Justice pour Moad: procès en appel de violences policières

Le flic condamné a fait appel de la décision du juge.
Ce n’est pas fini pour Moad et sa famille, soyons donc nombreux à continuer à les soutenir!

Rappel des faits:

Le lundi 19 décembre 2016 a été cité le prononcé du jugement: Un policier condamné sur 5. Le 30 Novembre 2016 a donc eu lieu le procès des 5 policiers qui en Janvier 2013 ont tabassé à coups de matraques et de coups de pieds Moad, 14 ans à l’époque, alors qu’il rentrait simplement chez lui. Ce procès est l’aboutissement de la très longue bataille politique menée par la famille pour que soit reconnue la vérité et que leur fils obtienne justice.

Sauf que, le 30 novembre, ce n’est pas le procès des 5 agents qui auquel on a eu droit, mais bel et bien celui du jeune Moad. En effet, outre les attaques insultantes des trois avocats de la défense (donc des policiers), le jeune a eu droit à des questions et réflexions reprochantes et également insultantes de la part du juge et du procureur du roi!

Ce procès devant avoir lieu en juin a été reporté, comme c’est souvent le cas lors de jugement de policiers. Il semble que la mobilisation faite autour de ce procès dérange car la date a changé à plusieurs reprises, même la veille du procès du 30 novembre dernier, on a appris que l’heure changait, n’étant plus au matin mais l’après-midi.

A travers le cas de Moad, il s’agit aussi de dénoncer les abus et les violences quotidiennes subies par nombre de jeunes.

Justice pour Moad: une première victoire

Nous venons d’assister au prononcé du jugement des cinq agents de police accusés de violence sur Moad, alors qu’il avait quatorze ans. Rappelez-vous : Moad avait été interpellé de façon très musclée alors qu’il rentrait chez lui, dans le quartier de Beekkant. Il présentait diverses blessures, notamment sur le visage et une trace de botte sur le sommet du crâne. Cela fait bientôt quatre ans que la famille de Moad se bat pour obtenir justice.

Ce 19 décembre 2016, l’un des cinq policiers a été condamné à trois mois de prison avec sursis et à écopé d’une amende de 450 €, avec sursis également. Il devra aussi payer des dommages à hauteur de 1500 € pour les parties civiles (Moad et sa famille). Le juge a considéré que l’usage de la force par le policier avait été déraisonnable et « démesuré au regard du jeune âge de la victime », compte tenu de la corpulence de l’agent.

Il est déjà rare d’assister au jugement de policiers : il l’est d’autant plus d’obtenir la condamnation de l’un d’eux. C’est pourquoi nous considérons ce jugement comme une victoire. La condamnation aurait pu être plus lourde et atteindre aussi les quatre autres inculpés, mais il s’agit d’un premier pas important dans la reconnaissance des violences policières !

Seule la détermination de la famille à obtenir justice, leur combat politique et médiatique ont pu amener à cette fin. En effet, ces quatre ans de combat n’ont pas été vains. Moad a subi des intimidations et des menaces de la part des policiers, juste après que ses parents aient porté plainte. La police a tenté à plusieurs reprises de salir son image en l’accusant notamment de vol (ces accusations tout à fait infondées ayant fait l’objet d’un non-lieu). Mais la famille a tenu bon et ses efforts sont aujourd’hui reconnus.

« La justice reconnaît qu’il y a bien eu violence sur mon fils, au moins d’un des cinq agents de police. […] Un procès contre la police, ce n’est jamais évident. De plus, à l’ouverture du procès, on était parvenu à faire croire que mon enfant mentait. On avait aussi tenté de juger mon fils sur son parcours scolaire, alors que ce n’était pas du tout la question » explique le père de Moad.

Comme nous le montre le cas du procès de Moad, dénoncer les violences policières n’est pas inutile. La Campagne Stop répression continuera à travers la mobilisation et le soutien aux victimes de dénoncer les violences policières et d’identifier les causes structurelles de celle-ci