n’y a de l’emploi ni pour les jeunes ni pour les vieux. A Bruxelles, le transports publics sont devenus un piège à exclus où portiques et policiers transforment le droit de se déplacer en risque d’arrestation. Malgré la promesse du gouvernement de « tendre vers la gratuité », les prix du transport, comme tous les autres, n’ont fait qu’augmenter alors que le gouvernement a bloqué les salaires et grignoté l’index.

Les militants des JOC, appellent à ce qu’on parle de sécurité, mais de vraie sécurité, celle de l’emploi et de notre avenir. Parlons de parcs et d’activités pour nos enfants, d’éducation pour nos jeunes et de santé pour nos anciens. Mettons fin aux violences, aux abus et aux contrôles aux faciès de la police dans nos quartiers. Parlons des causes et agissons, plutôt que d’agiter la peur et le désespoir pour justifier les caméras, les uniformes et la répression. En bout de course, il semblerait que ce soit la seule dépense publique que certains veulent encore défendre. Cessons d’utiliser la division et la peur que tente de semer la N-VA pour détourner l’attention de toutes ces questions fondamentales.

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Vidéo de l’action : [youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ngu92wI_cao[/youtube]

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Temoignage J. frappé par un agent pour avoir fait « santé » !

La victime à préféré rester anonyme. Nous avons modifié certains détails de l’histoire afin de de préserver son anonymat. Toutefois les faits sont fidèles à son témoignage. Les faits datent de l’automne 2013.

Samedi soir, je vais au restaurant avec mes beaux parents. Ma compagne décide de rentrer par après. Moi je décide de sortir pour boire encore un verre avec des potes. On va dans une boite sur l’avenue louise. On boit deux verres de Vodka (une bouteille à cinq).Au moment de rentrer, mon ami veut me redéposer en voiture. Je lui dis non car il a bu. Je vais rentrer en métro de Louise à Botanique.

J’ai un ami qui a un café dans une des rues près de la rue d’Aerschot. Je veux aller boire un dernier verre chez lui, mais le Café est fermé. Le café est dans le bas de Schaerbeek, je passe donc par la rue d’Aerschot, comme je le fais d’habitude, pour rentrer chez moi.

Je sympathise avec un mec près d’un night shop. J’étais de très bonne humeur. J’ai même appelé ma femme qui m’a fait remarquer que j’étais de très bonne humeur. Il suffirait de vérifier les vidéos du night shop. J’étais pas amoché et absolument pas énervé.

Là on marche un peu. On croise une patrouille. Ils nous interpellent :

–       « vous ne pouvez pas consommer d’alcool sur la voie publique ». (Je bois une cannette de wisky)

Un peu étonné, je fais un geste « santé » à l’agent. Il me parle, donc je m’approche de la voiture. Du coup, ils sortent. Ils ont l’air très nerveux. Je recule en lui disant que je vais vider ma cannette. Ils me disent que c’est trop tard :

–       « viens avec nous petit con ».

Il me font clés de bras et me propulsent le visage en avant contre une façade. Je suis complètement sonné et surpris. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Ils m’embarquent dans la voiture.DSC06030 flou

Dans la voiture, ils me fouillent et prennent ma carte d’identité. Je leur dis que je suis orphelin de père. La tout d’un coup, les policiers me parlent de ma mère. Je suis un peu surpris, je ne l’ai plus vue depuis 15 ans. Ils me disent qu’ils la connaissent, me donnent son nom. Ils l’insultent, me disent que c’est une « grosse pute »… Je suis un enfant des homes, je me suis débrouillé tout seul. Je ne me laisse pas impressionner et je lui dis :

–       « ah bon tu savais pas ? ».

Là sans avertissement. L’agent se retourne et me met un coup de poing dans le plexus. Apres les coups pleuvent de partout. Je suis dans la voiture et menotté dans le dos, je peux rien faire sauf attendre que ça s’arrête. Ils m’amènent de force à l’hôpital.

Une fois arrivé à l’hôpital, je suis assez énervé, vu les coups que j’ai reçu. Je veux pas qu’on me soigne, je veux pas qu’on cache mes blessures. Du coup, on me force à faire une prise de sang. Apres ils reviennent avec une piqure. Je ne sais pas ce que c’est, je veux pas qu’on m’injecte quelque chose. L’agent me fait une nouvelle clés de bras pour me forcer à recevoir l’injection.

Je comprends pas ce qui m’arrive, c’est comme un cauchemar. Tout ca pour une cannette. J’ai déjà fait des bêtises dans le passé et je les ai toujours assumé. Je n’arrête pas de leur dire :

–       « mais j’ai rien fait, j’ai rien fait ».

Quand l’infirmière sort de la salle, les policiers m’insultent et m’intimident. Ils cherchent à m’énerver pour que quand l’infirmière revienne, je sois bien nerveux. Je supplie les infirmières et les médecins de ne pas les laisser m’emmener :

–       « vous voyez bien dans quel état il m’ont mis ».

Je suis en chemise, elle est à moitié arrachée. Le personnel soignant me regarde comme si j’étais fou. Les seuls qui ont l’air de comprendre ce que je vis, c’est le personnel de nettoyage. Je vois dans leur regard que « dans les quartiers, on connait ce que tu vis ».DSC06033

Comment c’est possible que dans un hôpital, on voit quelqu’un de tellement paniqué et qu’on intervient pas. J’aurais franchement préféré qu’ils me mettent en psychiatrie plutôt que de me laisser repartir avec ces deux fous. Je crie en demandant qu’on ne me laisse pas avec ces fous et eux me tirent dans la voiture.

Dans la voiture, celui qui est assis à coté de moi continue à me frapper. Je leur dis :

– « vous avez raison, je suis un con, une pute…»

Ils m’emmènent à Madou au commissariat. Je suis assez agité, du coup, ils ramènent des collègues et un gradé. Ils expliquent que c’est parce que je suis agité pour essayer de justifier les coups. Moi , j’essaye de parler aux autres agents :

–       « je suis un citoyen, j’ai rien fait. Pourquoi vous laisser faire ca »

L’officier ne me regarde même pas et m’envoie en cellule. Ils ne se sont pas intéressés par ce qui s’est passé. J’hallucine. Je suis en colère. Je les menace de contacter la presse et de raconter tout ce qu’ils m’ont fait. Ils sont à sept ou huit autour de moi à se moquer et à m’insulter. Il y a quand même un agent qui se comporte de façon humaine et respectueuse avec moi ; il me rassure et me calme. Je lui suis reconnaissant et le traite avec respect en retour. il va me chercher une boisson. Je lui dis merci.

DSC06032 flouLes deux agents m’accompagnent au cachot en me disant que je vais rester 48h en cellule. Je rentre dans la cellule.

–       Le policier me dit :« à poil »,

–      « ah tu vas me faire des flexions. »

Je trouve ca dégradant, tu bois une cannette et tu te retrouves à poil. Du coup, je lui fais bien voir et je lui demande s’il aime ça.

Une fois seul dans la cellule, j’essaie de comprendre ce qui m’arrive. Je suis complètement halluciné en cellule, c’est un truc de fou. Je suis tellement en colère, je frappe sur la porte, … je n’en reviens pas… tout ca pour une cannette.

Je veux voir un médecin. Je mets mon t-shirt sur la caméra pour qu’ils viennent en cellule. Ils me disent que j’ai pas voulu à l’hôpital et donc tant pis. J’ai une énorme boule sur le poignet à cause des menottes. Je vois trouble parce que mon œil est gonflé. J’ai des bleus énormes sur le torse. On voit les doigts du policier sur mes biceps. Je toujours fais beaucoup de sport. J’ai déjà fait de grosses chutes et pris de coups, mais j’ai rarement eu des blessures comme ca !

Sept heures plus tard, le dimanche après –midi, je suis entendu par une inspectrice. Je lui raconte ce qui s’est passé. Je trouve que dans son PV, elle sélectionne des morceaux de l’histoire, pour mieux m’incriminer. Je lui dis que je ne veux pas signer ce document, qu’il manque des éléments. Elle me dit que c’est pas grave. Par exemple, lorsque je lui explique que j’ai fait « santé », elle écrit « a fait un geste vers les agents avec la canette». On peut interpréter cette phrase comme on veut. Elle me dit que si je ne signe pas, je retourne en cellule.DSC06034

Pendant l’interview une agente de l’accueil passe sa tête dans le bureau. Je lui dit que je la reconnais de la nuit (elle me fusille du regard) et elle me dit que je suis un frustré. J’en peux plus, même sept heures plus tard ca continue. Je veux sortir de ce cauchemar, quitter cette maison de fous et donc je signe. Je ne peux pas rester là plus longtemps.

C’est tellement surréaliste que j’ai du mal à me souvenir de tout ce qui s’est passé dans le commissariat. Il me fallu plus de 24h pour reprendre mes esprit. Ce n’est que lundi soir que j’arriverai à nouveau à manger tellement j’étais choqué. J’ai pas su manger jusque au lundi soir tellement je suis choqué. Je recommence à fumer, c’est réellement un choc de voir des policiers se comporter comme ca. Y a pas de mots pour décrire comment on se sent, on se demande comment c’est possible que ces gens sont sensés représenter la loi et sont responsables de la protection des gens.

DSC06031 flouQuand j’ai voulu porter plainte, j’ai été confronté à un mur heureusement que des amis m’ont soutenu. Et que j’ai pu savoir comment porter plainte et me faire entendre. J’ai pris un avocat.

Lorsque j’ai appelé le comité P, ils m’ont dit de télécharger le formulaire. Quand j’ai essayé, ça ne fonctionnait pas. Ils m’ont dit de venir ou d’aller dans un autre commissariat de quartier. En me disant que de toute façon ca prendrait des semaines. Bref, ils n’avaient franchement pas envie de m’aider. J’ai donc été dans mon commissariat de quartier. Ils m’ont fixé un rendez-vous au contrôle interne.

Mais la folie ne s’est pas arrêtée ce soir là. Je me retrouve aujourd’hui accusé plutôt que victime : je suis accusé de rébellion et de menaces (je les ai menacé de passer sur RTL-TVI et dans la DH). Non seulement je passe de la position de victime à celle de présumé coupable, mais en plus la police me convoque dans le même commissariat. Il était évidemment hors de question de remettre les pieds là-bas. Lorsque j’ai été entendu par le contrôle interne de la police, j’ai demandé à être entendu ailleurs. Ils n’ont jamais donné suite alors qu’ils avaient promis de m’appeler. Mon avocat a donc exigé à ce que je sois entendu ailleurs. J’attend des nouvelles depuis.

D19-20: témoignages des arrétés

Voici le témoignage de l’arrestation et surtout du passage en cellule des manifestants arrétés pour avoir essayé de bloquer pacifiquement le carrefour Cortenberg et rue de la joyeuse entrée lors du blocage du sommet européen du 19 décembre dernier. Ceci n’est qu’un premier rassemblement de témoignages, il ne prétend pas être complet ni définitif. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos témoignages.

« Après la dissolution du bloc de manifestants pacifiques, nous nous sommes presque tous retournés dans le parc. Nous étions pris au piège, des policiers en civil ou en uniformes nous traquaient dans le parc et avaient sans doute reçu l’ordre d’arrêter toutes les personnes qui le retraversaient. J’avais l’impression que nous étions du gibier sur un terrain de chasse.

Derrière moi, plusieurs policiers en civil frappaient à l’aide d’une branche, un garçon qui avait tenté de leur échapper. M’étant tordu le pied en sautant un muret, j’ai décidé de m’arrêter et de m’assoir tranquillement au sol. Des policiers sont passés et ne m’ont même pas vu. Un autre s’est approché de moi et a procédé à l’arrestation. Il m’a ensuite amenée prés des autres, compressés contre les murs par les boucliers des autres agents.

Un des manifestants faisait de la « résistance passive » il se laissait faire comme une poupée désarticulée, obligeant les policiers à le porter. Cela a fort énervé un commissaire de police bruxellois bien connu. Alors que l’homme était par terre et colçonné dans le dos, il l’a étranglé pendant plusieurs dizaine de secondes, devant des policiers qui regardaient ailleurs et des militants attachés qui criaient impuissants.

Un peu avant 15h, on nous ensuite fait monter dans le bus, direction les casernes d’Etterbeek.
Au départ nous étions environ 35 filles dans une cellule. Si nous voulions aller aux toilettes, on nous disait qu’il fallait attendre. La première information que nous avions reçu était qu’ils pourraient sans doute nous rendre notre liberté vers 22H, « le temps que le sommet se finissent et d’enregistrer tout le monde ». Ils nous ont pris toutes nos affaires et séparées en différentes cellules, celles-ci encore plus froides que la précédente. Ils avaient en effet coupé les chauffages. Dans certaines cellules, lorsque nous nous sommes plaints, les policiers ont coupé les lumières..

Les policiers passaient de temps autre, pour nous ignorer, nous insulter, ou nous faire des saluts nazis, la tête cagoulée. En effet, aux alentours de minuit, un policier gardant la caserne a déposé un téléphone portable devant les cellules 7 et 8. Un chant aux accents profondément nationalistes, me semble-il allemands, sortait de l’appareil. Le chant terminé, le policier venu ramasser son bien, salua les détenus d’un salut nazi. De nombreux camarades en sont témoins et attesteront de cet acte plus que scandaleux. De même, cet homme réitéra le geste devant la cellule des filles. Il reviendra plus tard, cagoule avec un brassard en papier aux couleurs du troisième reich. Bien que cet acte soit choquant en soi, ce qui me frappe le plus, ce sont les autres policiers ne réagissant pas, certains rigolaient ouvertement. Si un policier immisce des idées néonazies sans réaction réfractaire dans une caserne de police.

Encore une fois, lorsque nous demandions pour aller aux toilettes, on nous répondait qu’il n’y avait pas assez d’effectif dans la caserne pour le moment pour pouvoir assurer une surveillance aux toilettes. Après avoir réitérer la demande à plusieurs reprises avec des réponses toutes les plus irrespectueuses les unes que les autres (« Ta gueule salope »,…)  ils ont décidé que 22h30 était une belle heure pour nous emmener aux toilettes, un peu après qu’une d’entre nous ait été obligée de se soulager dans un coin de la cellule.

Nous avons aussi appris que le commissaire voulait nous garder plus longtemps que ^prévu et déciderait de nous relâcher après le dernier passage des transports en commun.
Pour passer le temps, nous discutions, chantions, jouions avec nos bouteilles d’eaux vides,…On allait pas se laisser impressionner !

Peu après minuit 30, ils appelèrent les premières d’entre nous pour nous libérer. J’étais la dernière dans la cellule, j’ai regagné le bus, vers une heure. Nous, les filles, avons été relâchées à Porte de Hall, en plein milieu de tout, après une heure trente du matin. Un peu plus tard, nous recevions des nouvelles des garçons ayant été libérés du coté de la place Flagey. »

JOC -2- Moyens de faire taire

Soutien et solidarité avec les inculpés du CAS

En 2008, un grand mouvement d’occupations a vu le jour. Sur JOC -2- Moyens de faire tairebase d’occupations dans de nombreuses écoles et universités, le mouvement demandait l’application de l’accord de gouvernement de l’époque. Il s’agissait de créer une solution juridique à la clandestinité forcée des sans papiers.
En soutien à ce mouvement de nombreux comités de soutien se sont organisés dans le CAS, le comité d’action et de soutien aux sans papiers. Les comités ont réunit plusieurs centaines de personnes. A partir des campus et des occupations, ils organisaient des actions et des mobilisations autour de trois revendications: Régularisation de tous les sans papiers, arrêt des expulsions et fermeture des centres fermés.
Lors d’une de ses actions, un groupe de militants à perturbé le congrès de lancement de la campagne des partis libéraux européens. Après cette action, alors que les militants quittaient les lieux, la police a brutalement arrêté six activistes. Sans surprises, la police les accuse de « rébellion » et de « coups et blessures sur agents ». Depuis 5 ans, les six militants criminalisés sont poursuivis et enfoncés dans une procédure judiciaire sans fin.
Pour la campagne stop-répression, la criminalisation des militants du CAS consiste à enfermer ceux qui se mobilisent contre des politiques injustes et intolérables dans des batailles juridiques qui asphyxient le mouvement. De la violence policière aux procès, il s’agit d’effrayer ceux qui voudraient rejoindre les mobilisations et d’isoler ceux qui y participent déjà. Les nombreuses mobilisations des dernières années montrent que les militants ne se laissent pas impressionner: sur tous les fronts, les personnes en lutte, particulièrement les jeunes mais aussi dans le syndicats, les collectifs et les ONG, sont toujours plus nombreuses et plus déterminées.
La campagne STOP-REPRESSION de la JOC se joint donc à l’appel des inculpés à se rassembler le mercredi 27/11 à 8h30 devant le palais de justice de Bruxelles!

Solidarité!
STOP A LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX